PIÈGE À MINUIT

Midnight Lace – Etats-Unis – 1960
Support : Bluray & DVD
Genre : Thriller
Réalisateur : David Miller
Acteurs : Doris Day, Rex Harrison, John Gavin, Roddy McDowall…
Musique : Frank Skinner
Durée : 108 minutes
Image : 1.37 ou 2.00 au choix
Son : Anglais et Français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titres : Français
Editeur : Éléphant Films
Date de sortie : 12 septembre 2023
LE PITCH
Une Américaine, riche héritière venue vivre à Londres après son mariage avec un banquier d’affaires, est victime de harcèlements et de menaces d’assassinat.
La femme qui en entendait trop
Années 60 et thrillers américains riment souvent avec Alfred Hitchcock. Peut être trop souvent d’ailleurs, au point d’en oublier quelques itérations signées par des réalisateurs d’importance. Le Niagara d’Henry Hathaway (dont le Maître du Suspense se rappellera d’ailleurs pour Sueurs Froides), Charade de Stanley Donen ou bien d’autres encore moins connus, car signés par des cinéastes un peu oubliés, tel ce Piège à Minuit, qui réunit tous les ingrédients chers au grand Hitch et qu’Eléphant Films nous propose dans sa collection Cinéma Masterclass.
Kit Preston est donc une riche héritière américaine dont la seule préoccupation est de savoir ce qu’elle va bien pouvoir s’acheter de nouveau chaque jour dans la capitale britannique. Oui mais voilà, alors qu’elle traverse un parc londonien, la voix d’un homme, qui reste invisible, lui promet une mort certaine. Prise de panique, elle s’enfuit et commence à alerter son entourage. Bientôt, elle est assaillie de coups de téléphone qui, chaque jour, lui promettent les mêmes menaces de mort. Jusqu’à faire basculer sa raison, d’autant qu’elle est la seule présente à chaque appel et que la police commence à avoir de sérieux doutes sur la réalité de ces menaces.
Just a perfect day
Basée sur une pièce de théâtre, Piège à Minuit se démarque assez nettement de celle ci dès son introduction, filmée en extérieur et prenant déjà de la distance avec le huis clos de l’appartement et du téléphone qui sonne. Une bonne idée qui va permettre à la caméra de David Miller, réalisateur méconnu voire oublié mais cité de temps en temps dans des rétrospectives (et parmi les noms qu’aimait rappeler à nos mémoires le défunt Bertrand Tavernier), de s’affranchir des codes de la pièce, d’alimenter un suspense qui va aller crescendo et porter à bout de bras par une Doris Day parfaite dans le rôle de cette femme poussée au bord de la folie. Le script, classique mais solide, nous présente donc quelques hommes, tous coupables potentiels, gravitant autour de la riche héritière ; un jeune entrepreneur retapant la maison d’à côté, qui va d’ailleurs la sauver d’un accident de chantier ; le fils de son employée de maison (le toujours bienvenu Roddy McDowall), qui a toujours besoin d’argent pour vivre au-dessus de ses moyens ; un homme mystérieux, au visage cassé, qui erre près de son appartement et la suit même dans la rue ; et bien sûr le mari (Rex Harrison), banquier d’affaires qui passe tout son temps au travail et qui a de plus en plus de mal à croire la cause des crises d’hystérie de sa femme. Une cause dont le spectateur commence d’ailleurs lui aussi à douter et qui donne au film une indéniable qualité supplémentaire qui vient en très grande partie de la prestation de Doris Day, actrice rompue à l’exercice depuis son rôle dans L’Homme qui en savait trop. Dommage que la résolution de l’intrigue, un peu expédiée, fasse trop brutalement retomber le soufflé, car Piège à Minuit, avec son suspense savamment dosé et ses qualités formelles, mérite bel et bien d’être (re)découvert.
Image
Malgré la restauration, les premières bobines montrent très nettement des signes de fatigue. Griffures, traces, lignes verticales, couleurs décalées, dérangent un peu le visionnage mais s’effacent peu à peu au profit d’une belle luminosité et d’une définition très correcte.
Son
L’unique piste DTS-HD 2.0 se montre très dynamique, aussi bien en Français qu’en VO d’ailleurs. Même si elle manque un peu de relief, elle rend un bel hommage à l’univers sonore du film et au score de Frank Skinner, pas inoubliable mais contenant tous les ingrédients du cahier des charges des thrillers de l’époque.
Interactivité
Une intro de Robert Osborne, historien du cinéma américain, la bande annonce d’époque, et surtout une présentation du film et de ses principaux artisans par Eddy Moine. Il revient sur la carrière de David Miller, celle de Doris Day (on y apprend que l’actrice, marquée très fortement par le rôle, refusera ensuite les rôles dramatiques) et de plusieurs acteurs du film. Un peu trop récité, comme toujours avec Eddy Moine, mais sur le fond forcément intéressant.
Liste des bonus
Le film par Eddy Moine (10’52), Introduction de Robert Osborne (2’20), Bande annonce d’époque (2’42).