PETIT VAMPIRE

France – 2020
Support : Bluray
Genre : Animation, Fantastique
Réalisateur : Joann Sfar
Acteurs : Camille Cottin, Alex Lutz, Jean-Paul Rouve, Louise Lacoste…
Musique : Olivier Daviaud
Durée : 81 minutes
Image : 1.78 16/9
Son : Français DTS HD Master Audio 5.1, Audiodescription
Sous-titres : Français pour Sourds et malentendants
Éditeur : Studiocanal
Date de sortie : 10 février 2021
LE PITCH
Petit Vampire vit dans une maison hantée avec une joyeuse bande de monstres, mais il s’ennuie terriblement… Cela fait maintenant 300 ans qu’il a 10 ans, alors les bateaux de pirates, et le cinéclub, ça fait bien longtemps que ça ne l’amuse plus. Son rêve ? Aller à l’école pour se faire des copains. Mais ses parents ne l’entendent pas de cette oreille, le monde extérieur est bien trop dangereux. Accompagné par Fantomate, son fidèle bouledogue, Petit Vampire s’échappe du manoir en cachette, déterminé à rencontrer d’autres enfants….
Le mort-vivant est un gosse comme les autres
Tout petit succès d’estime pour une sortie salle bien compliquée (c’était en octobre dernier…), Petit Vampire est la dernière incursion de Joan Sfar sur grand écran. Une nouvelle adaptation d’une de sa BD phare, évocation macabro-poétique de la difficulté d’être un enfant pas comme les autres.
Et pour ne pas être comme les autres, Petit Vampire ne l’est pas qu’à moitié. S’il est un personnage manifestement cher au cœur de son créateur, qui lui a donné deux séries de BD, dont une version pour les adultes intitulés tout logiquement Grand Vampire et déjà une fructueuse série animée, il n’en est pourtant pas forcément son reflet autobiographique. Pour ce miroir-là, il faut plutôt s’intéresser à Michel, petit garçon orphelin élevé dans les rayonnants bords de mer niçois par ses grands-parents. Une histoire d’amitié au-delà des différences, au-delà des apparences et au-delà de la mort puisque tout Petit Vampire est justement traversé par cette acceptation de la finalité de la vie et son étrangeté. Une belle façon de parler de choses graves, complexes et abstraites aux plus jeunes, que Sfar transpose assez bien sur grand écran. S’il y a forcément une (très) légère standardisation de son trait, souvent touffu et disparate, pour se plier à la mise en mouvement, le mélange des formes, l’explosion des couleurs et les superpositions de couches et de style sont toujours bel et bien là, ressortant presque parfois avec plus de bizarrerie encore sous cette légère patine numérique.
Monster Squad
C’est que le film aime lui aussi embarquer ses spectateurs dans ce petit monde gentiment grotesque, jamais vraiment effrayant, équipage monstrueux d’un Capitaine des morts finalement assez tendre, dont la passion collective reste les soirées cinéma devant les classiques de la Hammer. Ça s’agite dans tous les sens, ça rouspète comme des pré-ados, ça fait des blagues de caca et ça combat le vilain Gibbous accompagné de son armée de cafard bavards d’un navires volants à l’autre, dans une bonne humeur assez réjouissante. Ainsi doté de cette identité très particulière et forcément très contrastée avec le tout venant du cinéma d’animation occidental, Petit Vampire est une fantaisie qui réussit à trouver un bel équilibre entre le lyrisme gothique et l’aventure enfantine, parsemé de superbes idées visuelles (la figure de proue jalouse, le jeu de cache-cache dans les tableaux…) mais qui se perd aussi assez souvent dans ses élans. Trop plein, déconstruit, un peu braillard, le film connaît quelques petites faiblesses de rythme et surtout un traitement sonore en dent de scie. Si l’habituel Olivier Daviaud compose une nouvelle fois une musique des plus enjôleuses et enjouées, les voix des doubleurs célèbres (Jean-Paul Rouve et Camille Cottin) peinent à trouver le ton juste et à se glisser dans l’énergie générale.
Pas forcément le renouveau attendu du cinéma d’animation français, mais au moins un film qui tranche avec la standardisation américaine et les images de synthèse proprettes. On ne pourra pas lui reprocher de manquer de personnalité.
Image
Sans surprise car produit intégralement en numérique, Petit Vampire passe naturellement la case du format HD et du Bluray. Le transfert est virginal, les couleurs pimpantes, puissantes et contrastées et la définition délivre un piqué indéboulonnable et pointu. Idéal pour ce genre de spectacle.
Son
Un peu étrange ce DTS HD Master Audio 5.1 qui d’un côté travail une dynamique féerique s’efforçant d’imposer des ambiances enveloppantes et d’embarquer les jeunes spectateurs dans un univers atypique. Et de l’autre des dialogues de doublage au rendu assez plat et légèrement distants. Pas forcément gênant, mais pas des plus efficaces non plus.
Interactivité
Un peu chiche, la section bonus du Bluray ne propose que deux segments. Une petite featurette promo assez bien faite dans sa démonstration visuelle des étapes de production (des designs aux doublage en passant par les storyboards et les premières animations) et une interview face caméra enregistrée pour Annecy par un Joan Sfar confiné. Reprenant d’ailleurs les images de coulisses du précédent segment, cette courte rencontre permet tout de même au réalisateur d’aborder la question de l’adaptation du scénario et des designs, le travail collectif que présente l’animation et la direction des acteurs.
Liste des bonus
Dans les coulisses (3’), Rencontre avec Joan Sfar (10’).







