OUVRE LES YEUX

Abre los ojos – Espagne, France, Italie – 1997
Support : Bluray
Genre : Fantastique
Réalisateur : Alejandro Amenábar
Acteurs : Eduardo Noriega, Penélope Cruz, Chete Lera, Fele Martínez…
Musique : Alejandro Amenabar, Mariano Marín
Durée : 119 minutes
Image : 1.85 16/9
Son : Espagnol et français DTS HD Master 5.1
Sous-titres : Français
Editeur : Studiocanal
Date de sortie : 03 mars 2021
LE PITCH
César était jeune, riche et beau. Il venait de trouver Sofia, l’amour de sa vie. Mais son ex-copine Nuria, jalouse, provoque un accident de voiture à la suite duquel César sera horriblement défiguré. N’acceptant pas sa nouvelle apparence, il porte un masque avant d’accepter une opération lui permettant de retrouver son visage. Cette dernière est un succès. Mais de violentes hallucinations lui viennent en tête, et sa vie se transforme peu à peu en cauchemar…
Mécanique du rêve
Meneur d’une nouvelle vague du cinéma espagnol à la fin des années 90, Alejandro Amenábar fit coup double avec ses deux premières réalisations : Tesis et ses snuff movies, et Ouvre les yeux, fable moderne et hitchcockienne où la réalité se plie et se déplie avec maestria.
Véritablement découvert en France après le succès considérable, et largement mérité, du superbe Les Autres et la sortie d’un remake américain produit par Tom Cruise, le gentillet Vanilla Sky, Ouvre les yeux est, comme son premier Tesis, marqué par une approche esthétique du genre très loin des surréalistes ibériques d’autrefois. Clairement, Amenabar est certainement plus influencé par une certaine efficacité du cinéma américain, celle où justement la fausse discrétion de la réalisation se met entièrement au service du scénario, plaçant, ici avec une précision affolante, les pièces d’un puzzle moins malin que véritablement inquiétant. Ici il n’est plus question de confrontation à l’image et sa réinterprétation de la réalité, mais d’un jeune homme, fils de riche trop sûr de lui (Eduardo Noriega, charmeur et tragique), directement perdu dans une réalité qui ne cesse de glisser, de se métamorphoser, de se réassembler à l’image d’un visage abîmé, défiguré. Le résultat d’un accident de voiture provoqué par une maîtresse jalouse, mais peut-plus encore par son propre comportement de petit con riche et misogyne.
Hyper-virtualité
Une manière violente de mettre fin au conte de fée romantique entamé avec la belle Sofia, personnifiée par une Penelope Cruz à tomber, et d’installer une première rupture, et une remise en cause d’une identité déjà fluctuante. Une pièce après l’autre, Amenabar repousse constamment les murs de la perception, jouant à la fois sur les trois visages de César (avant et après l’accident, mais aussi sous un masque désincarné), la belle Sofia et son double Nuria, les deux temporalités de la narration (les dialogues avec les psychiatres et les flashbacks), amenant le spectateur sur un terrain constamment mouvant, mais absolument fascinant où l’onirisme virtuose se marie parfaitement avec l’élégance hitchcockienne. D’où d’ailleurs cette troublante ressemblance avec le The Game de David Fincher, sorti la même année, où là aussi on ne sait si le personnage, en besoin d’une rédemption, se perd dans une vie rêvée ou s’il ne fait que rêver simplement sa vie. Là où beaucoup se cassent les dents dans l’équilibre délicat entre la manipulation et les indices (voir le remake de Cameron Crowe justement), la montée en puissance et l’esbroufe, Ouvre les yeux tient le choc jusqu’à la dernière minute et peut même se permettre quelques revisionnage pour en éprouver la logique, comme Tesis, des plus mathématiques. Logique qu’il ait fini par croiser le chemin de l’astronome et philosophe Hypatie pour le film Agora.
Image
Il existe deux copies HD de Ouvre les yeux. Une première vue aux USA avec un transfert vidéo tout juste lissé pour s’incarner sur un support Bluray et une seconde restaurée par une équipe espagnole. C’est celle-ci que reprend Studio Canal. Malheureusement le travail est plus que décevant. Si déjà les cadres sont loin d’être d’une propreté parfaite (on voit encore quelques taches et griffures à l’occasion), elle est surtout marquée par une gestion très étranges d’un grain plus vidéo que pellicule. Certains plans sont en effet excessivement efficaces avec une belle définition et une profondeur très marquée, mais beaucoup aussi sont marqués par un grain nébuleux, neigeux, fluctuant qui abîme l’image. La dernière séquence est ainsi pratiquement irregardable par moment, pauvre Penélope attaquée par un essaim de frelons grisâtres.
Son
Ouvre les yeux fut présenté en salle en Dolby Digital 2.0. La piste a ici été retravaillée pour disposer d’un DTS HD Master Audio 5.1 beaucoup plus percutant. Sans en faire trop ; ni se montrer artificiellement envahissant, le mix permet d’installer quelques atmosphères bien enveloppantes (la fête chez César, la soirée en boite de nuit, les rues vides…) et une dynamique qui souligne sans doute mieux les ambitions du film.
Interactivité
20 ans après sa précédente édition vidéo (et oui c’était en 2001 et en DVD), Ouvre les yeux revient en France… Sans aucun supplément. Même pas le petit making of promo présent sur le DVD. Voilà, voilà.
Liste des bonus
Aucun.