NOVOCAINE

Etats-Unis – 2025
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Action
Réalisateur : Dan Berk, Robert Olsen
Acteurs : Jack Quaid, Amber Midthunder, Evan Hengst, Ray Nicholson, Jacob Batalon, Betty Gabriel…
Musique : Andrew Kawczynski
Image : 2.39 16/9
Son : Dolby Atmos Anglais, Dolby Digital 5.1 Français, Italien, Allemand…
Sous-titres : Français, Anglais, Allemand, Italien…
Durée : 110 minutes
Editeur : Paramount Pictures France
Date de sortie : 30 juillet 2025
LE PITCH
Lorsque la fille de ses rêves est kidnappée, Nate, un homme ordinaire, transforme son incapacité à ressentir la douleur en une force inattendue dans son combat pour la retrouver.
Même pas mal !
L’ICD, ou insensibilité congénitale à la douleur, est l’un de ces syndromes réels mais hautement fictionnisables qui fait frémir depuis toujours les scénaristes de séries médicales mais dont le film Novocaine fait son argument n°1. Le souriant et sympathique Jack Quaid (grave fils de) s’y transforme en héros malgré lui… et malgré la douleur.
Dans Novocaine, l’idée est donc toute simple : un gentil directeur de banque atteint d’ICD se lance aux trousses de quelques vilains braqueurs qui ont pris en otage la jolie collègue avec qui il a enfin conclu la veille au soir. Taillé comme un bureaucrate, absolument pas rompu aux arts martiaux, au parkour et à la maitrise des armes à feu, il a comme seuls avantages pour lui sa volonté de fer (animée par son amour) et son incapacité à ressentir la moindre douleur. Après une première demi-heure qui réussit assez joliment à présenter la nature du personnage, la réalité de sa maladie mais aussi la douce romance naissante avec la charmante Sherry (Amber Midthunder, la charismatique héroïne de Prey) écrite avec un appréciable soucis de caractérisation, le reste du métrage peut embrayer sur une longue et inlassable course-poursuite à travers la ville. En voiture, seul puis accompagné, au téléphone mais pas que, par le copain de MMORPG (Jacob Batalon, qui jouait déjà le bon copain dans les Spider-man), régulièrement talonné par deux flics en goguettes, l’aventure est surtout jalonnée de confrontations frontales qui mettent de plus en plus à mal la cohésion physique du pauvre héros. A coups de balles dans le bras, de droites dans le lobe occipitale, de main plongée dans l’huile bouillante, de flèches traversant les deux jambes, d’ongles arrachés et autres joyeusetés, Nate se transforme autant en version live d’un personnage de cartoon, qu’en super-héros tout cheaté qui va apprendre à user au mieux de sa maladie pour renvoyer la douleur aux autres.
Le sens du partage
Un punchingball vivant, mais plutôt malin, qui détourne l’esprit Maman j’ai raté l’avion et punit à sa manière les méchants. Sans être d’une virtuosité renversante, les nombreuses scènes d’actions déconnantes fonctionnent plutôt bien, usant efficacement du décor, mais aussi et surtout de l’attitude désespérément décontractée d’un Jack Quaid qui passe son temps à sourire et à s’excuser auprès de ses adversaires. On notera aussi l’effort très louable des deux réalisateurs Dan Berk et Robert Olsen (Body, Villains) de mettre au maximum en avant des effets spéciaux réels avec des maquillages bien craspecs, bien brutaux et quelques effets gores biens sentis (l’os du bras utilisé comme armes perforante, il fallait oser) qui nous changent du tout en image de synthèse, trop propre, habituel. Un bon petit moment qui décroche quelques sourires, qui fait passer un bon petit moment, mais auquel il ne faut tout de même pas trop en demander. Les personnages secondaires sont tout de même particulièrement limités, le scénario ne vole jamais bien loin et la réalisation, très basique, passe souvent à coté de séquences qui auraient pu devenir homériques et délirantes. Même le petit twist qui pouvait faire bifurquer Novocaine vers quelque chose de psychologiquement plus douloureux, n’est utilisé que comme un petit artifice qui relance à peine la machine.
Une série B qui a une bonne gueule, petite comédie violente et amusante qui ne volera jamais bien haut. Mais l’entreprise reste modeste et sans frime, offrant plus ou moins ce qui avait été promis : ce n’est pas si fréquent par les temps qui courent.
Image
Le film ne projette pas forcément une esthétique particulièrement léchée ou travaillée, restant essentiellement dans les bornes confortables d’un pseudo-réalisme presque DTV, et la copie 4K n’a pas forcément beaucoup de choses pour se nourrir. En Bluray comme en UHD donc Novocaine livre une copie tout à fait carrée, propre, ferme et lisse sans véritable défaut notable. Les noirs sont solides, le piqué fait parfaitement son office. On pourra sans doute juste noter un rendu un poil trop sombre en 4K comme c’est parfois le cas chez Paramount.
Son
Comme souvent aussi chez cet éditeur, les versions doublées souffrent un peu d’un sous-traitement avec des pistes Dolby Digital 5.1 qui fonctionnent mais restent bien pauvres à coté du Dolby Atmos de la version originale. Un potentiel d’enveloppement et de précision des détails sonores particulièrement éprouvé pour souligner les multiples perforations et sévices subis par le corps de Nate.
Interactivité
A défauts d’un making of complet et approfondi, trois segments séparés constituent un regard assez sympathique sur la fabrication du film. Mélangeant comme il se doit d’interviews face caméra et d’images du tournages, les bonus traversent donc les ambitions du film, son idée de base, les personnages / acteurs et la mise en boite des nombreuses scènes d’actions. On s’intéressera certainement plus à la partie réservée aux effets spéciaux qui permet de découvrir les nombreuses heures de maquillages journalières, la conceptions des design et la conceptualisation même des échelles de dégradation du corps.
Liste des bonus
Se préparer à la douleur : préproduction (13’), Un monde de souffrance : Production (16’), Dommages physiques maximaux : Les maquillages (9’).







