NIGHTMARE CONCERT
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Un gatto nel cervello – Italie – 1990
Support : Bluray
Genre : Horreur
Réalisateur : Lucio Fulci
Acteurs : Lucio Fulci, Jeoffrey Kennedy, Malisa Longo, Paola Cozzo, Robert Egon, David L. Thompson…
Musique : Fabio Frizzi
Image : 1.66 16/9
Son : Italien DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titres : Français
Durée : 92 minutes
Editeur : Le Chat qui fume
Date de sortie : Décembre 2025
LE PITCH
Le plus souvent décrié et largement boudé, même par une grande part des amateurs du bonhomme, Nightmare Concert ou « Un chat dans la cervelle » titre italien bien plus imagé, est effectivement le témoin de la lente chute du cinéma de son auteur. Un triste constat, mais manifestement ici totalement conscient. Un petit quelque chose déjà du film testament pour un Lucio Fulci, aussi acteur, ici interprétant un certain… Lucio Fulci.
Dans la tête de Lucio Fulci
Le plus souvent décrié et largement boudé, même par une grande part des amateurs du bonhomme, Nightmare Concert ou « Un chat dans la cervelle » titre italien bien plus imagé, est effectivement le témoin de la lente chute du cinéma de son auteur. Un triste constat, mais manifestement ici totalement conscient. Un petit quelque chose déjà du film testament pour un Lucio Fulci, aussi acteur interprétant un certain… Lucio Fulci.
Lucio Fulci, tout comme ses collègues et plus généralement l’intégralité de l’industrie cinématographique italienne, les années 80 auront été marquée par un ultime pic de productivité, essentiellement tourné vers un cinéma démonstratif, puis une toute aussi rapide déchéance. Après donc quelqu’une de ses prestations horrifiques les plus traumatisantes, de Frayeurs à L’éventreur de New York, la carrière du cinéaste s’étiole doucement vers les productions de moins en moins glorieuses comme Aenigma ou Les Fantômes de Sodome, les DTV (Soupçon de mort), les téléfilms (La casa nel tempo, La dolce Casa degli orrori…) et même un terrible marasme avec la production catastrophique d’un Zombi 3 que Fulci voulait comme une authentique suite à son formidable L’Enfer des zombies, mais qu’il devra abandonner en cours de route pour raison de santé et désaccord avec la production. C’est dans ce cadre compliqué que débarque Nightmare Concert, étrange proposition des dirigeants d’Alpha Cinematografica qui imaginent un bon moyen de rentabiliser des images de leur dernière séries de films d’horreur et le nom de leur plus célèbre auteur. Le concept est ainsi de faire jouer à Fulci son propre rôle de cinéaste culte, ici en plein tournage justement de Les Fantômes de Sodome et Soupçon de mort (et hop recyclage), hanté par les pires scènes de ses propres films et par de multiples meurtres qu’il pourrait avoir lui-même commis (et hop recyclage de petits bouts de Massacre ou La Porte Dell’Inferno…).
Lucio Fulci, Lucio Fulci, Lucio Fulci
Un procédé pas forcément des plus honnêtes, marqué ici qui plus est, et ce malgré les efforts considérables du monteur, de faux raccords, de collages abusés et de fractures esthétiques totales. Même si les fameuses scènes de stock-shots sont souvent les plus scabreuses et les plus gores de leurs films d’origines, elles peinent à convaincre par leur aspect détaché, gratuit, voir bazardé. Pourtant, malgré une facture hasardeuse, Nightmare Concert, cette Nuit américaine dérangée et malade, n’en est pas moins constamment intrigante. Non pas dans ses excès horreur, mais clairement dans ses penchants les plus méta, dans sa manière de multiplier les niveaux de lectures et les films dans le film. Malgré une réticence première (un autre acteur devait au départ jouer le rôle), Lucio Fulci devenu son propre avatar en profite allègrement pour régler ses comptes avec les rumeurs persistantes qui l’entouraient alors (« si ses films sont aussi horribles c’est qu’il doit être dérangé ») en donnant le véritable mauvais rôle à un psychiatre / hypnotiseur préparant l’élimination définitive de son épouse tout en assouvissant ses pulsions morbides. Le film ne manque pas d’humour noir, confrontant régulièrement le sadisme des films du maitre avec une réalité crue, se moquant tranquillement des journalistes (l’allemande ravie d’être « agressée » par un cinéaste qui n’arrive pas à s’extraire d’une scène de perversion nazi), du petit monde du cinéma et du genre horrifique en particulier. Tout comme le véritable Fulci, celui de Nightmare Concert semble piégé justement dans un genre dont les fans et les collègues ne le laissent plus s’échapper, réduit à répéter inlassablement les mêmes obsessions.
Notre brave réalisateur les aura effectivement bien méritées ses vacances au soleil, petites pirouette scénaristique le voyant convoler en bateau avec la jeune secrétaire du vilain docteur, ultime pied de nez à une carrière qui prend clairement l’eau de toute part. Quelques mois et quatre films oubliables plus tard, la carrière de Fulci était définitivement close.
Image
Film fauché et bricolé de nature, Nightmare concert n’a jamais affiché une grande forme ni en salle, ni en vidéo. La copie HD proposée par Le Chat qui fume ne peut dès lors pas faire de miracle, surtout que celle-ci ne semble pas avoir profité d’une restauration chimique à la source. Cependant, aux vues des apparitions précédentes du film (les DVDs n’étaient pas mirobolants), le passage au Bluray lui permet d’affirmer une définition beaucoup plus solide et des cadres nettement plus propres qu’autrefois. La photographie reste relativement terne et le grain 16mm d’origine autant que l’inclusion des scènes de films extérieurs, n’assurent pas une grande stabilité dans le rendu d’un grain fluctuant et légèrement neigeux.
Son
Rien à reprocher à la piste sonore italienne mono, glissée ici dans un DTS HD Master Audio 2.0 propre et clair mais forcément très centré. Les dialogues sont bien posés et les musiques de Fabio Frizzi profitent pleinement du petit gain qualitatif.
Interactivité
Clairement l’édition française de Cat in the Brain est nettement plus modeste que l’américaine de Grindhouse Releasing (sortie en 2016) mais assure au moins un packaging du meilleur effet avec fourreau cartonné et visuel efficace. Sur le disque on retrouve en unique supplément une belle interview du scénariste Antonio Tentori. Il se remémore les origines du film, née durant la production d’un programme anthologique télévisée, l’implication pas si évidente de Lucio Fulci (en particulier comme acteur principal) et les multiples réécritures et travaux d’adaptations pour faire tenir le puzzle en place. S’il ne ferme pas les yeux sur les nombreux soucis du film, il le défend tout de même bec et ongle pour son reflet profond et sincère du cinéma et de la personnalité du cinéaste.
Liste des bonus
« Une sorte de 8 1/2 » par Antonio Tentori (27’), Bande-annonce.