NATACHA (PRESQUE) HÔTESSE DE L’AIR

France, Belgique – 2025
Support : DVD
Genre : Comédie
Réalisateur : Noémie Saglio
Acteurs : Camille Lou, Vincent Dedienne, Didier Bourdon, Elsa Zylberstein, Antoine Gouy, Fabrice Luchini, Isabelle Adjani…
Musique : Erwann Chandon
Image : 2.39 16/9
Son : Français Dolby Digital 5.1 et 2.0
Sous-titres : Aucun
Durée : 86 minutes
Editeur : Pathé
Date de sortie : 6 août 2025
LE PITCH
Depuis sa plus tendre enfance, Natacha est bien décidée à devenir hôtesse de l’air pour voyager et découvrir le monde. Quand elle se retrouve mêlée malgré elle au vol de la Joconde, elle y voit l’opportunité de réaliser enfin son rêve. Accompagnée d’un steward maladroit, elle traverse la France et l’Italie dans une course-poursuite qui pourrait bien changer sa vie…
Le transatlantique ne répond plus
La gentille, mais déjà très aventureuse Hôtesse de l’air de la revue Spirou s’échappe du petit monde de la BD pour devenir à son tour une héroïne de cinéma. Une adaptation gentiment irrévérencieuse, pleine d’esprit et de fantaisies où l’anachronisme est roi.
Publiée dans les années 70 sous les signatures de François Walthéry et Roland Goossens, la BD Natacha aura marqué de nombreuses lectrices, en grande partie parce qu’avec la camarade Yoko Tsuno elle était simplement la seule véritable héroïne féminine notable. Une charmante hôtesse de l’air, sexy, séduisante, mais aussi aventureuse et indépendante qui menait son collègue stewart Walter par le bout du nez, qui est resté dans la mémoire de la réalisatrice Noémie Saglio (Conasse, Parents d’élève…) qui s’efforçait depuis maintenant dix ans de la porter à l’écran. Mais certainement pas un simple décalque rétro et naïf de ses albums, la reconstitution historique joyeusement colorée et pop se couplant ici avec un regard définitivement plus moderne, un petit esprit impertinent qui secoue des années 60 encore bien enfermées dans les carcans sociétaux paternalistes. Le « presque » du titre annonce ainsi autant l’idée de faire du film une prequelle à la grande carrière de l’héroïne, que de jouer constamment avec un regard ironique et distant post #MeToo qui s’amuse et moque les clichés du scénario un peu à la manière d’un OSS117 au féminin.
La jolie blonde aux cheveux lisses
Les références cinématographiques sont les mêmes, et en particulier le cinéma de Philippe De Broca (L’Homme de Rio, Le Magnifique…) et si l’écriture est tout de même moins mordante et plus familiale dans son approche, elle décoche avec bonheur la masculinité lâche, le foyer à papa, le sexisme, le patriarcat, les séducteurs toxiques et laisse une belle place aux femmes, Natacha interprétée par une pétillante Camille Lou en tête forcément, mais aussi une Elsa Zilberstein allumée en peintre copiste échauffée par l’accent italien et même une inattendue Isabelle Adjanni en descendante truande de la Mona Lisa et adepte du fusil à pompe. Les actrices s’amusent manifestement beaucoup. Les acteurs ne sont pas en reste et si Vincent Dedienne en sidekick dépassé joue une partition connue, Didier Bourdon en politicard manipulateur est plus sobre qu’à l’accoutumée, Baptiste Lecaplain fait une apparition irrésistible en adepte du complot répondant au nom de BFM, Luchini est parfait en voix off invasive et surtout l’excellent Antoine Gouy joue parfaitement celui qui aurait dû être le héros de l’affaire : le jeune Jacques Chirac ! La trame en elle-même reprend parfaitement justement la structure des vieilles BD avec sa poursuite jalonnée de multiples rebondissements et de méchants caricaturaux, mais c’est son traitement, décalé, bourré de clins d’œil, moqueur, bon enfant et enjoué qui fait nettement la différence.
Et question de bien marquer sa différence avec les lamentables comédies françaises qui ne cessent de sortir mois après mois Noémie Saglio soigne autant ses dialogues et ses situations que son image, profitant d’une belle photographie colorée et léchée, multipliant les décors extérieurs de la Normandie à l’Italie, emballant le tout avec une efficacité notable. Une vraie bonne surprise pour toute la famille, à la bonne humeur et l’impertinence communicative.
Image
Toujours étonnant de voir à quel point la France est resté coincé à la génération DVD. Plus étonnant encore de voir qu’un film français récent comme Natacha puisse justement être limité à ce format, comme puni pour son échec en salles. Rien à dire sur la source forcément, propre, lumineuse, vive et solide, pas grand-chose non plus sur le DVD lui-même qui fait du mieux possible pour maintenir le tout à l’écran avec quelques artefacts de compression bien visible sur les plans les plus larges où les passages les plus secoués.
Son
Le Dolby Digital 5.1 fait son office avec une énergie bien communicative. Les dialogues sont clairs et équilibrés, les effets et les musiques s’intègrent parfaitement, quelques moments plus nerveux jouent d’une dynamique efficace. Le film est aussi disponible dans une version stéréo plus télévisuelle.
Interactivité
Si Pathé s’est retranché sur le DVD, il nous délivre tout de même deux petits bonus, un peu promo soit, mais qui au moins permettent d’étendre un peu le visionnage. D’un coté un reportage dans les coulisses du tournage de la scène initiale du vol de tableau à l’aéroport, avec des interventions des acteurs et autres, et de l’autre les interviews croisées de Noémie Saglio, Camille Lou, Vincent Dedienne et Elsa Zylberstein. Les intervenants y passent beaucoup de temps à louer les talents d’écritures et de réalisation de Noémie Saglio, mais on y discute aussi de l’illustration particulière de l’époque, du traitement de la question féminine et du soin apporté aux costumes, décors ou à la photo.
Liste des bonus
Entretien avec Noémie Saglio, Camille Lou, Vincent Dedienne et Elsa Zylberstein (16’), Images du tournage (7’).







