MONTY PYTHON : SACRÉ GRAAL !

The Monty Python and the Holy Grail – Royaume-Uni – 1975
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Comédie
Réalisateur : Terry Jones, Terry Gilliam
Acteurs : Graham Chapman, John Cleese, Eric Idle, Terry Gilliam, Terry Jones, Michael Palin, Connie Booth, Carol Cleveland, Neil Innes…
Musique : Neil Innes
Durée : 92 min
Image : 1.66 16/9
Son : Dolby Atmos, DTS HD Master Audio 5.1 et 1.0 Anglais, DTS HD Master Audio 5.1 Français, Allemand, Italien…
Sous-titres : Français, Anglais, Allemand, Espagnol…
Editeur : Sony Pictures
Date de sortie : 10 septembre 2025
LE PITCH
Le Roi Arthur et ses chevaliers de la Table Ronde se lancent dans une quête à petit budget pour trouver le Saint Graal. Une quête semée d’embûches toutes plus barjos les unes que les autres…
La quête ultime
Parce que le cinéma est une affaire de gens sérieux. Que l’on ne badine pas avec les reconstitutions historiques. Que l’on ne transige pas avec la légende arthurienne. Que l’on ne doit jamais tourner en ridicule la religion ou les autorités… Pour tout cela, Sacré Graal est une œuvre sacrée… Mais aussi le film le plus drôle de l’histoire du cinéma.
Dans les épisodes précédents :
Constitué en partie par la BBC tel un boys band de british pas franchement beaux gosses, les petits gars des Monty Python sont d’origines diverses et variées (il y a même un Américain qui s’est perdu dans le lot), mais tous imaginent fermement pouvoir faire imploser la télévision. Ce sera le cas pendant cinq ans, avec une absence totale de censure de la part de la vénérable BBC, dans la mythique émission The Flying Circus compilation de sketchs ubuesques, irrévérencieux et expérimentaux. A mourir de rire (la reine failli y laisser sa peau), le show leur offre un statut proche des Beatles en Angleterre, mais aussi dans le reste du monde, et en particulier aux USA, où ils deviennent, et c’est bien légitime, des références de l’humour moderne. Graham Chapman, John Cleese (s’il ne devait en rester qu’un), Eric Idle, Michael Palin, Terry Jones et Terry Gilliam sont désormais des stars. Mais comme ils sont anglais (sauf un), ils ne le montrent pas trop.
And now for something completely different
Désormais détaché de la télévision, les Monty Python embrassent le désir bien légitime de prendre le pouvoir sur grand écran. Grace aux financements, modeste, de camarades réputés honorablement pour leur carrière comme groupes de rock (Pink Floyd et Led Zeppelin… connais pas), les six compères s’octroient au passage une totale liberté de création. Mais cela a un prix, le budget de quelques 200 000 £ induit quelques semaines seulement de tournage, des costumes à l’économie (les cottes de mailles sont des pulls peints en argenté) et l’utilisation bricolée d’un seul et unique château pour figurer tous les domaines parcourus par Arthur et ses chevaliers de la table ronde. Une esthétique fondamentalement fauchée, même si le réalisme médiéval est de mise, qui semble aujourd’hui totalement attaché à un film qui en fait son parti. A commencer par de grandes séquences de chevauchés où les héros jouent au dada pendant que leur écuyer frappe deux moitiés de noix de coco en rythme pour l’ambiance. Un premier gag inoubliable… mais c’est loin d’être le dernier. Les Monty Python préservent ainsi le fameuse « touch » racontant la grande quête du Graal par le biais de personnage au sérieux immuable, dans un contexte totalement délirant, grotesque et ridicule.
Interlude
…loin de l’internat de jeune fille dans lequel elle grandit entre éducation religieuse et massages au pommeau de douche, Cindy découvrit qu’être effeuillée par les beaux garçons lui plaisait tout autant. Une découverte qu’elle fit en se rendant un mercredi avec ses amies, peu girondes, aux autos-tamponneuses. Assise au volant de sa coccinelle de fortunes, elle opérait quelques demi-tours osés pour venir se faire percuter par les rebelles aux lunettes noires et au blouson de cuir qui normalement auraient dû avoir beaucoup mieux à faire. Des sensations qui descendaient jusqu’en dans les fondements de sa féminité la faisant m….
Fetchez la vache !
C’est cette opposition, que l’on retrouvera rapidement intacte dans le suivant La Vie de Brian, entre l’apparent premier degré de l’histoire et la bêtise abyssal de l’arrière-plan qui porte Sacré Graal vers des sommets de l’humour moderne. Piochant dans toutes les astuces, des dialogues nonsensiques à la blague la plus potache d’une vache balancée par catapulte, le film est un enchevêtrement de degrés, de niveaux de lecture inattendu, auxquels se mêlent les séquences animées de Terry Gilliam, que les autres n’ont de toute façon jamais rien compris. Une œuvre patchwork ? Pas vraiment puisque tout suit une logique typiquement Monthiesque (si ça se dit) où un roi se reconnait par l’absence de merde sur sa robe, où les pouilleux débattent sur la légitimité du pouvoir et la nécessité d’une révolution du prolétariat, entre un hommage hilarant à Lawrence d’Arabie, un énième détournement du cheval de Troie et une adaptation plus de vingt ans avant des Noces rouges de Games of Thrones. Chez ceux-là, le pouvoir et l’autorité n’ont que comme unique et seul but d’être moqué, ramené au dérisoire. Impossible d’énumérer la succession éreintante de dialogues mémorables mais tarabiscotés, de retournement de situations vertigineuses, de combats chevaleresques spectaculaires (aaah le chevalier noir…), d’effets pyrotechniques pétaradants et de grands moments de gênes complices… Le tout débordant allégrement et de manière totalement extravagante dès un générique d’ouverture qui traumatisera par sa folie des générations entières d’humoristes.
Une véritable œuvre culte qui fit entrer définitivement les Monty Python dans la légende, et inspirant allégrement quelques troupes bien moins célèbres comme les tenanciers du Saturday Night Live, Les ZAZ, Les Nuls, Les Robins des bois et bien entendu un certain Alexandre Astier et son Kamelott. Un peu l’an un de l’humour.
Image
Après la sortie plus que convaincante du Bluray 40eme anniversaire il y a 10 ans, Sony enfonce le clou avec ce nouveau transfert 4K de Sacré Graal. On y retrouve le master intensément nettoyé et stabilisé au maximum, mais avec désormais un support UHD bien plus à même de gérer les importantes variations du grain organique de la pellicule et de composer avec une source initiale finalement assez modeste. Ici, la définition est renversante de précision, venant révéler de nombreux détails et effets de profondeur presque inédits et assure même par l’apport du Dolby Vision un traitement des couleurs non pas transfiguré, mais appuyé et naturellement intensifié. C’est aussi splendide et rugueux qu’un film indépendant des 70’s puisse l’être. Aucun doute que les fans vont en tomber à la renverse, en particulier lors des désormais sublimes séquences animées de Terry Gilliam, ultra détaillées, et de quelques gags en arrières plans, enfin visibles.
Son
L’auteur de ces lignes ne savait même pas qu’il existait une version française de Sacré Graal ! Une sorte de sacrilège qui culmine clairement ici avec des acteurs complètement à coté de la plaque. Allez, on oublie pour se tourner plus naturellement vers la savoureuse version originale qui après avoir été remixé en 2015 en DTS HD Master Audio 5.1 se dote désormais d’un Dolby Atmos pour faire plus riche. La bande sonore a manifestement eu le droit elle aussi à de considérables améliorations (plus stable, plus nette) et même quelques effets de spatialisation. Des passages un peu artificiels cependant, laissant entendre un peu de réverbération et se montrant de toute façon assez économe dans son amplitude. On lui préfèrera clairement le DTS HD Master Audio 2.0 Mono, qui profite de toutes ces améliorations tout en préservant le mixage frontal original.
Interactivité
Ceux qui se souviennent encore des précédentes éditions, toujours collectors, savent que l’interactivité de Sacré Graal tourne vite à la pochette surprise. D’ailleurs l’intégralité de ces segments est de retour ici avec la longue visite des lieux du tournage avec Michael Palin et Terry Jones, un cours très pertinent sur l’utilisation des noix de coco, la séquence mythique de Camelot en Lego, la featurette d’époque produite par la BBC, les extraits de la version japonaise et les mémorables sous-titres pour ceux qui n’ont pas aimé le film. Ça c’était déjà présent sur les ancêtres DVD.
La galette Bluray y avait ajouté en ouverture deux commentaires audio inédits. D’un coté les deux réalisateurs qui couvrent généreusement toutes les approches de la fabrication du film (musique, références historiques, anecdotes…) tout en devisant sur leur première expérience, pas toujours facile, derrière la caméra. De l’autre John Cleese, Eric Idle et Michail Palin, un peu plus sporadiques, mais avec quelques petites interventions amusantes. Bien plus caustique, l’exercice habituellement un poil rangé du Q&A (enregistré ici aux Festival de Tribeca) tourne ici à l’interview catastrophe lorsque les Monty, galvanisés par la foule, décident de malmener le journaliste. Impayable sur scène, la bande se montre une nouvelle fois hilarante et irrésistible. Enfin, surprise de taille, les producteurs ont réussis à remettre la main sur des archives que tout le monde pensait perdues depuis longtemps. A l’instar des séquences animées de Terry Gilliam non utilisées pour le film et désormais finalisées, dont certains combats épiques (contre un escargot géant, flippant) auraient mérité d’apparaitre à l’écran. S’y ajoute aussi d’authentiques scènes coupées ou plus longues de Sacrée Graal, permettant de profiter de quelques gags supplémentaires, de variation subtiles (sic) et d’un véritable bêtisier… mais aussi des coups de gueule de John Cleese !
Enfin, édition 60eme anniversaire et steelbook oblige, l’éditeur glisse deux nouveaux suppléments sur le disque UHD. Un nouveau montage du film « presque aussi long que la version cinéma » avec une minute de moins (so Monty !) et un petit documentaire entièrement tourné en visio, compilant les interventions de dizaines de comédiens, comiques et scénaristes anglo-saxons (certaines têtes sont vraiment très connues, on laisse la surprise) qui évoquent leur découverte de Sacré Graal, le ton si particulier du film, leurs gags préférés et l’impact qu’il a eu sur leur propre travail. Cela va très vite et reste assez anecdotique mais l’ambiance générale, décontractée, et tout à fait engageante.
Liste des bonus
Near-Theatrical Version of the film (91’), ‘Tis But A Tribute : 50 years of the Holy Graal (15’), Questions/réponses sur « Monty Python – Sacré Graal » avec Terry, Mike, John et Eric, enregistré pendant le Festival de Tribeca en 2015 (30’), Bêtisier et scènes en version longue présentées par Terry Jones (20’), Animations perdues présentées par Terry Gilliam (15’), Commentaires audio de Terry Gilliam & Terry Jones, Commentaires audio de John Cleese, Eric Idle et Michail Palin, « En quête des lieux de tournage de Sacré Graal » avec Michael Palin & Terry Jones (47’), Chevaliers Lego : Les Chevaliers de la Table ronde en LEGO, Version spéciale en japonais, Que faire de vos noix de coco (un film éducatif), « BBC Film Night » sur le tournage, 3 chansons à chantonner, Photothèque, Bande-annonce.






