MOI, MOCHE ET MECHANT 4

Despicable Me 4 – Etats-Unis – 2024
Support : Bluray
Genre : Comédie, Animation
Réalisateur : Chris Renaud, Patrick Delage
Acteurs : Steve Carell, Kristen Wiig, Joey King, Will Ferrell, Sofia Vergara, Miranda Cosgrove…
Musique : Heitor Pereira
Image : 1.85 16/9
Son : Dolby Atmos Anglais et français, Dolby Audio + 7.1 Néerlandais et Flamand
Sous-titres : Français, Anglais, Néerlandais…
Durée : 94 minutes
Editeur : Universal Pictures Home Entertainment
Date de sortie : 20 novembre 2024
LE PITCH
Gru, Lucy et les filles, Margo, Edith et Agnès accueillent le petit dernier de la famille, Gru Junior, qui semble n’avoir qu’une passion : faire tourner son père en bourrique. Mais Gru est confronté à un nouvel ennemi, Maxime Le Mal, qui avec l’aide de sa petite amie, la fatale Valentina, va obliger toute la famille à fuir.
Family Man
Après le très réussi film adapté de l’univers de Mario et la proposition plus originale de Migration, Illumination revient à ses fondamentaux, la poule aux œufs d’or Moi, Moche et méchant pour un quatrième chapitre qui tire de plus en plus à la ligne. Le savoir-faire est indéniable, mais manifestement l’inspiration vient à manquer cruellement.
Déjà 14 ans qu’Illumination a créé la (bonne) surprise avec son méchant au cœur tendre et ses petites orphelines irrésistibles (« j’aime les licornes, beaucoup, beaucoup »). 14 ans aussi que le studio fait fructifier sa licence avec des suites directes sorties en 2013 et 2017 et même deux spin off poussif plus ou moins consacrer aux Lapi… euh aux Minions. Et si l’année dernière le groupe a réussi son plus beau braquage avec l’excellent Super Mario Bros. le film, Moi, Moche et méchant, reste tout de même le socle, le petit bas-de-laine sur lequel s’appuie toute leur success story. En attendant, ou pas, un Les Minions 3 prévu pour 2027, voici donc Moi, moche et méchant 4 qui, malgré le retour de Chris Renaud à la co-réalisation, sent plus fortement que jamais la mécanique industrielle. Inattaquable techniquement comme toujours avec son animation racée et ses modélisations aux rondeurs pleines de douceurs, le nouveau film est un peu à la peine pour trouver de quoi relancer la machine. Il y est donc à nouveau question d’un grand vilain machiavélique, Maxime Le Mal (et son armée de cafard que l’on ne verra jamais en action), vieux camarade de classe dans une école de vilains et qui veut faire la peau à notre brave Gru après que celui-ci l’a fait incarcéré. C’est alors toute la petite famille qui profite de mesures de protections de témoins, relocalisée sous de faux noms dans une petite bourgade de banlieue.
Side by Side
Changement de cadre, changement de contexte, pourtant très vite le scénario ne s’en préoccupe déjà plus (une petite réflexion sur la middle-class US ? Bien sûr que non) et embraye sur une jeune voisine menaçante qui veut obliger le protagoniste à se lancer dans une mission de cambriolage à haut risque… Mais déjà le scénario ne s’en préoccupe que bien peu et alterne avec les fameux mignons, sous l’autorité de l’AVL qui en transforme cinq d’entre eux en super-héros… foireux… Toute la structure du métrage repose ainsi sur un enchaînement constant de nouvelles situations, de pistes jamais développées, de personnages abandonnés ou vaguement exploités, préférant enchainer les situations certes parfois très drôles (le cambriolage hystérique, la séance au salon de coiffure…), les clins d’œil hilarants (Terminator 2, Harry Potter, les films Marvel…) comme une compilation de court-métrages. Le divertissement reste alors correct et parfois même assez enlevé, mais les personnages perdent forcément en cours de route toute saveur. On se demande ainsi ce qu’apporte véritablement l’apparition du fils de Gru dont la relation avec son père n’ira pas beaucoup plus loin que quelques gazouillis boudeurs passant à un « papa » prévisible.
On regrette surtout la disparition progressive de Margo, Agnès et Edith, celles qui étaient vraiment le cœur de l’original, reléguée à de la figuration, quand on aurait préféré les voir grandir un peu et venir défier à nouveau comme il se doit leur papa adoptif. Sans elles, l’univers de Moi, Moche et Méchant apparait véritablement comme un « autre » film d’animation américain en 3D, héritier des pitreries de Dreamworks, efficace, calibré, mais bien vide. Disons-le : un produit.
Image
Alors que le premier épisode est déjà ressorti en édition UHD, Universal revient au Bluray pour le dernier en date. Un peu dommage forcément, même si on ne peut que reconnaitre à nouveau l’excellence du transfert numérique HD, le grand soin apporté aux couleurs, vives et contrastées, aux moindres détails de l’image, au léger relief attendu et plus généralement à la définition, pointue et ultra stable. Rien ne vient déranger la prestation, pas même le moindre petit souci de compression.
Son
Version originale (avec toujours Steve Carell) et doublage français (avec toujours Gad Elmaleh) profitent pleinement de pistes Dolby Atmos énergiques et minutieuses, à la dynamique bien employée et étendue. Du travail de pro imprégné dès les premières minutes par les basses de Pharrell Williams, venant souligner la masse de mignons toujours au bord de la catastrophe ou les rares prouesses plus spectaculaires.
Interactivité
Plutôt bien fournie, la section bonus du Bluray nous rejoue la petite mélodie des featurettes promo bien carrées avec un Making of sur la nouvelle orientation (?) du film, un sujet brassant l’ensemble des personnages principaux et leurs interprètes américains (visibles aussi en plein enregistrement) et une évocation de ces nouveaux mignons et leurs origines. L’un des designers du film vient même nous donner quelques cours pour apprendre à les dessiner. Rien de bien palpitant.
On quête alors plutôt quelques nouveaux gags du cotés des scènes coupées, avec quelques nouvelles facéties imaginées par les bonshommes jaunes présentés à diverses étapes d’animation, et on profite surtout des deux courts métrages inédits. L’anniversaire de Benny est un amusant « anniversaire sans fin » plutôt efficace, mais c’est vraiment Fin et refin de la partie qui reste le petit bijou de la galette. Une manette expérimentale permettant de contrôle le corps d’un camarade mignon et le studio Illumination nous rejoue, assez brillamment il faut l’avouer, l’hommage vibrant aux jeux vidéo avec un départ façon plateforme (Mario n’est bien entendu pas loin) qui se mue en FPS délirant et en poursuite dantesque façon GTA. Les clins d’œil abondent, le rythme est trépidant et l’humour irrésistible. Mieux que le long métrage ? Carrément.
Liste des bonus
« Fin et refin de la partie » de Christophe Delisle, Christophe Lourdelet et Ludovic Roz (4’), « L’Anniversaire de Benny » de Chris Allison et Olivier Luffin (4’), 9 scènes coupées et additionnelles (14’), « Les Voix de Moi, moche et méchant » (3’), « L’Équipe » : 7 présentations de personnages par les acteurs (22’), « Le Tournage » (11’), « Méga Minions en folie » (4’), « Les Méchants » (3’), « Dessiner » : 5 leçons pour dessiner les Méga Minions (12’).