MERCREDI SAISON 1

Wednesday – Etats-Unis – 2022
Support : Bluray
Genre : Comédie, Aventure, Série TV
Réalisateurs : Tim Burton, James Marshall, Gandja Monteiro
Acteurs : Jenna Ortega, Emma Myers, Hunter Doohan, Percy Hynes White, Joy Sunday, Georgie Farmer, Christina Ricci, Gwendoline Christie, Catherine Zeta-Jones, Luis Guzman…
Musique : Danny Elfman, Chris Bacon
Image : 1.85 16/9
Son : DTS HD Master Audio 5.1 Anglais, Dolby Digital 5.1 français, espagnol…
Sous-titres : Français, anglais, espagnol…
Durée : 360 minutes
Editeur : Warner Bros. Entertainment France
Date de sortie : 27 mars 2024
LE PITCH
Mercredi raconte une enquête surnaturelle, pleine de mystère, suivant les années d’études de Mercredi Addams à l’Académie Nevermore. Mercredi tente de maîtriser ses capacités psychiques naissantes, de déjouer une série de meurtres monstrueux qui terrorise la ville et de résoudre le mystère surnaturel qui a impliqué ses parents il y a 25 ans, tout en naviguant entre ses nouvelles relations à Nevermore.
Milieu de semaine
Marquant le grand retour, au succès, de Tim Burton et la révélation presque totale des talents de sa jeune interprète, Jenna Ortega, Mercredi la série revisitant l’univers de la Famille Addams, reste à ce jour le plus gros carton de la plateforme de streaming Netflix. Une performance méritée ? Peut-être, mais sans grande prise de risque.
Cela n’étonnera personne d’apprendre que Tim Burton a toujours été un grand amateur des strips de La Famille Addams crées par Mr Charles Addams, mais aussi de l’ancienne et fameuse série tv des années 60. Son esthétique personnelle est bourrée d’emprunts et de références à ce gothique stylisé mais aussi à ce regard porté par ces cet être hors-normes sur le monde des « normaux ». D’ailleurs, le réalisateur cajola longtemps l’idée d’en donner sa propre version cinématographique avec même un long métrage en stop-motion envisagé à la fin des années 2000. Difficile alors pour lui sans doute de résister aux appels du pied des créateurs de Smallville, Aldred Gough et Miles Millar, et des places confortables de réalisateur (pour les quatre, et meilleurs, épisodes) et de producteur sur une mini-série qui inventerait pour la première fois l’adolescence de l’ainée de la famille : Mercredi. Et l’univers de Burton est bel et bien là, du générique de l’indispensable Danny Elfman, aux motifs à rayures jusqu’à une profusion de monstres classiques (loups-garous, vampires, créatures du lac…) et un personnage féminin dépressif, à l’humour plus noir tu meurs, cohabitant difficilement avec le grand retour du fluo. On reste cependant ici beaucoup plus proche du très sage Dark Shadows que des élans cauchemardesques de Sleepy Hollow ou de la poésie mélancolique du sublime Edward aux mains d’argent.
L’effet couettes
Un petit concentré de Tim Burton passé à la moulinette gentiment standardisée de la télévision où les auteurs ne peuvent s’empêcher de nous rejouer la carte des triangles amoureux et de faire de la demoiselle une nouvelle détective en herbe lancée à la fois en quête du passé secret de ses parents, des mystères de son école à la Harry Potter et sur les traces d’un serial killer local et qui ne s’en prendrait qu’aux « monstres ». Déjà bien copieux, et pourtant il a tout de même fallu ajouter à Mercredi des pouvoirs psychique inédits, qui appuient encore inutilement sur le statut à part du personnage. On perd clairement ici une grande part de l’originalité de la famille Addams, de son humour totalement décalé, de sa monstruosité lunaire, de sa critique assez féroce de la société contemporaine (d’ailleurs les apparitions guest de la famille, malgré le casting, restent très anecdotiques), au profit effectivement d’un programme beaucoup plus accessible et fédérateur.
Mais si les scénarios se montrent rapidement assez brouillon, que la réalisation ne s’éveille qu’à quelque scènes éparses (merci La Chose) et que la charpente est trop visible, Mercredi se suit avec un certain plaisir grâce à deux atouts imparables. Le premier est bien entendu Jenna Ortega qui réussit avec brio à reprendre la relève de Christina Ricci (en guest) et qui porte largement la série sur ses épaules par son regard semi-blasé semi-amusé, par son charme inné et par ses nombreuses trouvailles très personnelles… A commencer par cette fameuse scène de danse totalement hallucinée, moitié sensuelle, moitié flippante, qui résume à la perfection la nature du personnage. Mais il y a aussi la blondinette jouée par Emma Myers (Family Switch), antithèse absolue de Mercredi, enjouée, motivée, souriante, solaire même, qui offre un parfait contrepoint drôle etadorable… pour un duo aussi improbable qu’irrésistible. Pour elle deux, on serait clairement près à rempiler pour une seconde saison.
Image
Transféré directement de la source numérique avec une répartition des huit épisodes sur deux bluray distincts, la série ne prenait pas trop de risque avec une sortie Bluray. Etrangement pourtant les petits défauts abondent. Pas forcément trop évidents ou handicapants, pourtant bien présents avec une définition qui aurait pu être plus creusée et quelques petites réserves parfois sur quelques noirs qui paquettent, un poil de banding et de légers artefacts de compression. Les couleurs restent éclatantes, les contrastes toujours bien marqués et l’esthétique respectée à la lettre mais les blurays restent efficaces et pas plus. Peut-être qu’une sortie UHD aurait permis de raffermir tout ça ?
Son
Difficile de trouver de grands reproches à faire à la piste anglaise DTS HD Master Audio 5.1, franchement dynamique, souvent enveloppante et toujours adéquate avec le spectacle mystérieux et bondissant. Quelques atmosphères plus lugubres gagnent en dimension, les arrière-plans sonores ne manquent pas de vie et dialogues et musique s’affirment harmonieusement. Une prestation solide qui met clairement la pâtée à la version doublée en français, bien plus plate et de toute façon uniquement disponible en Dolby Digital 5.1.
Interactivité
Deux ans après sa diffusion sur Netflix, la série Mercredi débarque enfin en Bluray avec… zéro bonus ! Pas d’interviews, pas de making of, pas de scènes coupées, même pas de petites reportages promo pour faire illusion… Vu le succès du programme s’est assez effarant.
Liste des bonus
Aucun.