MASSACRE AU CAMP D’ÉTÉ

Sleepaway Camp – Etats-Unis – 1983
Support : Bluray & DVD
Genre : Horreur
Réalisateur : Robert Hiltzik
Acteurs : Felissa Rose, Jonathan Tiersten, Karen Fields, Christopher Collet, Mike Kellin, Katherine Kamhi
Musique : Edward Bilous
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et Français DTS Master Audio 2.0
Sous-titres : Français
Durée : 88 minutes
Éditeur : ESC Films
Date de sortie : 4 mars 2026
LE PITCH
Angela est envoyée dans un camp de vacances avec son cousin Ricky. Très solitaire, la jeune fille n’arrive pas à se lier d’amitié avec les autres adolescents. Mais petit à petit toutes les personnes qui se moquent d’Angela sont assassinées.
Des vacances mémorables
Slasher parmi les slasher, Massacre au camp d’été est l’une de ces nombreuses copies de Vendredi 13 qui débarquèrent sur les écrans aux cours des années 80. Le cadre est le même, mais le final, traumatisant, et l’atmosphère, déviante et malaisante, en font cependant un objet à part et nettement plus marquant que le tout-venant.
Robert Hiltzik, réalisateur dont c’est l’unique coup d’éclat, aura tout mis dans ce petit projet fauché : ses économies, ses souvenirs de vacances gamins mais aussi sans doute quelques remous de son inconscient. Le film marque immédiatement sa différence avec le modèle avoué signé Sean S. Cunningham en choisissant de vrais jeunes acteurs pour interpréter la plupart des adolescents réunis dans ce camps de vacances américain typique. Pas de grandes bimbos aux airs vaguement juvéniles, mais comme la petite Felissa Rose, incarnant ici le rôle principal d’Angela, mutique et à part depuis le décès de son père et son frère, des gosses tirant vers les 14 ans. De quoi crédibiliser clairement le tableau. Surtout qu’une fois encore là où d’autre jouent sur la caricature banale et la nostalgique bancale, le film d’Hiltzik prend beaucoup de soin à illustrer le quotidien des lieux, les diverses activités sportives, les soirées bals, les prises de bec dans les dortoirs, les amourettes… On se croirait presque parfois dans une véritable chronique adolescente, sauf que bien entendu un tueur rode et les victimes, parmi les adultes et les gamins, commencent à se multiplier. Comme une manière de rappeler que derrière ce petit paradis juvénile peut aussi très souvent se cacher une certaine violence (le harcèlement, les humiliations…), voir même une certaine perversité.
« Les joyeuses colonies de vacances euh… »
Celle-ci est directement incarnée par un cuistot matant les cuisses des jeunes filles en multipliant les sous-entendus et qui tentera d’agresser Angela, et même par le directeur du site, joué par le vétéran Mike Kellin (Meurtres sous contrôle, L’étrangleur de Boston…) n’hésitant pas à accepter un rendez-vous libidineux avec l’une des pensionnaires les plus développées. Ces détails scabreux, alliés à la férocité de meurtres aux effets parfois bien graphiques (ébouillantage, cadavre de noyé déjà décomposé, flèche en pleine gorge, décapitation…) et même une atroce défloraison au fer à frisé (hors champs mais tout de même), font véritablement de Massacre au camp d’été l’un des slasher les plus étranges et malsains qui soit. Autre particularité, et pas des moindres, le film accentue certains clichés de l’époque comme les shorts particulièrement saillants, les moniteurs musclés et poilus en crop-top, les sous-entendus viriles et gays, tirant régulièrement son esthétique vers le « Camp » et une certaine ambivalence sexuelle. Certaines bribes de flashbacks, montrant le père d’Angela surpris par ses effets lors d’un câlin avec son amant, distillent même des notions particulièrement étonnantes sur l’identité sexuelles pour l’époque. Le point culminant restant bien entendu cette terrifiante image finale révélant l’identité du tueur. Si celle-ci est loin d’être imprévisible, sa démonstration et sa remise en question de nombreux passages du film en font le climax absolu. Plus qu’une simple cerise sur le gâteau.
Un vrai classique du genre qui reste parfois assez maladroit et ne peut certainement pas cacher un budget étriqué, mais qui sait utiliser au mieux ses excellents effets spéciaux, les limites de l’espace de tournage et la bonne volonté de jeunes acteurs tout à fait convaincants, pour mettre régulièrement le spectateur dans une position inconfortable… et lui laisser une ultime image indélébile en tête.
Image
Si la copie source a déjà une petite dizaine d’année, elle fut cependant soigneusement restaurée par Shout ! à partir d’un scan 2K des négatifs originaux. Le matériel n’est presque pas pris une ride, avec ses cadres particulièrement propres et stables, son maintien de grain d’origine et sa rehausse charmante d’une colorimétrie ensoleillée et vive. On est très très loins des anciennes copies distribuées en DVD ou VHS et qui ne reflétaient que l’image d’une production bas de gamme. Massacre au camp d’été ressemble plus que jamais a une comédie de vacances… avec quelques surprises en plus.
Son
Les deux pistes sonores proposées préservent leur mono d’autrefois, mais diffusé via des DTS HD Master Audio 2.0 nettement plus clairs. Pas forcément de quoi véritablement sauver la version française cela dit, aux voix régulièrement too much et au niveau sonore totalement écrasé. Si la version originale laisse parfois échapper quelques prises inégales (post-synchro, effets d’écho…) le rendu est clairement plus naturel et énergique.
Interactivité
Longtemps attendu par les amateurs de films d’horreur et de curiosités, Massacre au camp d’été se dote enfin d’une édition Bluray en France. ESC Films l’inclut comme il se doit dans ses Slash’Edition avec fourreau cartonné, livret bien documenté et les habituels goodies papier.
Pour les disques, l’éditeur français reprend une bonne part des suppléments US avec les trois commentaires audios (seul celui du réalisateur est sous-titré) qui offrent pas mal d’anecdotes et de regards nostalgique sur le tournage, mais qui auraient effectivement mérité d’être remonté en un seul pour offrir un rythme plus soutenu et limiter les redites. De toute façon la plupart des informations sont contenues dans l’excellent documentaire rétrospectif de 45 bonnes minutes ou le réalisateur, les acteurs, mais aussi l’excellent maquilleur Ed French (CHUD, Creepshow 2…), reviennent sur toute la naissance du projet, ses trouvailles, son impact… mais aussi la romance adolescente qui naquit entre les deux acteurs principaux et qui créa quelques tensions parfois pour le reste de l’équipe. La personnalité exubérante et chaleureuse de Felissa Rose fait beaucoup au plaisir du visionnage.
On peut aussi découvrir un court métrage hommage assez amateur, Judy, produit pour le site officiel du fan club de Sleepaway Camp, un segment plutôt didactique sur la restauration du film et une curiosité tout à fait française. Une présentation du film effectuée par un Christophe Bier, spécialiste du bis et du ciné à la marge, qui pour mieux aborder les contours camp du film et dresser un petit historique du croisement entre ciné d’horreur et représentation de la culture gay et trans, s’offre une petite discussion avec sa part féminine. Qui lui va très bien il faut le dire.
Liste des bonus
Un livret (32 pages), 5 photos d’exploitation, Une planche de stickers, Une affiche collector, Commentaires audio avec le scénariste et réalisateur Robert Hiltzik, modéré par Jeff Hayes (VOSTFR), Commentaires audio avec les acteurs Felissa Rose et Jonathan Tiersten (VO), Commentaire audio avec Robert Hiltzick et Felissa Rosa (VO), « Au bord du lac après la fête : l’héritage de Massacre au camp d’été » : documentaire retrospéctif (45’), Bonus inédit autour du film, Court métrage : « Judy » de Jeff Hayes avec Karen Fields (2014, 15’), Reportage sur la restauration du film (9’), Bande-annonce d’époque.








