MAGIC

Etats-Unis – 1978
Support : Bluray & DVD
Genre : Thriller
Réalisateur : Richard Attenborough
Acteurs : Anthony Hopkins, Ann-Margret, Burgess Meredith, Ed Lauter
Musique : Jerry Goldsmith
Durée : 107 minutes
Image : 1.78 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titres : Français
Editeur : Rimini Editions
Date de sortie : 12 février 2021
LE PITCH
Formé par le vieux Merlin, l’illusionniste Corky Withers rencontre le succès à partir du jour où il introduit dans son spectacle une marionnette à son image, nommée Fats. Ventriloque, Corky détourne l’attention du public grâce aux plaisanteries de Fats : autant Corky est gentil et effacé, autant Fats est vulgaire et agressif. Bientôt possédé par sa marionnette, celle-ci l’entraîne à commettre des actes diaboliques et meurtriers.
Mini-him
La poupée diabolique est l’un des vastes thèmes résurgent du cinéma fantastique… plus encore lorsque cette dernière s’avère une marionnette pour ventriloque. Un double d’autant plus inquiétant qu’il est animé ici par un Anthony Hopkins déjà particulièrement doué pour filer les chocottes d’un simple regard.
Adapté de son propre roman par William Goldman (L’Ombre et la proie, Les Hommes du président…), Magic ne cache absolument pas son inscription dans une longue tradition de poupées de ventriloques « possédées », inquiétants les spectateurs depuis les premières représentations par leur animation suspecte de traits mécaniques. Directement et officiellement inspiré du fameux sketch de l’anthologie Au Cœur de la nuit (exactement comme le mémorable épisode de La Quatrième dimension et le plus satanique La Poupée diaboliques), Magic repose cependant, malgré son titre volontairement trompeur, sur un postulat beaucoup plus psychologique. En dehors de quelques détails curieux où on hésite entre l’accident heureux et la petite manipulation sadique, Fats ne s’échappera jamais pour aller commettre quelques meurtres sanglants comme son petit-fils rigolard Chucky. Fats est une vraie poupée, constamment collée à son manipulateur, Corky, magicien d’une timidité maladive enfin sur la voie du succès. Un personnage extrêmement fragile, souvent au bord de colère et de tremblements incontrôlables, incarné par un Anthony Hopkins encore peu connu (il jouera dans Eléphant Man deux ans plus tard), mais déjà particulièrement impressionnant dans la fébrilité et l’intensité de son jeu.
Tout vient du ventre
Son rapport toujours ambivalent avec sa poupée, son double, qui lui permet de se protéger sur scène, mais aussi d’exprimer sa part d’ombre, ses pensées plus mordantes, tirent nettement le film vers le thriller psychologique habile, où il parait évident que peu à peu Fats prend le contrôle de son créateur, quitte à lui voler la parole, puis le libre arbitre. Une construction et une montée en puissance implacable dont l’enjeu reste la santé mentale de Corky hésitant entre s’échapper avec une Ann-Margret d’une sobriété étonnante, ou plonger définitivement dans une schizophrénie de plus en plus envahissante. Un état mental qui d’ailleurs transforme le cadre, au départ on ne peut plus réaliste et lumineux, glissant vers des éclairages plus marqués, une atmosphère limite gothique, inspirée en partie par Psychose. Pas étonnant que ce travail soit en grande partie porté par le compositeur Jerry Goldsmith, habile ré-orchestrateur de Bernard Herrmann, qui délivre une nouvelle partition envoûtante entre thème mélancolique et envolées tendues.
Surtout connu pour ses films de guerre (Un Pont trop loin) et ses hagiographies empruntées (Cry Freedom, Gandhi…) et pour avoir été le gentil papy de Jurassic Park, Richard Attenborough ne semblait pas de prime abord le metteur en scène idéal pour ce genre de psycho-thriller moderne, mais il faut reconnaître que la finesse de sa direction d’acteur et l’académisme certain de sa réalisation apportent une crédibilité certaine à Magic, un réalisme presque mélodramatique où les sorties verbales de Fats et ses traits enfantins et grotesques, visions déformées d’Hopkins, tranchent plus encore. Magic n’est pas un film d’horreur à proprement parler, mais cela ne l’empêche pas de provoquer quelques vrais frissons…
Image
Rimini a manifestement été obligé de faire avec le même master que ses lointains voisins anglais et américains. Soit une copie certes très propre mais qui a été marquée par une upgrade HD uniquement numérique avec parfois de lourdes retouches à l’aide de logiciels peu discrets. Le grain est épais et pas toujours des plus élégants et la définition n’est pas aussi pointilleuse qu’elle devrait l’être. Dans l’ensemble le visionnage reste tout à fait agréable et dépasse bien entendu le neigeux de l’ancienne sortie DVD, avec des couleurs brunes bien présente et des contrastes relativement bien dessinés.
Son
Un peu étriquées, les pistes sonores mono d’origines auraient aussi mérité un véritable travail à la source, mais en l’état elles restent assez confortables. Les dialogues sont sobrement posés, et c’est comme souvent Jerry Goldsmith qui vole aisément la vedette et donne une vraie ampleur au mixage sonore.
Interactivité
Elle est toujours aussi belle cette collection des petits classiques du cinéma fantastique par Rimini avec un visuel de fourreau encore une fois des plus efficaces, et qui contient un nouveau livret making of très informatif signé Marc Toullec. L’objet est réussi, l’interactivité sur le disque Bluray peut-être un peu moins convaincante avec des segments récoltés partiellement sur une édition DVD de 2006. Le long sujet sur la ventriloquie en compagnie du marionnettiste du film mélange une traversée de ces poupées au travers des années et quelques anecdotes du film, tandis que l’interview du directeur photo permet surtout à Victor Kemper d’accaparer la réussite formelle du métrage. On trouve aussi quelques images des essais de maquillage d’Ann-Margret et deux interviews d’époque d’Hopkins. Une très rapide à la radio, l’autre plus amusante pour la télévision espagnole dans laquelle l’acteur revient sur ses apprentissages de la magie et de la ventriloquie.
Liste des bonus
Livret 24 pages, Interview Anthony Hopkins (6’), Interview radio Anthony Hopkins (3’), Interview de Victor Kemper, directeur de la photo (11’), Tests maquillages Ann-Margret (1’), « Fats et ses amis », une histoire de la ventriloquie (27’), Bande-annonce.