MA BARKER ET SON GANG

Ma Barker’s Killer Brood – Etats-Unis – 1960
Support : DVD
Genre : Film noir
Réalisateur : Bill Karn
Acteurs : Lauren Tuttle, Tristram Coffin, Paul Dubov, Nelson Leigh, Myrna Dell…
Musique : Gene Kauer
Durée : 86 minutes
Image : 1:33 16/9
Son : Anglais Dolby Digital 2.0
Sous-titres : Français
Éditeur : Artus Films
Date de sortie : 02 décembre 2020
LE PITCH
A la grande désapprobation de son mari, Kate Barker encourage ses enfants à piller les troncs d’églises. Lorsque le jeune Herman est arrêté pour avoir dévalisé une attraction foraine, le shérif local chasse la famille de la ville. Quelques années plus tard, « Ma » et ses fils figurent en tête de liste des gangsters les plus recherchés des Etats Unis, lesquels, tels Mitraillette Kelly ou Alvin Karpis n’hésitent pas à s’associer avec le désormais redouté gang Barker.
Imprimer la légende
S’il y a bien quelqu’un dont l’image publique a éclipsé la vie réelle, c’est bien Arizona Barker, surnommée Ma Barker par la presse et les autorités de l’époque. Avec ses fils elle aurait organisé et participé à plusieurs braquages et enlèvements aux Etats-Unis dans les années 30 et a trouvé la mort lors d’une fusillade avec le FBI en 1935. Son histoire a inspiré de nombreux récits et Ma Barker et son gang, qui sort en DVD, fut le premier film à mettre en scène la célèbre hors-la-loi.
Edgar Hoover l’avait désigné comme « Le cerveau criminel le plus vicieux, dangereux et ingénieux des années 30 » mais il semblerait que la réalité soit très éloignée de cette description. De nombreux témoignages de personnes l’ayant côtoyé affirment que la vraie Ma Barker était loin d’être le génie diabolique présenté par les autorités. C’était en fait une femme peu dangereuse, qui certes, aidait ses enfants lors de leurs méfaits mais plutôt en leur servant d’alibi que de leader. Cette image servie surtout à Hoover à légitimer la mort d’une femme inoffensive des mains du FBI.
Une fiction qui a très largement dépassé la réalité puisque Ma Baker est carrément devenue un archétype de personnage dans la culture populaire.
Ma Ma Ma Ma…
L’image de la matriarche qui accompagnait ses enfants pour braquer des banques comme d’autre les amenaient à l’école a tellement marqué les esprits que les personnages inspirés de Ma Barker sont apparus peu de temps après sa mort. Ma Webster dans Queen of the Mob en 1940, Ma Jarrett dans le chef d’œuvre L’enfer est à lui de Raoul Walsh, et on en retrouve des déclinaisons jusqu’à Gotham City, face à Batman dans la série des années 60 (Ma Parker), face à Lucky Luke (Ma Dalton), dans la Bande à Picsou (Ma Rapetou) et aussi dans les Goonies (Ma Fratelli) et bien sûr dans la chanson de Boney M, Ma Barker.
Sortit en 1960, Ma Barker et son Gang est le premier film à utiliser les vrais noms et, à en croire le panneau d’introduction, de raconter les vraies exactions de la famille Barker. Plus proche de sa légende que de la réalité, Ma est ici une femme sans foi ni loi, encourageant ses enfants quand ceux-là se lancent dans des activités frauduleuses et grondant celui qui voudrait se lancer dans la musique.
Le film de Bill Karn ne fait donc pas vraiment la part belle à la psychologie de ses personnages, on est ici dans une série B d’action qui ne cherche rien d’autre qu’a montrer Ma telle qu’on fantasme le personnage, mitraillette Thompson à la main et cheffe de la pègre ayant à ses ordres des pointures comme John Dillinger, Baby Face Nelson et Machine Gun Kelly. Interprétée avec énergie par Lauren Tuttle, Ma Baker n’a rien à envier au Tony Camonte de Scarface ou aux personnages de James Cagney au niveau de l’agressivité.
De bonnes références mais qui au moment de la sortie du film sont déjà des titres qui datent d’une trentaine d’années et le genre du film a énormément évolué depuis. Ma Barker et son gang est un film excessivement daté pour l’époque à laquelle il sort, par sa technique (format 1.33 et noir et blanc), son scénario qui reste en surface du fantasme populaire sans jamais chercher à approfondir ses personnages et une production qui tombe assez souvent dans l’amateurisme avec des apparitions de perches micro dans le champ et des anachronismes (les voitures datant des années 50).
Pas étonnant alors que le film ait très vite disparu des esprits et soit tombé depuis dans le domaine public, sa sortie en DVD en 2020 est donc réservée aux collectionneurs ou aux amateurs de films de gangsters (mais pas trop exigeants) mais permet au moins d’imaginer que l’invention d’Edgar Hoover a encore de beaux jours devant elle.
Image
Le film étant assez inconnu et tombé dans le domaine public, le master utilisé pour le DVD reste correct mais souffre de nombreux soucis surtout au début du film. Saute d’images, moirage, problème de stabilité d’image. Le rendu souffre du petit budget du film et donc de son manque d’entretien au fil des années.
Son
Uniquement en Dolby Digital 2.0, la bande son du film ne fera pas vibrer votre salon mais le mixage est bien équilibré, les voix sont claires et la part belle est faite aux nombreuses fusillades.
Liste des bonus
Bandes-Annonces.





