LICORICE PIZZA

États-Unis – 2021
Support : Bluray
Genre : Comédie romantique
Réalisateur : Paul Thomas Anderson
Acteurs : Alana Haim, Cooper Hoffman, Will Angarola, Griff Giacchino, Sean Penn, Tom Waits, Bradley Cooper…
Musique : Jonny Greenwood
Durée : 133 minutes
Image : 1.78 16/9
Son : DTS HD Master Audio 5.1 Anglais, Français, Allemand…
Sous-titres : Allemand, Espagnol, Français, Néerlandais, Tchèque…
Éditeur : Universal Pictures
Date de sortie : 1er juin 2022
LE PITCH
1973, Californie. Alana, 25 ans, croise Gary, 15 ans. Lui est persuadé d’avoir trouvé l’amour de sa vie. Elle pas du tout. Au fil du temps, une relation complexe et intense va se développer entre eux.
Summer Girl
En 1997, après un premier film passé sous les radars, la patte et la plume de Paul Thomas Anderson explosent sur tous les écrans : Boogie Nights cartonne, impose un talent inné pour la réalisation et l’écriture et est suivi quelques années plus tard par Magnolia qui finit d’enfoncer le clou. Puis vient l’excellent Punch-Drunk Love, le rugueux There Will Be Blood… Celui que tout le monde surnomme désormais PTA, semble passer d’un genre à l’autre avec une aisance folle, impose ses choix artistiques quittent à se mettre quelques exécutifs à dos et trace sa route à grand coup de films chorale à la narration éclatée entre tous ses personnages. Plus de vingt ans et seulement huit films plus tard, il nous revient aujourd’hui avec peut-être, après la crise planétaire du Covid, son œuvre la plus personnelle, la plus intime.
Licorice Pizza (pizza à la réglisse, nous y reviendrons) prend donc place dans les années 70 sous le soleil de Californie. Là où Paul Thomas Anderson est né en somme. On y fait rapidement la connaissance de Gary (Cooper Hoffman), adolescent de 15 ans débordant d’énergie et aux hormones en ébullition. Croiser la route de la belle Alana (la chanteuse Alana Haim), de dix ans son aînée, ne va pas arranger son état. D’abord amusée par le jeune freluquet, Alana va peu à peu se lier d’amitié avec lui avant de s’en rapprocher de plus en plus, mais toujours de manière tout à fait platonique. Clairement, ils s’aiment. Mais finiront-ils pour autant ensemble ? L’enjeu principal est posé.
Once Upon A Time In California
Fidèle à sa plume, PTA nous livre alors une (b)romance qui ne ressemble à aucune autre, délestée du poids des clichés, des banalités trop convenues, des apparences policées (jamais les peaux n’ont parues aussi adolescentes) et qui ne cesse de jouer avec le quatrième mur mais sans en avoir tout à fait l’air. Gary est ainsi un enfant de la balle qui a ses entrées à Hollywood (qu’il finira par gâcher à cause d’une blague de sale gosse), doté d’un esprit d’entrepreneuriat plutôt déroutant pour son âge et qui ne cessera de rebondir de projet en projet avec, toujours à ses côtés, sa muse Alana. De son côté, la jeune femme l’accompagnera tout en tentant de se faire elle aussi une place dans le monde très fermé du spectacle et vivre quelques relations amoureuses malgré le poids d’une famille à la judéité écrasante.
Ces personnages finalement assez proches de l’enfance du réalisateur, évoluant dans des lieux que lui-même arpenta, à une époque marquée par des faits d’actualité que le scénario n’oublie pas de citer, donne au film (toutes proportions et thèmes gardés) un parfum à la Il était une fois à… Hollywood. Sentiment que viennent un peu plus confirmer la présence du propre fils du regretté Philip Seymour Hoffman (acteur dirigé cinq fois par PTA) dans la peau de Gary, celle de tous les membres de la famille d’Alana Haim dans leur propre rôle, les jeux outranciers de quelques guests (Bradley Cooper, Sean Penn) et un climax tendu et inattendu qui auraient tout aussi bien pu avoir leur place dans le film de Tarantino.
L’importance de la famille (on y croise aussi le père de Leonardo DiCaprio), du monde du spectacle (le film est dédié à Robert Downey Sr., cinéaste père de), de la musique, omniprésente grâce au très bon score de Jonny Greenwood et gravée dans le titre même du film (a licorice pizza c’est un vinyle mais aussi une chaîne de disquaires de l’époque) dressent donc le patrimoine génétique de Paul Thomas Anderson lui-même, qui livre bien avec Licorice Pizza son œuvre la plus intime et, grâce à son duo improbable, la plus touchante.
Image
La volonté d’une image imparfaite, granuleuse, aux couleurs passées ou saturées joue à plein et est transcendée par un support numérique qui prouve qu’il peut encore faire des merveilles loin des banales images trop léchées et sans aspérités. Quant aux visages, les plus adolescents transpirent de sébum tandis que les plus hollywoodiens infligent leur perfection.
Son
Un beau DTS-HD 5.1 qui met en valeur le très bon score de Greenwood mais sait aussi donner le meilleur à une bande son qui ne manque pas de panache. Et ce même quand elle se fait plus discrète, pour accentuer la tension palpable d’un climax réellement étonnant.
Interactivité
Une section bonus à l’image du film : loin des banalités habituelles. En lieu et place d’un making of on a donc droit à quelques essais de caméra, à des extraits du tournage entrecoupés de photos prises à la dérobée… Quelques scènes coupées ou rallongées viennent compléter la section.
Liste des bonus
Essais de caméra (4’14), La scène de Mr. La Peluche (2’19), La pub Fat Bernie’s (0’58), Les coulisses du tournage (10’37).