LES GRANDS ESPACES

The Big Country – États-Unis – 1958
Support : Bluray & DVD
Genre : Western
Réalisateur : William Wyler
Acteurs : Gregory Peck, Jean Simmons, Carroll Baker, Charlton Heston, Burl Yves, Charles Bickford…
Musique : Jerome Moross
Durée : 166 minutes
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais, français
Sous-titres : Français
Éditeur : Sidonis Calysta
Date de sortie : 17 novembre 2022
LE PITCH
Ancien officier de marine, James McKay rejoint sa fiancée Patricia Terril dasn l’Ouest. Fraîchement accueilli par Steve Leech secrètement amoureux de la jeune femme, il se retrouve immédiatement mêlé à un conflit, de longue date opposant le père de sa fiancée à Rufus Hanassey, l’autre grand propriétaire terrien de l’État. Autant les Terrill que les Hannassey convoitent les terres de la belle et indépendante Julie Maragon, domaine où se situe le principal point d’eau de la région…
à l’ouest rien de nouveau
Avec son formidable casting, sa musique emblématique du genre et ses paysages de rêve, Les grands espaces demeure un grand western subtil et spectaculaire, véritable parabole sur la violence. Film fleuve (2h45) et épique, il s’avère toujours aussi passionnant de nos jours et ressort dans une magnifique version 4K qui lui rend parfaitement hommage.
Dès les premières images, le film justifie son titre de la plus belle des manières en nous proposant un superbe générique tourné dans les superbes décors naturels de l’Ouest américain (le film fut tourné en Californie et en Arizona). On y voit le convoi de McKay, joué par un Gregory Peck impeccable, aller vers son destin, à l’Ouest, le tout souligné par la composition musicale de Jérome Moross, épique à souhait. Ainsi en quelques plans, William Wyler (le plus nominé, 12 fois, aux Oscars du meilleur réalisateur qu’il remporta à 3 reprises) plante le décor d’un des plus beaux westerns qui utilise ici à merveille le format Technimara. Grands espaces, grand format, grand western !
Malgré un sujet à priori peu original, une guerre de territoires entre propriétaires terriens, Les grands espaces décide de suivre cette histoire de vendetta via le regard d’un homme de l‘Est sans cesse en décalage avec ses nouveaux voisins. A la limite de la caricature, Wyler s’évertue d’abord à nous montrer les différences entre Peck, le snob sophistiqué, humaniste ne confondant pas le sens de l’honneur avec l’envie d’en découdre au contraire de ses nombreux antagonistes. Parmi lesquels on retrouve un Charlton Heston, qui un an avant Ben-Hur de ce même Wyler, ne tient qu’un second rôle, toutefois remarquable. L’interminable bagarre avec Peck aux portes du désert, éclairée par la lune, reste d’ailleurs un grand moment de cinéma reflétant la futilité de la violence …
Et au milieu coule une rivière
Considéré par un lâche par sa blonde fiancée (jouée par la divine Carroll Baker) pour ne pas avoir répliqué à une provocation d’un membre des Hannassey, (Chuck Connors très convaincant) Peck se réfugiera finalement dans les bras de la brune Jean Simmons (Spartacus). Les femmes tiennent en effet ici des rôles centraux ayant du pouvoir, du caractère et pour Simmons un héritage cristallisant toutes les tensions : une prairie où au milieu coule une rivière, les Hannassey d’un côté, les Terrill de l’autre…
C’est en cela que le film de Wyler lorgne alors vers une parabole sur l’inutilité de la violence, en même temps qu’une allégorie sur la Guerre Froide alors en cours. Car McKay le pacifique imagine qu’en achetant ces terres, il achètera la paix nonobstant le passé et les multiples contentieux de deux patriarches autoritaires et violents incarnés par Charles Bickford et l’énorme Burl Yves (La forêt interdite), qui impressionne à chaque apparition.
Alors que certains pourront juger le film trop long et académique, on ne s’ennuie guère devant ce formidable spectacle alternant scènes spectaculaires (le final dans le Canyon, le duel entre Connors et Peck, la bagarre au milieu de la nuit…) et de subtiles séquences permettant à chaque personnage d’influencer sur l’histoire. Désormais disponible, grâce à Sidonis-Calysta, dans une version 4k qui redonne au film tout son caractère, Les grands espaces s’avère être un indispensable pour les amoureux du western américain.
Image
Cette copie HD tirée d’un Master HD 4K, restauré par l’Academy Film Archive, redonne au film ses lettres de noblesse. En effet, le Technirama et son format large est parfaitement rendu. Les arrière-plans fourmillent de détails, l’image est propre et précise, les couleurs chaudes et équilibrées. Un régal.
Son
Les deux versions sont proposées en Mono 2.0 et sont de qualité. Aucun souffle à déplorer et la musique de Moross fait son petit effet. La VF est moins énergique que la VO mais reste claire.
Interactivité
Sidonis-Calysta conclut cette belle édition par deux heures de bonus qui raviront les amateurs ! On retrouve évidemment les deux compères Jean-François Giré et Patrick Brion pour présenter le film. Si le premier est très enthousiaste et souligne les nombreuses qualités du film, le second le trouve trop long et remet en cause la direction d’acteurs de Wyler le perfectionniste : « Heston lui a échappé ».
Les interviews croisées de Peck, Heston et Wilder sont très intéressantes. Peck rappelle sa contribution en tant que coproducteur du film, un rôle qu’il regrette d’ailleurs ! Le tournage ne fut en effet pas des plus faciles, Jean Simmons refusera longtemps d’en parler tandis que Peck et Wyler eurent une altercation et ne se parlaient plus sur la fin du tournage. Heston est plus positif et imite superbement le réalisateur, natif de Mulhouse. Enfin, Wilder déclare que « les films de Wyler transpirent la classe » et raconte des anecdotes croustillantes sur différents quiproquos qu’ont connu les deux réalisateurs du fait de la ressemblance de leurs noms…
Les autres bonus ont une valeur historique tels ce spot tv d’ABC ou ce reportage sous forme de promo très « Old school » ! Enfin, le documentaire sur Wyler avec intervention du cinéaste est passionnant. A noter qu’il mourut trois jours après le tournage… De nombreux intervenants rappellent l’importance du réalisateur de Ben-Hur qui fit remporter de nombreux oscars à ses différents interprètes tout en signant des films dans des registres divers et variés.
Liste des bonus
Présentation par Jean-François Giré (25’), Présentation par Patrick Brion (11’), Gregory Peck, Charlton Heston, Billy Wilder parlent du film (23’), Documentaire sur William Wyler (1986, 55’), Reportage sur le tournage (5’), TV promo (1’).