LES SUPER FLICS DE MIAMI

Miami Supercops, I poliziotti dell’ottava strada – Italie – 1985
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Action, Comédie
Réalisateur : Bruno Corbucci
Acteurs : Terence Hill, Bud Spencer, C.B. Seay, William ‘Bo’ Jim, Ken Cresne, Jackie Castellano…
Musique : Carmelo La Bionda, Michelangelo La Bionda
Image : 1.66 16/9
Son : Anglais et Français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titres : Français
Durée : 96 minutes
Editeur : BQHL Editions
Date de sortie : 29 mai 2025
LE PITCH
Non sans rencontrer de grosses difficultés, Doug Bennet, un policier en activité, parvient à convaincre Steve Forest, son ancien équipier désormais pilote d’hélicoptère, de reformer leur tandem. Leur objectif : coincer Joe Garrett, un braqueur dont le pactole de 20 millions de dollars reste introuvable. Celui-ci ayant été éliminé, les choses se compliquent vite. Pour mieux mener l’enquête, Bennet et Forest se fondent dans le paysage en se faisant passer pour des policiers ordinaires.
« J’suis trop vieux pour ces conneries »
Dernier film du quorum déconnant des aventures cinématographiques de Terence Hill et Bud Spencer (Petit papa baston sorti 10 ans plus tard résonne surtout un sursaut nostalgique), Les Super Flics de Miami sent effectivement le chant du cygne. Les héros sont fatigués, les blagues ont du mal à passer et même le décor américain ne fait plus franchement rêver.
En 1977 Enzo Barboni avait embarqué les deux potes ritals sur les terres américaines avec le célèbre Les Deux super flics, comédie bien dosée et effectivement des plus divertissantes qui avait ouvert une nouvelle voie plus « internationale ». Quelques sept ans plus tard Les Super flics de Miami vient plus ou moins clore cette parenthèse californienne en offrant une suite déguisée à ce qui reste l’un de leur plus gros succès. Si les noms des deux policiers ne sont plus tout à fait les même et que celui joué par Bud Spencer est ravi d’être désormais à la retraite, instructeur pour baptême de l’air, impossible de passer à coté de la confusion tout à fait volontaire sur ce point-là. Suite ou pas, mais suite quand même, Les Super Flics de Miami est cette fois-ci emballé par le prolifique Bruno Corbucci, frère de Sergio pour lequel il écrivit un certain Django, et réalisateur plutôt scolaire spécialiste à la fois de la comédie lourdingue et azimutée (Les Rangers défient les karatékas…) et du polar populaire (Brigade Anti-mafia, Brigade Anti-gangster…). Le film en question ici aurait pu dès lors constituer un croisement idéal pour ces deux branches de sa filmographie, mélangeant ce qui aurait pu devenir une enquête plutôt roublarde dans les milieux criminels et huppés de Miami, et la grosse farce enfantine comme l’adore les deux têtes d’affiches, bien rodés dans leur numéro de camarades mal assortis.
Ce n’est qu’un au-revoir
Étonnement, le résultat s’avère autant avare sur les deux ingrédients, laissant bien souvent l’humour de côté (ou alors il est tellement lamentable qu’on ne l’aperçoit plus), pour mieux se consacrer à un scénario bien laborieux où les héros se sentent obliger de faire un point avec leur commissaire à chaque nouvel indice découvert. Il est bien question ici de ramification avec une ancienne affaire, de documents compromettants dissimulé par un truand exécuté, d’une mission d’infiltration en uniforme pour les héros, et bien entendu de petites romances en périphéries, mais tout est traité avec la même platitude. Réalisateur pas vraiment excitant en général, Bruno Corbucci affirme ici une mise en scène froide et figée directement dans la lignée des mauvaises séries policières américaines de l’époque. Un rapprochement avec la télévision qui vient d’autant plus facilement que tout le générique d’ouverture est une très mauvaise repompe de celui de Miami Vice, et que le thème musical du film, présent presque sans aucune pause, ne fait que singer avec un mauvais synthétiseur celui, culte, de Jan Hammer. On s’ennuie ferme dans Les Super flics de Miami, à l’instar des deux interprètes, plus de premières fraicheurs il faut bien le dire, qui semblent passer d’une scénette à l’autre en attendant la retraite (et le chèque), délaissant les habituelles chamailleries, les jeux de mots pourris et les castagnes à l’ancienne, remplacés en l’occurrence par quelques gunfights pépères.
Seule la dernière vraie scène du film, sorte de climax dans un entrepôt de produits alimentaires italiens retrouve un peu de l’entrain d’autrefois avec quelques bonnes baffes échangées sur fond de bruitage cartoon, et même un authentique massacre… de pots de sauce tomate recouvrant les hommes de main d’un rouge faussement sanglant. Un ultime petit sursaut en guise d’apothéose de 15 ans de cartons aux box officie européens, c’est un peu triste tout de même.
Image
BQHL continue de célébrer la grande filmographie populaire de Terence Hill et Bud Spencer avec de nouvelles copies 4K presque introuvables ailleurs. Des restaurations d’origines italiennes à priori qui ont bien rafraichi des sources souvent très abimées et ternes en leur offrant de nouveaux cadres nettement plus stables et franchement propres. Quelques utilisations de filtres numériques impactent plus lourdement certains plans où le grain peut glisser vers le bruit moins élégant, mais dans l’ensemble on note un vrai souci de préserver les matières marquées d’origines. La colorimétrie aussi gagne clairement en intensité et en contrastes avec des teintes flashy typiques des 80’s et des noirs assez profonds, mais là encore on pourra noter certains passages comme marqués de par légers reflets jaune / vert moins gracieux.
Son
Les monos d’origine sont rendus ici avec des DTS Master Audio 2.0 qui cherchent essentiellement la clarté. Une fois n’est pas coutume c’est la version doublée française qui se montre la plus énergique et la mieux équilibrée avec certes un peu de grésillements parfois en arrière-plan mais un rendu voix / ambiance bien plus convaincant… jusqu’aux performances des acteurs. Attention, 1985 et production italienne oblige, les personnes de couleurs (un jeune noir et un délinquant amérindien essentiellement) sont affublés d’accents gentiment racistes, et l’homosexuel de service est tout droit sorti de La Cage aux folles.
La version anglaise (pas d’italienne, dommage) semble plus sage et moins convaincue avec un niveau sonore plus bas.
Interactivité
Comme les autres titres de la collection, Les Super Flics de Miami est accompagné par une présentation signée Jean-François Giré, spécialiste bien connu du western italien et grand fan de Terence Hill et Bud Spencer. Un inconditionnel mais qui là tout de même a un peu de mal à défendre coûte que coûte le spectacle qu’il juge bien plus sage que les précédents, sans doute par l’ambition de se rapprocher du format des séries américaines. Cela ne l’empêche pas bien entendu de revenir sur les particularités et les charmes du duo et plus brièvement sur la carrière prolixe de Bruno Corbucci.
Liste des bonus
Entretien avec Jean-François Giré, auteur et réalisateur (24’).





