LES SEPT BÉRETS ROUGES & ÉCORCHÉS VIFS

Sette baschi rossi & Scorticateli vivi – Italie – 1969, 1978
Support : DVD
Genre : Guerre
Réalisateur : Mario Siciliano
Acteurs : Ivan Rassimov, Sieghardt Rupp, Kirk Morris, Pamela Tudo, Dale Cummings, Bryan Rostron, Mario Novelli, Giuseppe Castellano…
Musique : Gianni Marchetti, Stelvio Cipriani
Durée : 90 et 95 minutes
Image : 1.85 16/9
Son : Italien et français 2.0
Sous-titres : Français
Editeur : Artus Films
Date de sortie : 03 novembre 2020
LE PITCH
Au Congo, dans la région de Simba, des soldats sont sauvagement massacrés par des rebelles qui leur dérobent des documents précieux. Seul survivant, le capitaine Brandt rejoint le Quartier Général. Son colonel décide alors de former une troupe de 7 mercenaires, dont un Français, un Irlandais, un Africain et un Allemand, avec pour mission de récupérer les documents.
Rudy, un petit voyou sans envergure, part pour l’Afrique retrouver son frère. Celui-ci exploite une mine de diamants qui l’aiderait bien à éponger ses dettes. Rudy débarque en pleine révolution, son frère étant à la tête d’un commando de blancs contre les noirs.
Cinéma mercenaire
Artisan du cinéma italien dans ses belles heures, Mario Siciliano serait-il un auteur oublié ? L’homme d’une œuvre dont les réalisations se répondent même dix ans après comme c’est le cas avec Les Sept Bérets rouges et Écorchés vifs. Des images récurrentes, des ressemblances troublantes, des paysages…. Hé mais euh… On ne se foutrait pas un peu de notre … ?
Petit nom du cinéma populaire italien parmi beaucoup d’autres, Mario Siciliano a cependant débuté dans l’industrie du cinéma en œuvrant comme producteur sur quelques westerns, avant de doubler son office par l’écriture de quelques scénarios de copies de James Bond ou de comédies comme Go,Go, Play-boy, avant de passer enfin à la réalisation. Ce premier film n’est ni plus ni moins que Les Sept bérets verts qui comme le veut la tradition opportuniste du cinéma d’exploitation italien de l’époque n’est ni plus ni moins qu’un dérivé des Douze salopards de Robert Aldrich. Là aussi quelques belles gueules de vainqueurs, des mines patibulaires mais presque, des mercenaires d’horizons divers et variés qui attendent la moindre opportunité de régler leurs vieux différents, sauf que la Seconde Guerre Mondiale est déjà loin derrière eux et que ces vétérans se retrouvent en missions suicide au beau milieu d’une guerre civile congolaise. La frontière entre le bien et le mal est ainsi plus ténue encore, et Siciliano prend bien son temps pour faire affleurer quelques traces d’humanité derrière ce beau monde, avec une sympathie bien plus chaleureuse apportée aux deux personnages féminins, ouvertement sacrifiées sur l’autel de la guerre, et le Captain Lauderwood dont la couleur de peau provoque inévitablement quelques remontées nauséabondes du côté du sergent allemand. Une bande sous tension, parfois sexuelle même, que le cinéaste débutant met plutôt sobrement en valeur dans des dialogues parfois un peu long, n’évitant pas les clichés du genre, préférant sans doute célébrer quelques assauts meurtriers, quelques exécutions à la grande et un assaut final aux airs de western sur un train au milieu du désert. Du bon petit cinoche d’autrefois, franc et généreux, qui surprend même par sa proximité constante avec le survival ethnique confrontant directement ses anti-héros au paysage indomptable de l’Afrique et une population armée qui ne l’est pas moins.
Faux frère
Des débuts encourageants qui après un peu moins d’une dizaine d’autres réalisations (dont le sympathique Django ne prie pas et le rigolo Dépêche-toi Satana, je m’appelle Trinita), trouvent un étrange écho neuf ans plus tard avec un nouveau film de guerre africain : Écorchés vifs. Une trame sans doute plus resserrée autour de deux frères ennemis, et quelques victimes collatérales, qui vont transformer le beau continent en champ de bataille pour s’octroyer une poignée de diamants locaux. Accompagné par une bande sonore bien malade signée Stelvio Cipriani, l’opus plonge bien plus volontiers dans les déviances bisseuses, s’appesantissant sur quelques violences gratuites, caviardant la virée sanguinaire de scènes érotiques particulièrement gratuites le tout à grand renforts de misogynie virile et de massacres d’autochtones bronzés (et là on trouve plus difficilement le discours de tolérance). Un film beaucoup moins recommandable donc, surtout que Mr Siciliano fait plaisir à ses racines de producteurs à l’économie en piochant toutes les scènes coûteuses dans… Les Sept bérets verts. Un vrai jeu de truqueur, plutôt habile et filou il faut le dire, fait de dialogues capturés dans un studio recouvert tout à tour de bambous (pour la cabane), de fausses verdures (pour la jungle), d’échanges convaincus sur un arrières plans blanc aveuglant (on est dans le désert) et de scènes de batailles désormais uniquement présentées avec des belligérants de dos (et hop on ne reconnaît pas l’acteur !). Tout bonnement incroyable, délirant dans son jusqu’au-boutisme, et finalement presque délectable en double programme avec la pauvre victime de ce siphonnage éhonté.
Image
Si les deux films nous parviennent sur de simples supports DVD, ils sont tout de même proposés dans de superbes copies restaurées à partir d’un nouveau scan 2K. Un choix du support économique et compréhensible de la part de l’éditeur, et qui donne en tout cas naissance à des masters d’excellente tenues, joliment colorés et admirablement définis… pour de la SD.
Son
Forcément ça a parfois un peu trop de coffre et d’écho avec un doublage français bien daté, alors que la version italienne (postsynchronisée elle aussi) se pare d’une stabilité plus évidente. Dans les deux cas le confort est cependant bien présent.
Interactivité
Forcément ça a parfois un peu trop de coffre et d’écho avec un doublage français bien daté, alors que la version italienne (postsynchronisée elle aussi) se pare d’une stabilité plus évidente. Dans les deux cas le confort est cependant bien présent.
Liste des bonus
Présentation des films par Curd Ridel, Diaporama d’affiches et de photos.






