LES KEUFS

France, Italie – 1987
Support : Bluray
Genre : Comédie
Réalisateur : Josiane Balasko
Acteurs : Josiane Balasko, Isaach De Bankolé, Jean-Pierre Léaud, Ticky Holgado, Jean-Marie Marion, Patrick Pérez, Florent Pagny, Patrick Olivier…
Musique : Francis Agbo, Raoul Agbo, Manu Dibango & Stéphane Sirkis
Image : 2.40 16/9
Son : Français DTS Master Audio 2.0 mono
Sous-titres : Aucun
Durée : 97 minutes
Editeur : Rimini Editions
Date de sortie : 17 février 2026
LE PITCH
Inspectrice de police, Mireille Molyneux traque sans relâche les proxénètes en se faisant passer pour une prostituée. Elle finit par arrêter Charlie, un souteneur violent. Mais elle ignore qu’elle a été accusée de corruption : depuis, deux inspecteurs de la police des polices sont chargés de la surveiller jour et nuit.
Permis de se marrer
Seconde film écrit, réalisé et interprété par Josianne Balasko, Les Keufs fut un honorable succès lors de sa sortie salle (dans les 30 meilleures entrées de l’année 87) mais surtout un classique des diffusions télé les années suivantes. L’autrice y appuie son regard « social », mais avec cette fois un angle nettement plus populaire… et un peu policier.
Même si Sac de nœuds reste une œuvre indéniablement intéressante, entre l’esprit du Splendid et l’humour à froid et l’étrangeté d’un Bertrand Blier, l’expérience en elle-même aura été compliquée pour Josianne Balasko qui en ressortie lessivée et bien décidé à ne pas retourner de sitôt à la réalisation. Un Nuit d’ivresse plus loin, elle est cependant sollicitée par le producteur Jean-Claude Fleury (Diabolo menthe, Pinot Simple Flic…) pour porter à l’écran la petite comédie policière imaginée par Christian Biegalsko et Jean-Bernard Pouy (Sans peur et sans reproche). Le changement de genre et d’univers, plait indéniablement à cette dernière qui en profite bien évidemment pour retoucher les dialogues (sa spécialité) et creuser plus encore l’illustration crue mais progressiste sur le France de l’époque. L’intérêt du film est sans doute moins à voir du côté d’une enquête plutôt maladroite et qui semble trainer au pieds des personnages comme un boulet tout du long, avec au passage une peinture finalement assez caricaturale du monde de la prostitution. Le métrage est bien plus à l’aise dans son tableau d’un Paris cosmopolite où se croisent toutes les origines et les couleurs de peau.
Aux arrêts !
Mine de rien, Les Keufs met en avant une culture Black, Blanc, Beur encore peu commune et surtout s’amuse à débotter les incontournables préjugés qu’ils soient racistes ou machistes. Avec beaucoup de second degré et d’ironie, Balasko incarne une femme flic « qui a des couilles » et fait la prostituée bien gracieuse en mission d’infiltration, qui va devoir faire équipe avec un membre des bœufs-carottes (soit la Police des polices) interprété par Isaach de Bankolé, tout juste révélé par Black Micmac. Eux même jouent de leurs différences, se balancent des vacheries à la volée, apprennent à voir plus loin que leur nez et finissent par former un couple qui dépote. Le duo fonctionne à merveille il faut dire, en particulier quand ils se lancent dans un duetto souteneur / pute peroxydée échappé d’un épisode de Starsky et Hutch, lorsqu’ils ridiculisent un électeur du FN en lui renvoyant ses origines italo-yougoslaves au visage, où se vengent de deux bon gros néo-nazi dans le métro. Les Keufs n’est pas une comédie d’une grande finesse, ni d’une structure particulièrement ferme et tenue, mais il rattrape toujours ses faiblesses par l’efficacité de ses échanges et de grands moments de comédie théâtrale totalement affirmée. Les deux têtes d’affiche sont rejointes sur ce terrain-là par le copain Ticky Holgado en collègue gaffeur qui n’arrête pas de se prendre des objets dans la tronche et surtout un inattendu Jean-Pierre Léaud, sidérant en Commissaire Bouvreuil, colérique et survolté.
Plus comédie de situations, voir de gags même parfois, plutôt que trame policière, Les Keufs reste toutes ces années après un petit divertissement toujours aussi sympathique. Au-delà de la rigolade, il marque aussi un tournant dans certaines représentations problématiques à l’écran, que Balasko aborde avec l’irrévérence et la pertinence qu’on lui connait.
Image
Sortie de route pour la collection Balasko avec la copie des Keufs manifestement retravaillée à partir d’une ancienne copie vidéo, largement bidouillée (utilisation d’IA ?) avec un mélange de réducteur de bruit et d’effets de contours particulièrement disgracieux et artificiels. Certains plans sont toujours assez flous, d’autre neigeux, la plupart sont encore marqués par différents restes de taches, poussières et de points divers. Le tout affiche une définition lissée au couteau à beurre. Reste les couleurs, bien pimpantes, mais c’est peu.
Son
La petite stéréo d’époque, en DTS HD Master Audio 2.0, est bien moins problématique. Les dialogues y sont clairs, les musique s’y intègrent bien et les ambiances ne sont pas totalement absentes. Restent quelques échanges postsynchronisés qui sautent plus aux oreilles, mais là c’est le mix d’origine qui est responsable.
Interactivité
Comme pour le reste des titres de la collection, Les Keufs est proposé avec son fourreau cartonné et son boitier bluray scanavo. Sur le disque, on y retrouve l’actrice / réalisatrice qui se remémore son second passage à la réalisation, bien plus détendu, son entente avec les acteurs et sa volonté de marier comédie et policier. Toujours très sympa, même si elle ne creuse jamais la réflexion bien loin finalement.
Liste des bonus
Interview de Josiane Balasko (15’).







