LES FORÇATS DE LA GLOIRE

Story of G.I.Joe – Etats-Unis – 1945
Support : Bluray & DVD
Genre : Guerre
Réalisateur : William A.Wellman
Acteurs : Robert Mitchum, Burgess Meredith, Freddie Steele, Wally Cassell, Jimmy Lloyd…
Musique : Louis Applebaum, Ann Ronell
Durée : 109 minutes
Image : 1.37 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titres : Français
Editeur : Sidonis Calysta
Date de sortie : 1 juillet 2025
LE PITCH
Correspondant de guerre, Ernie Pyle suit pendant un an, les soldats de la Compagnie C du lieutenant Walker, lors de moments cruciaux de la Seconde Guerre Mondiale : la campagne d’Afrique du Nord, puis la libération de la Sicile et de l’Italie. Comme eux, il risque sa vie. Comme eux, il surmonte sa peur de manière à rendre compte de la terrible réalité des affrontements. D’ailleurs, certains des soldats auxquels il s’attache, tombent pour ne jamais se relever. Malgré les morts, les traumatismes et les blessés, les hommes de la Compagnie C continuent à monter au front…
G.I. Joe en avant !
Ce Story of G.I. Joe (titre bien plus juste que le français : Les forçats de la gloire) est sans doute un cas d’école. Non élégiaque, encore moins pamphlet, il ne désire que montrer la guerre. La vraie, celle de la vie des fantassins sur le front, de leurs attentes, de leurs peurs. Nous sommes en 1945, autant battre le fer lorsqu’il est encore chaud sur des braises encore fumantes.
L’intention du film est claire dès le départ. Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, il est temps de prendre le temps pour rendre hommage aux soldats, à ceux qui ont vécu sur le terrain, qui ont laissé, au mieux, une partie de leur âme loin de chez eux, lorsque ce n’est pas un membre ou la vie. L’approche du film est formelle ; elle prendra la forme d’un travail de documentariste, centré sur l’humain et non sur les batailles telles que le rapporte Ernest Pyle. Ce journaliste de guerre obtient le prix Pulitzer pour son récit en 1944. L’événement est abordé dans Les forçats de la gloire avec l’acteur Burgess Meredith dans ce rôle proche de la réalité. Le destin, tragique une fois de plus, verra l’auteur mourir sous les balles japonaises sur l’île d’Ie-jima lors de la bataille du Pacifique le 18 avril 1945, soit trois mois avant la sortie du film. C’est grâce à la ténacité du producteur indépendant Lester Cowan que cette histoire pourra voir le jour sur grand écran.
Holding Out for a Hero
Initialement prévu pour John Huston, le film échoit au vétéran William A. Wellman. Huston est alors occupé sur son documentaire de La bataille de San Pietro (que l’on retrouve en bonus dans l’édition présente), relatant à peu de chose près les événements de ses Forçats de la gloire. Pour la véracité de l’histoire, certains de ses plans se retrouveront dans le montage final du film de Wellman. Le metteur en scène connaît son travail, il a gagné le premier Oscar de l’histoire du cinéma avec son film de guerre Wings en 1927. C’est un homme engagé ; Pour ne rien laisser au hasard, il exprime le souhait de s’entourer d’une équipe technique composée de militaires pour ne pas trahir le destin de ces hommes. A l’instar d’un Band of Brothers, il s’attache à un groupe de fantassins lors de la campagne d’Italie menée par Robert Mitchum dans l’un de ses premiers grands rôles en tête d’affiche. Loin de se focaliser sur l’action, il les suit dans leur quotidien, où l’attente se mêle à la peur. L’ennemi est omniprésent mais on l’entend plus qu’on ne le voit. Il est dans les voix à la radio, dans le bruit des bombardements et lorsqu’il prend forme physique, il est le plus souvent identifié à des ombres lointaines. Les Allemands apparaissent rarement de manière frontale, à deux reprises seulement comme dans une séquence où des snipers tirent sur les soldats américains du haut d’une église. Nul doute que Tarantino devait avoir la scène dans le rétroviseur lors de son Inglorious Bastards.
La mise en scène de William Wellman mixe parfaitement l’art de la docu-fiction passant des gros plans sur les visages avec ceux plus larges et subjectifs sur les soldats. Il applique les stratagèmes du cinéma utilisant la bande son pour exprimer les massacres hors champs alternant avec des accalmies tout aussi pesantes. Pas besoin d’en rajouter pour exprimer l’épuisement physique et moral des soldats. Pourtant, cette chair à cannons essaient de briser le quotidien pour continuer à vivre ; deux soldat(e)s vont se marier entre deux assauts pour rappeler que le monde continue de tourner ; leur nuit de noce ne sera pas consommée mais profitera à un repos bien mérité dans les bras de Morphée.
Les forçats de la gloire n’est pas opportuniste malgré l’omniprésence de l’armée US, c’est une dédicace à tous les soldats partis combattre l’oppresseur pour des idéaux, un film universel et malheureusement toujours actuel qui n’a pas pris une ride.
Image
Le film date ; il a la forme d’un documentaire mais cela n’empêche pas le master de nous surprendre. Restauré à partir d’un scan 2K, le film garde sa patine, n’est jamais dénaturé pour mieux rentrer dans les contrastes. Les gros plans comme la pluie dégoulinant sur les habits ainsi que ceux sur les visages obtiennent des détails surprenants. Les extérieurs eux aussi ont de beaux restes, avec une belle maîtrise sur les profondeurs de champs notamment avec les plans de nuit aux beaux contrastes. Il est de ce fait assez aisé d’identifier les plans d’archives intégrés au film. Mais même là, la fluidité passe bien.
Son
Seule la piste originale est proposée ici. En 2.0 mono et DTS, celle-ci est suffisamment ample pour restituer le rendu vécu par les soldats. Les silences sont pesants et les explosions offrent un bon rendu comme ces moments où les G.I. sont confinés et où les dialogues surfent sur le bruit des détonations. Un hors champs sonore aussi fort que les images.
Interactivité
L’importance du film pour Olivier Père est telle qu’il ne pouvait refuser l’invitation. Son aspect documentaire et son destin sont passés à sa moulinette avec moult détails sur l’implication de l’équipe derrière ces Forçats de la gloire. En parfait complément de programme, on retrouve le documentaire La bataille de San Pietro, contribution de John Huston, soldat lors de la campagne d’Italie. Ce court-métrage fait partie d’une anthologie où des noms comme John Ford et Frank Capra ont ainsi contribué à l’effort de guerre pendant leur engagement patriotique auprès de l’armée américaine.
Liste des bonus
Présentation par Olivier Père (36’), « La Bataille de San Pietro » : 1945, (32’).






