LES DERNIERS JOURS DE MUSSOLINI

Mussolini ultimo atto – Italie – 1974
Support : Bluray
Genre : Drame, Historique
Réalisateur : Carlo Lizzani
Acteurs : Rod Steiger, Lisa Gastoni, Lino Capolicchio, Franco Nero, Henry Fonda…
Musique : Ennio Morricone
Durée : 130 minutes
Image : 1.85 16/9
Son : Italien et français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titres : Français
Editeur : Carlotta Films
Date de sortie : 2 septembre 2025
LE PITCH
En 1945, la République de Salò vit ses dernières heures. Mussolini, qui se trouve à Milan sous protection allemande, refuse de se rendre aux partisans du CLN Alta Italia comme lui propose le cardinal Schuster ; il décide de fuir vers la Suisse accompagné par sa maîtresse Clara Petacci et des cadres fascistes, dans l’espoir de se rendre aux troupes alliées et d’échapper aux partisans…
La tragédie d’un homme ridicule
Inédit jusqu’alors en Blu-Ray, Les derniers jours de Mussolini sort chez Carlotta Films. Le film de Carlo Lizzani demeure, près de cinquante ans après sa sortie, une oeuvre importante qui retrace dans le détail la chute du père du fascisme et la fin d’une période sanglante en Italie.
Immense acteur souvent cantonné aux seconds rôles, le génial Rod Steiger, qui aurait fêté ses cent ans cette année (il est mort en 2002) a droit à un bel hommage de la part de la maison d’éditions Carlotta Films. En effet, un ouvrage de Baptiste André Rod Steiger, briller dans l’ombre est paru en septembre ainsi que ce film de 1974 réalisé par Carlo Lizzani, Les derniers jours de Mussolini.
Alors en pleine période italienne (Il était une fois la révolution en 1971, Gli eroi de Tessari en 1973, Lucky Luciano en 1974), l’acteur américain qui incarna entre autres Napoléon ou Al Capone à l’écran s’attaque ici au Duce, Benito Mussolini. Et nul ne sera surpris par son incroyable prestation qui justifie à elle seule la vision d’un film, qui sans être un chef d’œuvre s’avère être une réussite parvenant à rendre accessible une période de l’Histoire italienne ô combien confuse. Sans entrer dans l’emphase ou l’empathie envers son personnage, Carlo Lizzani et Rod Steiger dressent le portrait d’un homme terriblement faible, quasi-ridicule, bien loin du « surhomme » fasciste qu’il crut incarner aux yeux du peuple italien. Sa fuite honteuse, ses compromissions incessantes ou sa relation avec sa maîtresse (campée par l’excellente Lisa Gastoni) font du Duce un personnage pathétique, tout simplement.
Italie, année zéro
Il faut dire que Carlo Lizzani, bien qu’il cherche à montrer une certaine objectivité ici, était un cinéaste ouvertement de gauche, proche du Parti Communiste italien alors très puissant…et ancien résistant. Mais au-delà de sa coloration politique, le cinéaste romain était un connaisseur de l’Histoire de son pays et par le biais de ses films, il en fut l’un des plus sérieux conteurs. La Seconde Guerre Mondiale occupe ainsi une part importante de sa filmographie qu’on pourrait qualifier de populaire, allant du film de genre à la fresque historique. Ainsi dès son premier film Achtung ! Banditi ! en 1951, Lizzani s’intéresse à l’époque du fascisme et les exemples sont légion (La chronique des pauvres amants, Le procès de Vérone, Remake de Rome ville ouverte…). Celui qui fut assistant de Roberto Rossellini sur Allemagne, année zéro signe avec Mussolini ultimo atto, un film nécessaire cherchant à désacraliser une figure qui reprenait vie dans le contexte des Années de plomb, entre attentats néo-fascistes et tentatives de coups d’État. Mais au-delà de l’aspect politique et pédagogique de cette œuvre, le réalisme et la minutie déployée par Lizzani permettent au film de ne jamais être ennuyeux malgré son classicisme, de tenir en haleine dans une ambiance confinant parfois au thriller.
La partition discrète mais mémorable d’Ennio Morricone, la photographie austère et laiteuse de Roberto Gerardi ainsi que l’implication d’un casting assez incroyable (Henry Fonda, Lino Capolicchio, Franco Nero…), font du long-métrage de Lizzani un film fort, intéressant, cherchant à cerner son sujet de part en part.
Image
Restauré en 2023 avec un nouveau master 2K, la version proposée est très propre, avec une palette de couleurs claires et réalistes. Le rendu manque parfois de piqué et d’intensité, mais reste finalement très proches des volontés initiales, respectant la source vaporeuse et granuleuse.
Son
Une bonne piste originale italienne qui permet d’apprécier la BO du maestro Morricone, ainsi que les dialogues clairs et aérés. La VF est moins puissante, mais reste recommandable.
Interactivité
Pour cette première sortie en HD en France du film, Carlotta nous propose en complément de la Bande-annonce d’époque, un entretien avec Jean-François Rauger, directeur de la programmation de la Cinémathèque française qui a a justement organisé une rétrospective dédiée à Lizzani en cette année 2025. Le critique revient sur la carrière d’un réalisateur qui toucha à tous les genres, qui fut aussi historien et critique de cinéma et qui développa une certaine idée d’un cinéma national et populaire, abordable et classique.
Liste des bonus
« Noir dessein » : entretien avec Jean-François Rauger (26’), Bande-annonce originale (2’).





