LES DENTS DE LA MER 2EME PARTIE

Jaws 2 – États-Unis – 1978
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Horreur
Réalisateur : Jeannot Szwarc
Acteurs : Roy Scheider, Lorraine Gary, Murray Hamilton, Joseph Mascolo, Jeffrey Kramer
Musique : John Williams
Image : 2.35 16/9
Son : DTS HD Master Audio 2.0 Anglais, DTS 2.0 mono français, espagnol, allemand…
Sous-titres : Français, allemand, espagnol, italien…
Durée : 116 minutes
Éditeur : Universal
Date de sortie : 05 juillet 2023
LE PITCH
L’horreur est terminée depuis bien longtemps maintenant. Quatre ans après que le célèbre requin blanc ait terrorisé la station balnéaire d’Amity, des vacanciers sans méfiance recommencent à disparaître, d’une façon qui semble trop familière. Seul un homme connaît la vérité…
A Smaller Boat
Difficile, voir impossible, de prendre la suite du premier Les Dents de la mer, film quasi-parfait, chef d’œuvre total de Steven Spielberg qui a inventé à lui seul au passage le concept du blockbuster (surprise) estival. Avec une certaine modestie et un sérieux inébranlable, cette 2ème partie s’y atèle avec un peu trop de docilité mais tout de même quelques belles performances.
En 1978, il n’était pas encore si fréquent de tourner des suites officielles opportunistes du dernier succès en date. Véritable déferlante qui a transformé Hollywood en plus d’ouvrir la voie à une pelleté de copies loin d’être mémorables, Les Dents de la mer a pourtant rapidement fait tomber les petites hésitations de la Universal et des deux producteurs David Brown et Richard D. Zanuck. Pas celles de Spielberg qui refusera catégoriquement de repartir au turbin. Après l’éviction d’un premier réalisateur jugé trop sombre et cruel (quel dommage !) la production se tourne vers un certain Jeannot Szwarc (qui signera ensuite Quelque part dans le temps, Supergirl), jeune réalisateur français qui n’a alors fait ses preuves qu’à la télévision américaine sur de multiples séries. Une efficacité, une certaine docilité forcément, mais aussi un professionnalisme qui rassure. Grand admirateur du film original et du style Spielberg, Szarc ne tentera jamais effectivement de se montrer plus ambitieux que le premier film, s’efforçant constamment de s’inscrire dans la continuité de celui-ci et, d’une certaine façon, de lui rendre hommage. Il en reprend ainsi cet équilibre difficile entre la mise en place très construite des personnages, ici essentiellement le Sheriff Brody (excellent Roy Scheider), une nouvelle fois seul contre les élus de la ville, et qui peine tout autant à convaincre sa famille de l’inévitable.
Dans le grand bain
Le réalisateur aime les personnages, la ville d’Amity, ses habitants et son atmosphère estivale et à quelque-peu tendance à s’y perdre un peu dans l’anecdotique, surtout lorsque comme pour répondre à la mode récente du slasher, le scénario se tourne généreusement vers un groupe d’adolescents qui finiront bien entendu par devenir les cibles privilégiées du requin. Les Dents de la mer 2 rejoue alors les mêmes séquences de plages, l’évacuation inutile dans la panique, les jeux d’eaux en contre-jours, les disputes avec le maire (qui n’a décidément rien appris de la tragédie précédente) mais surtout se montre beaucoup moins surprenant que son modèle, beaucoup moins tendu et rythmé. Dommage car de leur coté les quelques séquences chocs du film, en particulier cette attaque d’une surfeuse et du bateau qui la tirait, retrouvent en quelques instants par leur précision et leur montage, tout la force initiale. Jeannot Szwarc sait aussi qu’il n’a plus besoin de cacher la créature (même si sur le film de 75 ce n’était pas tout à fait un choix) et en profite généreusement pour étaler sa taille monstrueuse et une gueule bien flippante car marquée par une blessure bien graphique. Il faut reconnaitre que Les Dents de la mer 2 vaut finalement presque surtout pour sa dernière bobine où il n’est plus question de chasser le squale mais bien de tenter de sauver le fameux groupe d’ados recroquevillés sur leurs voiliers déchirés de toutes parts et regroupés en radeaux de fortune. Entre les victimes qui disparaissent comme aspirés par l’océan lui-même et les jaillissements terrifiants du requin, le final n’a pas la prétention d’être virtuose mais se révèle en tout toujours aussi efficace, spectaculaire et assez cruel.
Inégal mais plaisant et finalement très honorable, Les Dents de la mer partie 2 a aussi le grand mérite de permettre à l’immense John Williams de revenir approfondir et compléter sa bande originale culte avec une orchestration entre plus généreuse et une inspiration renouvelée. Pour le coup un vrai petit bijou.
Image
Universal reprend ici plus ou moins le matériaux 4K déjà aperçu sur le Bluray de 2016 (et glissé dans le boitier). Une restauration qui montre toujours quelques limites avec quelques restes de taches discernables et quelques plans (fondus, générique, visions sous-marines) au traitement DNR pas trop lourd mais là aussi assez visibles. Cependant l’ensemble du spectacle est tout de même très satisfaisant avec une image très nette et limpide, un piqué très présent, une photo riche et naturelle et surtout un étalonnage HDR qui redonne une incroyable intensité aux couleurs estivales et ensoleillées.
Son
Pas de changement sur les deux pistes sonores qui sont identiques au précédent Bluray. Le DTS HD Master Audio 2.0 du doublage français reste très écrasé et assez sourd dans ses effets, là où la version originale profite d’une restitution beaucoup plus claire et ferme. La musique de John Williams y trouve une bonne place, et les ambiances, avant mais dynamique, sont très convaincantes.
Interactivité
Après avoir quelque-peu agacé les amateurs par un disque Bluray ne proposant les bonus qu’en version anglaise (sans sous-titres) et uniquement via le menu anglais du disque, Universal rectifie le tir sur son UHD en les rendant accessible à tous comme à la bonne époque du DVD. Les bonus sont bien entendu tous en SD mais n’ont certainement pas perdu de leur intérêt. En partie grâce à l’excellente écriture et production de Laurent Bouzereau qui comme pour le premier opus délivre un making of complet et passionnant, revenant sur tous les aléas du tournage, les réécritures, les soucis logistiques et l’idée d’une suite pas si commune à l’époque. Le programme est parfaitement complété par un sujet sur l’acteur Keith Gordon (futur anti-héros de Pulsions et Christine) qui se remémore cette expérience de ses 16 ans, et par un sujet très complet sur les nouvelles musiques de John Williams qui dû lui aussi accélérer la cadence pour rendre sa copie à temps. On y trouve aussi quelques petites scènes coupées plaisantes dont une version étendue de l’attaque de l’hélicoptère et trois séquences en storyboard aux évènement là aussi légèrement différents des séquences finales. Rien de neuf, que du vieux, mais du bon.
Liste des bonus
Scènes coupées (4’), Making of (45’), Portrait de l’acteur Keith Gordon (8’), John Williams : la musique des Dents de la Mer 2 (7’), Storyboards (4’), Bandes-annonces.