LES 4 FANTASTIQUES : PREMIERS PAS

The Fantastic Four : First Steps – Etats-Unis – 2025
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Aventure, Super-héros, Science-Fiction
Réalisateur : Matt Shakman
Acteurs : Pedro Pascal, Vanessa Kirby, Joseph Quinn, Ebon Moss-Bacrach, Ralph Ineson, Julia Garner…
Musique : Michael Giacchino
Image : 2.35 16/9
Son : Dolby Atmos Anglais et Dolby Audio 7.1 Français, Allemand, Italien…
Sous-titres : Français, Allemand, Italien, Polonais…
Durée : 115 minutes
Editeur : Marvel Studios
Date de sortie : 26 novembre 2025
LE PITCH
La première Famille Marvel se dévoile alors qu’elle affronte un défi de taille. Obligés de concilier leurs rôles de héros avec leurs liens familiaux, ils doivent défendre la Terre contre un dieu de l’espace vorace et son mystérieux héraut. Et comme si cela ne suffisait pas, l’affaire prend une tournure très personnelle.
L’esprit de famille
Déjà apparus sur les écrans, mais jamais au sein du fameux Marvel Cinematic Universe, les premiers vrais super-héros Marvel renaissent enfin de leurs cendres avec Premier pas, aventure rétro plutôt fun qui en plus de réinstaller les Fantastiques dans le paysage lance en grande pompe la fameuse Phase 6, censée être celle du renouveau. Et ça commence plutôt bien.
Annoncé dans l’épilogue du précédent Thunderbolt, Les 4 Fantastiques est un film qui poursuit effectivement sur cette même lancée d’un retour vers ses personnages et leur univers plutôt que sur une surenchère de références, d’embranchements, d’annonces plus ou moins cryptiques et de scènes d’actions prévisualisées. L’important dans cet opus c’est bien entendu la famille Richards, la relation amoureuse en Red et son épouse Sue, les tensions amicales avec leurs « frangins » réels ou d’adoption, Johnny et Ben, forcément cristallisés par l’arrivée prochaine du petit dernier : Franklin. Que deviendra cet enfant né de deux parents irradiés par des pouvoirs cosmiques ? Dans les grandes largeurs, la première partie du film ferait presque oublier qu’il s’agit d’un film de super-héros tant ce le long métrage s’efforce de revenir à la nature même de ces personnages tels que crée par Stan Lee et Jack Kirby en 1961 : une famille d’aventurier de la science. Des éléments, parmi d’autres, que n’avaient certainement pas compris les visions précédentes (ceux trop crétins de Tim Story en 2005 et 2007 et le bordélique reboot de 2015 par Josh Trank) et qui sont ici largement facilités par le choix d’installer l’action du coté d’une dimension alternative (la terre 828, là où les autres films sont du coté de la 626 pour les spécialistes) où les Fantastiques sont justement les seuls être visibles dotés de super-pouvoirs, sont connus de tous, adulés et responsables d’un énorme bond en avant technologique.
Un pas après l’autre
Dans ces 60’s digne parfois d’une image d’Épinal, fantasme absolue de rétrofuturisme au New York réinventé, le film retrouve dès lors à la fois les jolis aspects désormais kitchs des premières publications, mais aussi cette nature franche et bonne, soit premier degré, de super-héros à l’ancienne, véritables modèles moraux, voir politiques. Dans Premier pas donc c’est un monde connecté, ouvert aux dialogues, imaginant déjà une solution à la pollution et réglant les conflits par la diplomatie, qui va devoir apprendre à dépasser une nouvelle fois ses craintes pour se souder derrière la voie montrée par les Richards. Rafraichissant même si forcément ce blockbuster Marvel se devait dans un second temps de cocher les cases du cahier des charges et d’offrir les scènes spectaculaires attendues, tournant ici autour de la menace apocalyptique du dévoreur de planète Galactus (enfin fidèle au comic dans son apparence) et son héraut, une surfeuse d’argent franchement sous exploitée. Si son style fonctionne parfaitement lors des scènes terre-à-terre, pour célébrer l’esthétique particulière du film ou jouer sur la fibre de la comédie (Ben et Johnny font rien qu’à s’enquiquiner), le très télévisuel Matt Shakman (WandaVision, Philadelphia…) n’arrive cependant jamais dans ses grands moments à dépasser l’illustration basique, livrant un climax sympathique, mais qui manque de tour de force et subit, par sa difficulté à user véritablement des pouvoirs de chacun, une comparaison bien cruelle avec Les Indestructibles de Brad Bird, eux-même justement très très inspirés par le comic culte.
Ça manque encore et toujours d’un véritable auteur aux commandes. Reste que ce 4 Fantastiques, consolidé par un casting des plus charismatiques, des thèmes musicaux iconiques signés Giacchino et une production value qui sort un peu des rails, reste un très bon divertissement de studio venant concrétiser, après Thunderbolt, une réorientation encourageante du Marvel Cinematic Universe. Vivement Avengers : Doomsday ?
Image
Nouvelle performance technique pour Marvel Studios avec cette sortie 4K qui décoiffe. Hérité d’une source presque exclusivement numérique 4K (excepté quelques fausses archives pelliculées) le transfert assure une propreté, une netteté et une fermeté indéboulonnables. Claire et pointue tout du long, la précision est forcément décuplée par le format UHD qui révèle plus de finesses encore dans les textures et la profondeur des champs, et assure le plus souvent une bien meilleure intégration des effets numériques, avec en particulier une surfeuse à la peau argentée qui révèle tous ses reflets. Avec l’assurance du Dolby Vision / HDR10 les teintes sont de la même manière généreusement étendues avec naturellement des bleus éclatants comme jamais.
Son
Comme toujours avec Disney, il faut légèrement relever le niveau sonore de son installation par rapport aux autres éditeurs. En dehors de cette spécification, le Dolby Atmos fait bien entendu largement le taf… Et au-delà même, se laissant fébrilement emporter par les grandes scènes spectaculaires, cosmiques ou terriennes, appuyant les plus impressionnantes destructions par une dynamique musclée et une basse énervée, mais disséminant tout autant de nombreux détails plus discrets : son cristallin des pouvoirs télékinésiques, ambiances urbaines, pseudo silence spatial… La musique trépidante de Giacchino s’y déploie de la même façon avec une belle énergie. A côté le doublage français s’en sort plutôt bien avec son Dolby Audio 7.1 de très bonne qualité même si, comme bien souvent, les voix semblent moins naturelles et supplantent un peu trop les autres sources.
Interactivité
Fut un temps lointain où les sorties de ce type, un premier film consacré à un nouveau super-héros incluant le MCU, étaient accompagnées d’un véritable making of et surtout d’un documentaire sur les origines comics, ici particulièrement importantes. Changement d’époque, le sujet est réglé en deux minutes et la suite nous rejoue l’inlassable défilé d’interviews promos et corporates où tout le monde est ravi de participer au film du siècle et d’incarner un personnage passionnant. On y découvrira tout de même quelques images des coulisses, quelques petites réflexions sur l’esthétique générale (décors, costumes, inventions…) et la modernisation des méchants du film. Tout comme le commentaire audio, trop sage mais informatif, le tout se laisse voir mais sans grande passion. L’édition est complétée par un bêtisier anecdotique et quelques toutes petites scènes coupées qui sont loin de combler les trous scénaristiques et de refléter la véritable étendue du stock.
Liste des bonus
Commentaire audio de Matt Shakman et Kasra Farahani (VOST), « À la rencontre de la première famille » : Rencontre avec Matt Shakman et le casting (9’), « Futurisme fantastique » : à propos de l’esthétique rétro-futuriste (13’), « Par-delà les frontières » : L’adaptation des personnages de comics (9’), Bêtisier (3’), 5 scènes coupées (6’).







