LE PEUPLE DE L’ENFER

The Mole People – Etats-Unis – 1956
Support : Bluray & DVD
Genre : Fantastique
Réalisateur : Virgil W. Vogel
Acteurs : John Agar, Cynthia Patrick, Hugh Beaumont, Alan Napier, Nestor Palva, Phil Chambers…
Musique : Heinz Roemheld, Hans J. Salter, Herman Stein
Durée : 77 minutes
Image : 2:00 16/9
Son : Anglais DTS-HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titres : Français
Éditeur : Eléphant Films
Date de sortie : 26 octobre 2020
LE PITCH
En Asie, un groupe de scientifiques et d’archéologues rencontrent les derniers survivants d’une civilisation éteinte en explorant les galeries souterraines d’une chaîne de montagnes …
Voyage au centre de la Terre
Avec ses innombrables séries B fauchés et pittoresques, le catalogue 50’s de la Universal est une véritable mine d’or pour éditeurs courageux en quête de pépites oubliés. Confiants, les aventuriers d’Eléphant Films se sont permis de déterrer Le peuple de l’enfer (aka The Mole People) pour nous le proposer en haute-définition. Pas sûr qu’ils aient touché le jackpot.
Drôle d’objet que le film de Virgil W. Voegel, ancien monteur (pour Orson Welles, entre autres) passé à la réalisation avant de finir sa carrière au petit écran en enchaînant les épisodes de Bonanza, Mission Impossible, Les rues de San Francisco, K2000 et Magnum. Animé par une drôle de volonté de réalisme (!), Le peuple de l’enfer s’ouvre sur les explications vaseuses du Dr Frank Baxter, professeur à l’U.S.C. (University of South California) venu pour nous présenter les théories dites de la « Terre creuse », lesquelles avancent que d’autres civilisations existent sous nos pieds, dans des poches géologiques hors du temps. Pile poil le genre de scènes « éducatives » que l’on peut retrouver sous forme de parodie, par exemple dans The Rocky Horror Picture Show avec l’expert campé par Charles Gray, ou dans des vidéos conspirationnistes. L’idée est donc de donner un peu de poids et de sérieux à une intrigue qui pioche dans un paquet de sources différentes, du « Voyage au centre de la Terre » de Jules Verne à « La machine à explorer le temps » d’H.G. Wells et sa société des Morlocks et des Eloi, sans oublier ces cités décadentes, païennes et intemporelles que l’on croise dans certains récits de Robert E. Howard et H.P. Lovecraft. De toute évidence, le scénariste Laszlo Gorog a bon goût dans ses lectures mais il peine à en tirer un récit substantiel et il se contente d’une trame linéaire et prévisible peuplé de personnages sans la moindre envergure.
Les voisins du dessous
Doté d’un budget anémique, Vogel fait de son mieux pour cacher la misère. Même s’il caviarde ses premières scènes de stock-shots d’avalanches, de tremblements de terre et d’expéditions dans la jungle, il faut lui reconnaître une certaine habileté à rendre ce bricolage crédible et même plaisant. L’arrivée au pied des ruines d’un temple en ruine, la chute brutale d’un scientifique dans un puit sans fond et l’exploration souterraine qui s’en suit s’enchaînent si bien que l’on se prend au jeu et que l’on se demande quelles surprises le metteur en scène nous réserve. Las, la suite sombre peu à peu dans l’ennui et peine à offrir le minimum de spectacle requis. Passe encore la cité perdue révélée par un matte painting ressemblant à une mauvaise gouache d’impressionnistes en fin de vie et les monstres caoutchouteux et pathétiques mais les adorateurs d’Ishtar campés par des figurants grimés en albinos au rabais et un héros (John Agar) au charisme d’endive braisé ne permettent pas vraiment de s’investir au-delà d’un bâillement poli. Il y a pourtant un bref sursaut lors du climax avec la révolte des monstres contre nos albinos un peu couillon et la lumière d’un temple révélant en fait l’issue vers la surface. Dommage que le film choisisse de se conclure sur la mort très maladroite et clairement improvisée de l’héroïne, laquelle avait pourtant troqué sa tenue de servante pour une combinaison de ski très à la mode. Craignant que l’histoire d’amour entre le scientifique campé par John Agar et cette blonde venue d’une peuplade très éloignée n’incite les spectateurs à se lancer dans des romances interraciales (!!), le studio insista auprès de Virgil Vogel pour qu’il tue la pauvre insouciante en lui balançant un pilier sur le coin de la gueule. Tout est dit.
Image
Une copie assez propre et bien restaurée mais à la granulation parfois excessive. On se retrouve du coup avec une définition en retrait malgré des contrastes solides et une compression en béton armé. Les scènes les plus sombres sont paradoxalement celles qui s’en sortent le mieux. La rareté du film excuse largement ces imperfections mineures.
Son
Un peu de souffle au début et à la fin pour un mixage minimaliste qui se tient pourtant très bien sur la durée avec des dialogues clairs et sans saturation. Le rendu sur la musique et les effets est un tantinet moins convaincant avec une réverbération faible mais perceptible.
Interactivité
En un peu moins de dix minutes, Jean-Pierre Dionnet tente de nous convaincre de la valeur du programme quand bien même il multiplie petites moqueries et remarques acerbes. Le bougre tente de se rattraper en fin de présentation en vantant les mérites du « meilleur film de Terre creuse » et en comparant la mise en scène de Vogel à celle de Robert Bresson. Euh, Jean-Pierre, dis-nous, tu te drogues ?
Liste des bonus
Présentation de Jean-Pierre Dionnet, Diaporama, Bandes annonces






