LE JARDINIER D’ARGENTEUIL

France, Allemagne – 1966
Support : Bluray & DVD
Genre : Comédie, Policier
Réalisateur : Jean-Paul Le Chanois
Acteurs : Jean Gabin, Liselotte Pulver, Pierre Vernier, Aldred Adam, Noël Roquevert, Jean Tissier, Mary Marquet, Curd Jürgens, Serge Gainsbourg…
Musique : Serge Gainsbourg, Michel Colombier
Durée : 90 minutes
Image : 2.35 16/9
Son : Français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titres : Français pour sourds et malentendants
Éditeur : Coin de mire Cinéma
Date de sortie : 04 décembre 2020
LE PITCH
Jardinier-artiste, M. Tulipe est un clochard sentimental. Dans le wagon désaffecté et entouré de fleurs où il demeure, il peint des naïvetés pour les vendre à Montmartre et cultive son jardin. Mais il dessine, imprime et vieillit aussi des billets de banque. Des petites coupures pour finir ses fins de mois qu’il écoule très prudemment avec son complice Noël. Un jour Noël rencontre Hilda, une ambitieuse nurse étrangère qui les pousse à voir plus grand…
Art naif
Rare échec dans la looongue carrière du père Jean Gabin, Le Jardinier d’Argenteuil sort sur les écrans en 1966 alors que le cinéma français est peu à peu emporté par la Nouvelle vague et que les dernières sensations de l’année sont Un Homme et une femme de Claude Lelouch ou Masculin féminin de Jean-Luc Godard.
Une jeunesse, un regard nouveau sur le monde et sur le 7eme art à coté desquels tranche farouchement la dernière réalisation sur grand écran de Jean-Paul Le Chanois (Les Évadés) retrouvant sa plume légère de Papa, maman, la bonne et moi… cultivant un cinémascope et un Techniscope (pour les superbes couleurs) tout en simplicité et en naïveté. Les mouvements circulaires, les effets de montage, c’est pour d’autres et le cinéaste (également narrateur) de présenter avec amusement et amitié son brave héros, Tulipe, retraité d’une soixantaine d’année qui cultive pépère son bout de jardin, peint quelques portraits des voisins et se fait à l’occasion faussaire mais que de petites coupures car c’est un gars honnête. Un homme de la terre, un physique de vieil ouvrier qui sied à merveille à un Jean Gabin débonnaire, petite barbiche blanche et paludier sur la tête, traversant le film en râlant gentiment et surtout en s’étonnant des excentricités et de l’affolement de ses contemporains : L’administration ubuesque française qui va l’obliger à trouver une source de revenu fissa, son filleul (Pierre Vernier) et sa nouvelle blonde (Liselotte Pulver, star du cinéma allemand de l’époque) jeunes « yéyé » arrivistes et arnaqueurs peu doués, mais aussi un milliardaire allumé incarné par le grand Curd Jürgens (L’Espion qui m’aimait, Et Dieu… créa la femme), fasciné par la nouveauté mais nostalgique de la simplicité d’autrefois.
Fausse monnaie, vrais sentiments
C’est sur le yacht de ce dernier que Le Jardinier d’Argenteuil affirmera d’ailleurs ses petites ambitions en confrontant Tulipe à une troupe de jeunes femmes en bikinis filmées avec un maniérisme emprunté par un Serge Gainsbourg (qui signe aussi la BO) idéal en petit con pensant révolutionner le monde de l’art. Succession de scénettes inégales, de petits gags souriants et de moments de flottements tirés de la torpeur par les jolis dialogues d’Alphonse Boudard (Flic Story, Le Soleil des voyous…) et l’ironie d’un Gabin parfaitement confortable dans cette fable sans conséquence, Le Jardinier d’Argentieuil est un « feel good movie » comme disent les englishs. Un de ceux où le pouvoir de l’argent, la fascination pour le confort moderne et la culture de la télévision sont écartés des mouvements de bras, préférant se remémorer la tendre France de l’après-guerre, les promenades en carriole et une banlieue parisienne encore fleurie.
Désuet, mais conscient de l’être, Le Jardinier d’Argenteuil est sans doute un peu anecdotique dans le cinéma français et la carrière de Jean Gabin, mais c’est sans doute ce qui rend la balade aussi agréable.
Image
En collaboration avec Studio Canal, Le Jardinier d’Argenteuil a été glorieusement restauré à partir d’un nouveau scan 4K du négatif original. Un travail admirable qui garde en tête la spécificité même de l’objet avec un grain organique très présent, des reflets argentiques marqués et surtout une palette colorimétrique d’une richesse éclatante. De superbes contrastes, des teintes pleines, une lumière vive, affirment l’esthétique désuète de ce film solaire. Si une ou deux taches / griffures sont encore brièvement visibles et quelques contours sont plus fluctuants, la définition est pointilleuse et chaleureuse.
Son
Sans fioriture de le DTS HD Master Audio 2.0 n’est là que pour redonner tout son énergique et sa clarté au bon vieux mono d’origine. La piste est d’une propreté impeccable offrant une restitution pointue et précise. On n’en demandait pas plus.
Interactivité
Sans surprise, mais avec un plaisir égal, Le Jardinier d’Argenteuil reprend l’élégant Mediabook comprenant Bluray, DVD, livret, piqué dans la reliure, reproduisant quelques documents d’époque, ainsi que 10 photos d’exploitation en format carte postale et l’affiche sur papier A4 brillant. Bel objet, toujours aussi joliment complété par cette option de visionner le métrage sous le format d’une séance complète. Ici donc ce sont des actualités Pathé de 66 qui ouvre le programme avec un hommage à Paul Reynaud, grand homme d’état, une restauration de l’Arche de triomphe et les performances de la gymnaste Natalia Kuchinskaya. Elles sont suivies, après la bande annonce de Le Soleil des voyous, d’une série de réclames bien datées et forcément irrésistibles (Mennen, déodorant Printil, Citroën…). Du matériel d’archive bien entendu restauré avec beaucoup de soin.
Liste des bonus
La séance complète avec actualités Pathé, réclames publicitaires et bandes-annonces d’époque, un livret reproduisant des documents d’époque (24 pages), 10 reproductions de photos d’exploitations (14,5 x 11,5 cm), la reproduction de l’affiche d’époque (29 x 23 cm).





