LE GANG KELLY

True History of the Kelly Gang – Australie – 2019
Support : Bluray
Genre : Aventure
Réalisateur : Justin Kurzel
Acteurs : George MacKay, Russell Crowe, Nicholas Hoult, Charlie Hunnam…
Musique : Jed Kurzel
Durée : 125 minutes
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et Français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titres : Français
Editeur : Metropolitan Film & Vidéo
Date de sortie : 5 décembre 2020
LE PITCH
Ned Kelly est un croisement entre Robin des Bois et un Jesse James australien. Condamné pour avoir tiré sur un policier, il fonde un gang et vole les riches pour donner aux pauvres. Son costume original établira sa notoriété : il porte une armure et un heaume de chevalier.
Le Bushranger
Mythe ou réalité, légende ou icône ? L’histoire de Ned Kelly mélange un peu tout cela. Robin des Bois pour les uns, tueur de flics pour d’autres, son histoire a fait fantasmer nombre de petits australiens l’interprétant dans les cours de récré comme on jouerait aux indiens et aux cow-boys. Néanmoins le trouble sur le personnage continue à diviser et ce long-métrage ne remettra pas les pendules à l’heure.
Ce n’est pas la première fois que ses aventures sont contées sur le grand écran. A peine le Nickelodeon débarquait-il sur le sol australien qu’un film à la gloire du gang Kelly envahissait les écrans. Tantôt interprété par Mick Jagger et Heath Ledger, c’est au tour de l’interprète de 1917, George MacKay de lui prêter ses traits devant la caméra de Justin Kurzel. Celui-ci s’inspirera de la biographie romancée de Peter Carey pour tenter de percer l’âme de ce héros controversé. Y arrivera-t-il ? Ne laissons pas d’espoir, la réponse est négative. Les intentions de Kurzel sont clairement ailleurs : faire des aventures de son personnage une fable sur l’acceptation de soi et de ses racines. En ancrant son récit sur la voix off de Kelly, façon journal intime, le cinéaste brouillera les pistes. Il exaltera par l’image les propos de son protagoniste lui faisant écrire sa propre légende.
Body Double
Trouver sa place dans ce monde ; l’histoire de Ned Kelly pourrait se résumer à cela. Une mère alcoolique, prostituée à l’occasion ; un père secret et bien trop souvent absent, le petit Kelly va vite prendre le rôle de chef de famille laissé vacant. La vie à la dure, il l’apprendra aux côtés d’un aventurier à qui sa mère l’a vendu en lui faisant croire à un apprentissage. Mais l’aventure tournera court et ne sera franchement pas du goût du jeunot qui s’en affranchira rapidement. En se concentrant sur cette jeunesse, Kurzel commence son récit sur les chapeaux de roues et livre ici la meilleure partie de son film. Fluide, sensible, il prend le temps de poser les bases d’un homme en devenir. Il s’entoure d’un casting de choc. Russel Crowe en mode bibendum et Charlie Hunnan en ranger sur la corde raide, s’imposent dans des rôles éphémères mais d’importance. L’interprète du jeune Kelly leur tient la dragée haute et se fond en osmose avec l’interprétation qu’en fera George McKay adulte ; comme deux faces d’une même pièce. Kurzel se montre très bon directeur d’acteurs. Sa deuxième grande force, et non des moindres est sa qualité esthétique. Son film regorge d’idées visuelles, il magnifie le bush australien, soigne la composition de ses cadres, joue sur les contrastes et sur le scope. Celui-ci change de ratio sensiblement tout au long du film. La légende Kelly naît ainsi, au rythme du cinémascope. La seconde partie du film voit Kelly prendre son destin en main. Il accepte ses origines irlandaises de « fils de Siege » à bras le corps. Avec ces acolytes, ils s’habillent de robes pour feindre la folie et inspirer la crainte par leur démence. Un concept qui a fait ses preuves au pays de Priscilla folle du désert. Malheureusement, Justin Kurzel peine dans ce second acte. Moins homogène, il s’embourbe dans un enchevêtrement de circonstance. Le spectateur a du mal à croire à la bascule vers la dark side et encore moins à son coté redresseur des torts qui pille les riches pour donner aux pauvres. D’ailleurs, celui-ci est carrément occulté du film. On finit par regarder les images hypnotiques comme autant de tableaux. L’attaque finale, modèle graphique et sonore vaut à elle seule l’attente du dénouement.
Après un début prometteur, Le gang Kelly avait tout pour faire réhabiliter ce nom. Magnifié par des images d’exception, le mythe aurait pu dépasser la réalité. Malheureusement, le traitement du scénario peine à persuader du bien-fondé de l’entreprise. Ned Kelly se contentera de rester dans ses frontières, là où un Robin des Bois avait aisément traversé les mers.
Image
Elle rend hommage au magnifique travail du directeur de la photo Ari Wegner. Les différents paysages et décors que traverse le héros peuvent être autant d’œuvres d’art où les couleurs rivalisent avec les palettes de contraste comme ces scènes plus obscures, éclairées par des flammes. Le siège final avec ses effets stroboscopiques mérite à elle seule le détour par sa maîtrise formelle de l’image.
Son
Là aussi le travail est plus que soigné. Peu avare de bruits naturels dont la nature nous gratifie, des cris d’animaux par-ci, des pas par-là, la bande son est immersive et chaque canal est sollicité. La composition de Jed Kurzel envahissante à bon escient est elle aussi largement mise en valeur offrant une savante combinaison avec les ambiances du film.
Liste des bonus
Bande Annonce.






