LE CINQUIÈME COMMANDO

Raid on Rommel – Etats-Unis – 1971
Support : Bluray & DVD
Genre : Guerre
Réalisateur : Henry Hathaway
Acteurs : Richard Burton, John Colicos, Clinton Greyn, Wolfgang Preiss, Danielle De Metz…
Musique : Hal Mooney
Durée : 98 minutes
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et Français DTS HD Master Audio 2.0 mono,
Sous-titres : Français
Éditeur : Eléphant Films
Date de sortie : 26 janvier 2021
LE PITCH
Le Capitaine Forster, officier britannique s’infiltre au sein d’un commando allemand mené par l’impitoyable capitaine Shroeder. Après s’être fait passer pour un soldat nazi dans le besoin, Forster doit remplir une mission hautement périlleuse et remonter jusqu’à l’état-major de Rommel…
La cinquième roue du carrosse
Certains films ont tendance à se parler les uns les autres, à montrer différentes facettes d’une même histoire, des histoires où les points de vue s’entremêlent, se complètent. D’autres se causent tellement qu’ils s’empruntent gentiment les idées sans en avoir l’air. Comme ce cinquième commando tiens !
Petit succès de l’année 1967, Tobrouk Commando pour l’enfer réalisé par Arthur Hiller avec Rock Hudson et George Peppard est surtout rentré dans l’histoire pour son massacre de nazis au lance-flamme (kiff jouissif pour un certain Quentin Tarantino). Mise à part cela, il apparaît comme un sous 12 salopards ou Canons de Navarrone. Ce cinquième commando réalisé par le vétéran Henry Hathaway s’inscrit dans cette lignée. Et encore, c’est gentil car en plus de s’inspirer de son ainé, la production va le piller sans vergogne allant jusqu’à lui piquer des séquences complètes. Pas grave diront les producteurs car les deux projets appartiennent au même studio. Autant limiter les frais, de toute façon en pur film d’exploitation, le spectateur ne s’en apercevra pas.
Mercenaire
Avant d’aller plus loin, il faut tout de même préciser que le film n’était avant tout pas proposé pour le grand écran. Universal le destinait plutôt à son petit frère plus accessible dans les foyers de la middle class américaine. Mais le studio est en peine de succès, les fonds viennent à manquer. Il ne retrouvera de son prestige que dans quelques années avec un certain requin qui renflouera les caisses du studio tout en vidant celles des plagistes. En engageant Monsieur Hathaway, Universal ne prend pas de risque. Le réalisateur a la réputation d’être à la solde des studios et de boucler ses films dans les temps impartis tout en étant efficace dans son job. Que demander de plus ? Ce vieux briscard de l’âge d’or d’Hollywood n’a plus rien à prouver et signe ici l’un de ses derniers contrats avant de prendre sa retraite bien méritée.
Mais ce mercenaire de la pellicule sait encore emballer des films. Le studio pressant vite que la petite lucarne ne sera pas suffisante pour le film ; l’argent faisant défaut, autant recycler dans les vieux bidons. L’action se fera en grande partie par celles tournées par le film d’Hiller trois ans auparavant. L’art du montage fera le reste. A charge au metteur en scène de rendre le tout homogène. De ce côté-là, pas de problème, Hathaway sait gérer. Cette histoire de commando devant prendre une forteresse à Rommel, le metteur en scène et son acteur Richard Burton connaissent bien. Le personnage, ils l’ont déjà abordé, l’un avec les Rats du désert l’autre avec le Renard du désert. Ici, point d’animal à développer mais beaucoup de sable pour colmater les brèches du scénario.
Le spectateur ne sera pas dupe et l’opportuniste Universal ne remplira pas les salles. Le phœnix n’a pas volé assez haut et les lances flammes lui ont brûlé les ailes.
Image
Le nouveau master restauré en HD fait oublier l’ancienne version distribuée par Universal en 2003. Les couleurs retrouvent leur éclat laissé en désuétude à l’époque L’inconvénient vient sur les nombreux stocks shoot parsemant le film qui ne bénéficie pas de la définition. Dommage car les contrastes sont de qualité et ne sont nullement chahutés par un grain intempestif. De plus, le film retrouve son scope d’origine, ce qui est très appréciable.
Son
Gardant son format d’époque, les pistes sont claires et bien équilibrées. Sans faire d’étincelles particulières, elles font le taf sans anomalie.
Interactivité
Un court module fait office de bonus. En une dizaine de minutes, Laurent Atknin, analyse les différences entre le film Tobrouk et celui-là et le côté opportuniste de ce métrage.
Liste des bonus
Le Film par Laurent Aknin (9’, Bande-annonce d’époque (2’).