LE BISON BLANC

The White Buffalo – Etats-Unis – 1977
Support : Bluray & DVD
Genre : Fantastique, western
Réalisateur : Jack Lee Thompson
Acteurs : Charles Bronson, Will Sampson, Jack Warden, Kim Novak, John Carradine, Stuart Whitman…
Musique : John Barry
Durée : 97 minutes
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titres : Français
Editeur : Sidonis Calysta
Date de sortie : 19 août 2021
LE PITCH
Wild Bill Hickok (Charles Bronson) est hanté par un cauchemar où un monstrueux bison blanc le poursuit dans un paysage enneigé. Avec l’aide d’un vieil ami trappeur (Jack Warden), il se lance à la poursuite du bison dans les Black Hills. Là, ils rencontrent l’indien Crazy Horse (Will Sampson) qui lui aussi souhaite tuer ce bison blanc, responsable de la mort de sa fille…
La fin d’une époque
Le duo Jack Lee Thompson-Charles Bronson n’aura pas accouché que de chefs d’œuvre, loin s’en faut… Ce Bison blanc est pourtant une franche réussite, malgré un cuisant échec lors de sa sortie. L’édition Bluray de Sidonis est donc l’occasion de réévaluer ce western teinté de fantastique et qui mine de rien s’avère bien plus profond qu’il n’y paraît…
Lorsque Jack Lee Thompson réalise The White Buffalo en 1977, il s’agit de sa deuxième collaboration avec Charles Bronson, avec qui il tournera huit films, principalement des polars durant les années 1980 de qualité assez médiocre… Ce qui n’est pas le cas ici ! En effet le dernier western de Charles Bronson, qui fût l’une des icônes du genre, est un film de qualité lorgnant vers le fantastique et interrogeant de manière intelligente une partie de l’Histoire américaine.
Se déroulant à la fin des années 1870 du côté des Black Hills, où les chefs indiens Crazy Horse et Sitting Bull résistèrent aux américains, le film traite également de la fin d’une époque où l’« homme blanc » amorçait la conquête totale du continent américain en éliminant les amérindiens, peuple autochtone, ainsi que les bisons… A ce titre, on aperçoit au début du film une montagne d’ossements de bisons symbolisant leur massacre et in fine celui de leurs chasseurs légendaires…
Dans le même sens, on appréciera les liens se formant entre trois protagonistes opposés : Crazy Horse, chef indien ne voyant dans le blanc qu’une menace ; Jack Warden pour qui « un bon indien est un indien mort » ; et le personnage joué par Bronson qui rappelle à l’indien la fatalité de l’Histoire, que les blancs vont gagner et remplacer les autochtones. Malgré leur amitié développée dans ce combat commun contre le bison blanc, Crazy Horse et Wild Bill Hickok se quitteront en espérant ne pas se recroiser car alors la réalité les poussera à se confronter…
Des monstres sacrés
Si le film fût un échec en 1977, et s’il est encore parfois moqué, c’est surtout pour son monstre, qui clairement ne fait pas partie des créatures les plus inquiétantes du cinéma…Ce alors que la réalisation de Thompson cherchait à suivre le courant des films de terreur animale alors en vogue à Hollywood depuis Les dents de la mer sorti en 1975. Dino de Laurentiis, producteur du Bison blanc, avait d’ailleurs financé deux films de ce genre avec King Kong en 1976 (avec déjà la musique de John Barry) et Orca cette même année 1977. Pour revenir à notre bison, si sa mécanique est datée et le rend peu crédible, il ne dessert pour autant pas le long-métrage et apporte même une touche fantastique et fantasmagorique soulignée par la superbe mélodie de John Barry. D’ailleurs les paysages enneigés, la musique et le sentiment de danger prégnant tout au long de la traque nous feront songer à un autre classique du fantastique, The Thing de John Carpenter sorti en 1982.
Il convient de noter qu’à la base, le bison blanc est dans la culture amérindienne un symbole de paix et de fertilité, plus un monstre sacré qu’un monstre horrifique. En parlant de monstres sacrés, on en retrouve justement plusieurs dans ce film ! Entre la présence de Charles Bronson et son immense carrière, celle de Will Sampson (inoubliable dans Un vol au-dessus d’un nid de coucous) et de seconds couteaux de talent et emblématiques du cinéma hollywoodien (Jack Warden, Kim Novak, Stuart Whitman, John Carradine…), on est ici en face d’un casting de haute volée.
Enfin il est intéressant, et surprenant, de retrouver ici deux figures historiques américaines du 19ème siècle avec Crazy Horse, chef indien légendaire reconnu pour sa résistance à l’envahisseur, et Wild Bill Hickok, qui fut entre autres, sheriff, joueur de poker ou encore fiancé de Calamity Jane ! Il est peu probable que les deux se soient rencontrés en réalité, mais ils sont les personnages principaux du livre de Richard Sale qui servit de scénario au film.
Image
Cette version restaurée est un régal notamment et surtout lors des scènes extérieures, tournées principalement au Colorado, magnifiées par la photographie de Paul Lohmann. On est loin des couleurs criardes du western traditionnel mais bien plus proche du courant crépusculaire du genre.
Son
Un son de qualité pour apprécier au mieux la B.O de John Barry (James Bond) qui habille à la perfection le film. Comme d’habitude, nous vous conseillons plutôt la V.O., même s’il est toujours appréciable de retrouver Marcel Bozzufi au doublage de Charles Bronson.
Interactivité
Sidonis nous habitue à des éditions remplies de bonus et c’est une nouvelle fois le cas ici avec un peu moins de deux heures de suppléments ! Si Patrick Brion, une fois n’est pas coutume, est peu bavard sur le sujet en évoquant le contexte du film et la filmographie du réalisateur, Jean-François Giré se montre plus prolixe. Après avoir rappelé le symbolisme du bison blanc chez les amérindiens, il nous rappelle quelques détails comme le fait que Bronson, 59 ans à l’époque, est censé jouer un personnage historique n’ayant qu’une trentaine d’années… Il défend aussi Lee Thompson « mal aimé des critiques » et évoque la série Deadwood ou le film John McCabe comme tenant d’une même thématique d’un Far West non-idéalisé.
Enfin, saluons l’initiative d’avoir proposé deux documentaires américains sur les personnages historiques que furent Crazy Horse et Wild Bill Hickok, même si leurs représentations dans le film sont très éloignées de la réalité. On y apprend entre autres, que le chef indien était un des plus redoutés de l’Ouest et qu’il avait battu le Général Custer dans les Black Hills. Ou encore que l’un de ses assassins pourrait être Litlle Big Man, l’un de ses anciens compagnons.
En parlant de Litlle Big Man, c’est justement un des nombreux films où l’on représente un Bill Hickok qui présentait un sacré CV : « héros légendaire, chef de caravane, soldat, espion, éclaireur, acteur, homme de spectacle, homme de loi, joueur et mercenaire. »
Liste des bonus
Présentation par Jean-François Giré (16’) ; Présentation par Patrick Brion (7’) ; Sur les traces de Crazy Horse (31’) ; Sur les traces de Wild Bill Hickok (43’).