LA VIE, L’AMOUR… LES VACHES

City Slickers – Etats-Unis – 1991
Support : Bluray & DVD
Genre : Comédie
Réalisateur : Ron Underwood
Acteurs : Billy Crystal, Daniel Stern, Bruno Kirby, Jack Palance, Patricia Wettig, Helen Slater…
Musique : Marc Shaiman
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 5.1 et Français DTS Master Audio 2.0 mono
Sous-titres : Français
Durée : 113 minutes
Éditeur : Bubbel Pop’Edition
Date de sortie : 26 octobre 2025
LE PITCH
À 39 ans, Mitch en a assez de sa vie trépidante de New Yorkais. Il est sur le point de sombre dans la déprime quand Ed et Phil, ses deux meilleurs amis, lui proposent un voyage à travers l’Ouest sauvage. Un beau matin, les trois amis débarquent au Nouveau-Mexique dans un ranch perdu. Accompagnés par une bande de cow-boys loufoques et d’un vieil homme, la petite bande a pour mission de conduire un troupeau de bétail jusqu’au Colorado. L’aventure, la vraie, va enfin commencer… et elle ne va pas être triste !
La reconquête de l’ouest
Depuis sa sortie au tout début des années 90, City Slickers (soit « les citadins » en péjoratif) s’est confortablement installé dans le cœur des spectateurs américains. Une comédie chaleureuse sur la crise de la quarantaine et la vieille fascination de l’ouest sauvage qui malgré son carton US est toujours restée un peu confidentielle par chez nous, et c’est bien dommage.
Nous sommes juste à la sortie des années 80 qui auront vu toute une génération s’engouffrer dans la grande quête de la réussite professionnelle, de la mise en avant de l’idée d’une carrière et d’un confort matériel, et le réveil pour beaucoup ne se fait pas sans heurts. Que reste-t-il après toutes ces années ? Comment retrouver l’essentiel dans sa propre vie mais aussi comment renouer avec d’authentiques valeurs américaines ? Ce sont un peu toutes ces questions que se pose Mitch, chargé de pub pour une sombre radio new-yorkaise et qui vit particulièrement mal l’arrivée très prochaine de ses quarante ans. Pour lui permettre de retrouver le sourire, ses deux meilleurs potes, l’un refusant de grandir et enchainant les conquêtes bien plus jeunes et l’autre dont le couple (castrateur) vient de voler en éclat, lui ont offert deux semaines d’aventure à travers les grandes plaines pour transporter un troupeau de bétail. Le mythe du western, auquel ces petits gars de la ville, vont brutalement se heurter avec quelques compagnons d’infortunes (dont la toujours charmante Helen Slater, ex-Supergirl) et surtout menés par le terrifiant Curly, soit un Jack Palance en très grande forme.
Tout repose naturellement sur ce contraste entre l’iconographie mythique et la dure réalité, et les réactions de ces petits citadins bien vite dépassés par la dangerosité d’une traversée où les catastrophe ne vont cesser de s’accumuler. Une idée plutôt marrante imaginée par l’acteur principal, producteur et accessoirement co-scénariste non crédité, Billy Crystal, devenu une nouvelle star adulée de la comédie depuis le succès amplement mérité de Quand Harry rencontre Sally. Ce dernier n’est pas loin d’ailleurs de décliner plus ou moins le même personnage, fanfaron flegmatique, philosophe un poil dépressif, gaffeur bien intentionné, tout autant que d’apporter à ce qui n’aurait pu être qu’une succession de gags presque parodiques, une grande touche de justesse et d’affection sur un trio de copain en pleine remise en cause existentielle. Les dialogues de Crystal, associé au duo de scénariste Lowell Ganz / Babaloo Mandel (Parenthood, Splash, Multiplicity…) sont ainsi bourrés d’un mélange d’ironie et de vérité, de fraicheur et de drôlerie, qui font véritablement tout le charme du film.
Héros d’hier et d’aujourd’hui
En acolytes d’infortunes, Daniel Stern (Maman j’ai raté l’avion) et Bruno Kirby (déjà meilleur pote dans Quand Harry rencontre Sally) se montrent constamment à la hauteur dans ce jeu de nuance, mais le vétéran Jack Palance leur vole régulièrement la vedette en vieux baroudeur solitaire et plus patient qu’on ne le croit, véhiculant dans sa dégaine de cowboy à l’ancienne toute une tradition révolue. Quelques personnages de second plan manquent d’un peu d’étoffe comme les deux frangins multimilliardaires de la crème glacés faisant référence à Ben & Jerry, et les grandes vérités assénées n’échappent pas à quelques naïvetés, mais il est tout de même bien difficile de résister au charme du divertissement. Peut-être aussi parce qu’elle n’est justement pas réalisée par un habitué de la comédie. Ron Underwood en l’occurrence, aujourd’hui prisonnier du petit monde de la télévision depuis le marasme Pluto Nash avec Eddie Murphy, mais qui n’était alors connu essentiellement que pour un seul long métrage : le très culte Tremors ! Si sa mise en scène reste assez discrète, elle sait surtout ne pas trop se reposer sur le simple gag ou le bon mot et mettre l’accent sur les personnages et même, en particulier dans la dernière partie, sur l’action avec quelques chevauchées ou un sauvetage d’un petit veau de la noyade, troussées comme un authentique western.
De quoi permettre en tous cas à La Vie, l’amour, les vaches de traverser très honorablement les années, sans tomber dans l’effet nostalgique, gardant intact sa drôlerie autant que sa tendresse.
Image
Bubbel propose ici la dernière remasterisation disponible, sortie aux USA en 2018 chez Shout, et qui atteste d’une importante amélioration des copies déjà croisée sur un Bluray précédent (mais inédit chez nous) ou les plus anciens DVD. La source est dans d’excellentes conditions avec des cadres bien propres et fermes et surtout une restitution pratiquement inédite des couleurs, à nouveau vives et joliment contrastées. Les détails sont bien présents, le piqué s’assurant de redonner du relief à l’ensemble, aux visages et aux textures (nature, costumes…), même si on peut se demander parfois si quelques petits lissages numériques ne se sont pas invités discrètement.
Son
Très sympa, la proposition DTS HD Master Audio 5.1 de la version originale accompagne bien plus énergiquement les quelques petites trépidations aventures du film en jouant sur les ambiances westerns, les dangers de la nature et les musiques de Marc Shaiman. Les dialogues y sont bien placés, fluides et clairs. La version doublée française reste elle dans un DTS HD Master Audio 2.0 bien plus sobre. Pas désagréable mais avec des choix de voix parfois étonnantes, comme celle de Billy Crystal très loin de son phrasé et timbre.
Interactivité
Longtemps traité comme un fond de catalogue par la MGM en Home Cinéma, La Vie, L’amour, Les Vaches se dote enfin d’une édition digne de ce nom en France grâce au travail de Bubbel Pop’Edition. Un digipack avec un livré inédit signée Christophe Lemaire et sur les disques Bluray ou DVD la possibilité de visionner, enfin, les suppléments US produits il y a une vingtaine d’année pour un DVD collector. Soit un véritable making of rétrospectif accompagné de son versant uniquement concentré sur l’écriture du scénario, où réalisateur, acteurs et scénaristes reviennent sur la création du film, son tournage et sa pérennité. Très sympa, avec en sus un hommage au petit veau du film (second degré…) et deux scènes coupées avec présentation dont l’une montre comment les trois héros sauvent les pauvres vaches de l’abattoir.
Enfin, l’éditeur français y a mis son petit grain de sel en enregistrant un sujet sur Jack Palance par Yves Chevalier qui retrace brièvement la carrière et la personnalité de l’acteur, suivi d’un petit regard analytique du film par Jacques Demande, en particulier sur sa place au sein de la comédie 90’s.
Liste des bonus
Le livret « À l’ouest toutes ! » par Christophe Lemaire (24 pages), « Jack Palance, l’homme derrière le mythe » par Yves Chevalier (20’), « La Vie, l’Amour, les Vaches, un western testamentaire » par Jacques Demange (9’), « Retour en selle : Revisiter ‘La Vie, l’amour… les vaches’ » : Making of 29’),2 scènes coupées présentées par Ron Underwood, Lowell Ganz et Babaloo Mandel (3’), « L’Écriture de ‘La Vie, l’amour… les vaches’ » (21’), « Une ôde à Norman » (6’).







