LA TARENTULE AU VENTRE NOIR

La tarantola dal ventre nero – Italie, France – 1971
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Thriller
Réalisateur : Paolo Cavara
Acteurs : Giancarlo Giannini, Claudine Auger, Barbara Bouchet, Rossella Falk, Silvano Tranquilli, Barbara Bach…
Musique : Ennio Morricone
Image : 2.35 16/9
Son : Italien et Français DTS Master Audio 2.0 mono
Sous-titres : Français
Durée : 98 minutes
Editeur : Carlotta Films
Date de sortie : 10 décembre 2026
LE PITCH
L’inspecteur Tellini est sommé de résoudre une affaire de meurtre particulièrement sordide. Il apprend que la victime, Maria Zani, était la cible d’un maître-chanteur qui menaçait de révéler l’infidélité de la jeune femme à son époux. D’abord soupçonné, ce dernier engage un détective privé pour retrouver la trace de l’extorqueur. C’est alors qu’un nouveau crime survient, au mode opératoire similaire : le tueur paralyse ses victimes féminines à l’aide d’une aiguille d’acupuncture avant de les éventrer…
Dans la toile du giallo
Sortie dans la première foulée du succès considérable du désormais classique L’Oiseau au plumage de cristal, La Tarentule au ventre noir est l’un des très nombreux giallo dont l’industrie du cinéma italien abreuva les écrans. Un tueur ganté, un joli casting de femmes victimisées, un flic à la traine et une atmosphère poisseuse… Rien de bien neuf à l’horizon et pourtant l’araignée a déjà tissé sa toile.
Production opportuniste parmi beaucoup d’autres donc, La Tarentule au ventre noir a été initié par le producteur Marcello Danon (ici également scénariste), spécialiste des associations avec le marché français et qui connaitra son heure de gloire avec la série des Cages au folles. Ici l’idée est tout simplement de reproduire les atours et les schémas du film de Dario Argento, jusqu’au titre animalier, et d’espérer séduire tout autant de spectateurs avides de tensions, d’enquêtes tortueuses, d’érotisme pas si suggéré et de meurtres rituels. Mais le film ne manque certainement pas de moyens assurant une superbe photographie signée Marcello Gatti (La Bataille d’Alger, Queimada, Manœuvres criminelles d’un procureur de la République…) ainsi qu’une bande originale tétanisante concoctée par le maestro Ennio Morricone en pleine phase d’expérimentations jazzy. L’ouverture est à ce titre éloquente, avec son thème entrainant parsemé de râles féminins, accompagnant une scène de massage qui se transforme rapidement en quelque chose de beaucoup plus douteux. Comme souvent dans le giallo, les apparences sont faites pour être trompeuse, et la figure perverse, ici la cliente jouée par l’icone Barbara Bouchet, va très rapidement se transformer en victime. Le modus operandi de ce tueur sadique ? Immobiliser ses victimes d’une aiguille d’acuponcture dans la nuque pour ensuite les éventrer durant leur agonie.
Le lent venin de la mort
Cette proximité avec une guêpe particulière qui s’attaque à la tarentule pour l’inséminer à son insu sera l’une des pistes suivies par l’inspecteur Tellini (excellent Giancarlo Giannini), tout comme celle d’un trafique de drogue, de menace de chantage qui semble frapper plusieurs pauvres femmes… Mais à l’instar des traits tirés du policier, toujours en proie aux doutes et menaçant constamment de tout laisser tomber, le film pousse déjà vers une forme de banalisation de la perversité et de la malhonnête qui culminera dans un final aussi gratuit que désespéré. Le ton très particulier de ce métrage, faussement langoureux et surtout d’une rare mélancolie, provient certainement de l’œil de Paolo Cavara. Un cinéaste souvent très méconnu mais qui avait fait ses premières armes sur le film documentaire douteux Mondo Cane, puis confirmé son regard misanthrope sur le très réussi La Cible dans l’œil critiquant justement directement les atours du mondo. On retrouve ici pleinement cette défiance, voire cette aversion, pour ses contemporains dans la description d’une cité très moderne (excellente utilisation de la Rome vide, froide et contemporaine) habitée par une foule qui ne fait que cacher une humanité veule et criminelle, et par une caméra qui ne résiste jamais très longtemps à la tentation du documentaire.
L’épilogue du film et ses plans volés, voyant le protagoniste, éreinté, lessivé, les yeux cernés de noir, se perdre dans la foule, évoque une certaine fatalité tout autant qu’un désintérêt ironique pour les vagues explications freudiennes qui viennent d’être évoquée pour expliciter les motivations du tueur. Un giallo terriblement noir… comme le ventre de la tarentule.
Image
Surprenante et superbe copie que voilà ! Une restauration redoutable effectuée à partir d’un nouveau scan 4K des négatifs 35mm. Le nettoyage est de qualité, les cadres profitent pleinement d’une stabilisation moderne, la définition vient délivrer une profondeur invisible depuis des lustres, mais se sont les textures du film qui impressionnent le plus. Le grain a été harmonieusement préservé, l’image préserve sa rudesse de l’époque mais avec une délicate suavité qui sied si bien au giallo. Par-dessus le tout, l’étalonnage Dolby Vision / HDR 10 étoffe le film d’une colorimétrie chaude et contrastée, mêlant des noirs profonds et des teintes rouges et vertes aux airs de velours.
Son
Le film est proposé uniquement dans ses monos d’origines, DTS HD Master Audio, et ce n’est pas plus mal. La version originale se montre la plus naturelle et équilibrée, avec une belle restitution des dialogues et des musiques, sans perdition notable. Le doublage français, plus en retrait, n’a pas la même énergie mais la prestation reste honorable.
Interactivité
35ème coffret des Editions Prestige Limitée de Carlotta Films avec La Tarentule au ventre noir qui se love dans l’habituel boitier en carton solide, affichant ici un superbe visuel célébrant les charmes de Barbara Bach. A l’intérieur on retrouve quelques goodies pour collectionneurs avec un autocollant et les reproductions de l’affiche, de photos d’exploitation et même du livret distribué dans les salles pour la sortie du film.
Bien rangés dans leur digipack, les disques UHD et Bluray contiennent les deux même suppléments vidéos. Soit une présentation du film par Mr Jean-François Rauger de la cinémathèque française, spécialiste du cinéma d’exploitation, et que redessine les contours du giallo et la manière dont La Tarentule au ventre noir s’y inscrit totalement avec ses petites touches personnelles. L’intervention est suivie par une interview un peu datée (image SD) de l’actrice Barbara Bouchet qui traverse largement sa carrière italienne, sa longue prise d’écart avec l’industrie puis son retour remarqué dans le Gangs of New York de Martin Scorsese.
Liste des bonus
Fac-Similé du guide publicitaire d’époque, 6 Lobby Cards, Autocollant, Affiche, Paralysie (27’), Le Ventre blanc de Barbara (10’), Bande annonce.







