LÀ OÙ CHANTENT LES ÉCREVISSES

Where the Crawdads Sing – États-Unis – 2022
Support : Bluray
Genre : Thriller
Réalisateur : Olivia Newman
Acteurs : Daisy Edgar-Jones, Taylor John Smith, Harris Dickinson, David Strathairn, Michael Hyatt
Musique : Mychael Danna
Durée : 125 minutes
Image : 2.35
Son : DTS HD Master Audio 5.1 Anglais, Français, Espagnol
Sous-titres : Français, anglais, italien, espagnol…
Éditeur : Universal
Date de sortie : 15 décembre 2022
LE PITCH
Kya, une petite fille abandonnée, a grandi seule dans les dangereux marécages de Caroline du Nord. Pendant des années, les rumeurs les plus folles ont couru sur la « Fille des Marais » de Barkley Cove, isolant encore davantage la sensible et résiliente Kya de la communauté. Sa rencontre avec deux jeunes hommes de la ville ouvre à Kya un monde nouveau et effrayant ; mais lorsque l’un d’eux est retrouvé mort, toute la communauté la considère immédiatement comme la principale suspecte. A mesure que la vérité sur les événements se dessine, les réponses menacent de révéler les nombreux secrets enfouis dans les marécages.
L’enfant du marais
Adaptation attendue du roman à succès de Delia Owens écoulé à plus de 15 millions d’exemplaires, Là où chantent les écrevisses en tire un mélodrame poétique, célébrant autant la nature qu’une féminité résistante. Un joli portait, mais un peu trop lisse pour vraiment convaincre.
Imposant roman accédant de pas loin aux 500 pages bien tassées, Là où chantent les écrevisses fut immédiatement soutenu et plébiscité par l’actrice Reese Witherspoon, elle-même originaire de la Louisiane, qui s’est empressé d’en acquérir les droits pour en produire l’adaptation cinématographique. L’évocation d’une jeunesse passée, seule, dans les paysages naturels des marais de la Caroline du Nord, un récit de survit au cœur de la nature, mais aussi face à une masculinité particulièrement paternaliste, toxique et brutale dans cette Amérique des années 50-60, qui fait bien entendu toujours autant écho aujourd’hui. Delia Owens y décrit en prenant le temps nécessaire les premières années de Kya au sein d’une famille hantée par un père alcoolique et violent, la fuite progressive de la mère, des sœurs et l’abandon final par le géniteur laissant la gamine à se débrouiller dans ce décor tout à tour inquiétant, difficile, limite insalubre, mais aussi plein de vie, de promesses et de beauté. Accusé du meurtre d’une jeune homme plein de promesse à Barkley Cove, elle se raconte en flashback, grandit, s’instruit, découvre l’amitié, l’amour, l’injustice et bien entendu la puissance de la nature dans un récit au long court et fort de nombreux détails patiemment disposés.
À la pêche aux moules, moules…
Malheureusement de cette construction touffue et progressive, le film ne semble en garder en mémoire que son histoire d’amour, triangle amoureux compliqué par le destin et les mœurs de l’époque, partagé entre l’ami d’enfance qui l’a délaissé pour partir à l’université et le fier à bras local qui lui fait miroiter une acceptation à venir. L’enfance et la lente affirmation de son indépendance et de ses connaissances astronomiques sur son lieu de vie sont trop rapidement évacués, simplifiés, tandis que les zones d’ombre du marais, sa dangerosité et ses aspects moins glamour gentiment mis de coté. Réalisatrice de Mon premier combat dispo sur Netflix et de quelques épisodes pour les séries Chicago Fire et FBI, Olivia Newman idéalise constamment son décor, cherchant à en faire l’écho à la beauté sauvage de Kya (grande découverte que Daisy Edgar-Jones, croisée dans la série Normal People), à ses passions enflammées, à sa sensualité et à l’amour immodéré quelques portes à la faune et la flore. Des contours trop sucrés, trop sages aux airs justement de téléfilm de luxe et de chronique nostalgique, où l’on passe bien souvent à coté de toute forme d’ambiguïté ou d’évocation plus cruelle d’une réalité encore bien plus dure que ce le long métrage nous explore. Des séquences proches du film de procès aux éléments du mystère qui auraient pu s’engouffrer plus franchement dans les attributs d’un thriller plus noir, d’un portrait plus complexe, le film de Newman privilégie les ingrédients le plus lumineux et les plus chaleureux. Agréable mais bien trop chaste pour accéder à la beauté profonde du roman.
Image
Un transfert HD à partir d’une source numérique 4K qui délivre assez naturellement toutes les bonnes choses que l’on attendait de lui. Une image lumineuse, limpide, parfaitement définie et souvent auréolé d’une profondeur plus que satisfaisante (les paysages sont sublimes), où même les noirs et les séquences sombres tiennent fermement le piqué. Seule finalement une légèrement sensation récurrente de bruit un peu fluctuant peu gâcher les belles intentions techniques du Bluray.
Son
Voilà des pistes DTS HD Master Audio 5.1 particulièrement agréables, tant elles développent des atmosphères délicates et naturelles, ajoutant si ce n’est une dynamisme très poussée, des ambiances doucement enveloppantes ravivant les sensations vécues par Kya dans les incontournables marais.
Interactivité
Petite édition pour Là où chantent les écrevisses qui se compose d’un court making of revenant sur l’adaptation du roman (en présence de l’auteur), l’actrice principal, la réalisation, accompagnée de sujets supplémentaires sur les décors et la place des femmes dans les récits. On espérait beaucoup de la petite vingtaine de minutes de scènes coupées qui auraient pu redonner corps à certains passages du livre écarté, mais en dehors de deux-trois anecdotes supplémentaires, pas grande de bien passionnant là dedans.
Liste des bonus
« L’adaptation d’un phénomène » (9’), Clip : « Carolina » par Taylor Swift,
Création des décors (6’), Femmes à l’honneur (6’), Scènes coupées (18’), Bandes-annonces.