LA NUIT DE L’ÉPOUVANTAIL

Dark Night of the Scarecrow – Etats-Unis – 1981
Support : 4K UHD & Bluray
Genre : Horreur
Réalisateur : Frank De Felitta
Acteurs : Charles Durning, Lane Smith, Robert F. Lyons, Claude Earl Jones, Larry Drake, Tonya Crowe, Jocelyn Brando…
Musique : Glenn Paxton
Durée : 97 minutes
Image : 1.33 16/9
Son : Anglais et Français Dolby TrueHD 5.1
Sous-titres : Français
Éditeur : BQHL Editions
Date de sortie : 29 mai 2025
LE PITCH
Bien qu’affligé d’un retard mental, Bubba Ritter est le plus gentil, le plus adorable des hommes. Après l’attaque de son amie, la toute jeune Marylee, par un chien de garde, il passe pour être le coupable de l’agression aux yeux d’Otis Hazzelrig, un postier jaloux et revanchard. Accompagné de trois complices, Otis tue Bubba, abandonnant son cadavre dans le déguisement d’épouvantail qui aurait pu le sauver. Acquittés faute de preuve, les quatre tueurs sont relâchés et se croient sauvés.
Cœur de paille
Diffusé au milieu des années 80 sur feue « La Cinq » sous le titre Les Fleurs de sang et depuis devenu culte, La Nuit de l’épouvantail peut être redécouvert dans des conditions optimales aujourd’hui grâce à l’éditeur BQHL.
La nuit de l’épouvantail place son action dans une petite communauté agricole américaine. La présence de Bubba (interprété par un Larry Drake touchant), un déficient mental de 36 ans, en inquiète plusieurs. Ce dernier est beaucoup apprécié des enfants et de Marylee, une petite fille, et passe donc ses journées à s’amuser avec elle. Malheureusement, certaines personnes à la mentalité archaïque croient que ce n’est qu’une question de temps avant que Bubba abuse de la fillette. Lorsque Marylee se fait sauvagement attaquer par un chien, le facteur de la bourgade conclut évidemment que Bubba est le responsable. Aidé de ses trois autres amis, il décide de faire justice à la fillette et d’éliminer définitivement toutes sources d’inquiétudes reliées à Bubba. Alors que ces pseudo-justiciers le traquent, Bubba, sur les conseils de sa mère, se cache dans le costume d’un épouvantail et fait le piquet dans le milieu d’un champ… malheureusement, la ruse ne prend pas, les quatre hommes le criblent de balles. Quand la rumeur de l’implication de Bubba dans l’agression de Marylee est écartée, le mal est fait, mais les quatre hommes sont acquittés du meurtre en plaidant la légitime défense. Tandis que la vie reprend son cours normal dans la petite communauté, un à un, les meurtriers retrouvent un épouvantail sur leur terrain avant de mourir dans d’étranges circonstances.
Meurtres à la campagne
La nuit de l’épouvantail reprend en quelques sortes les règles du slasher, la violence graphique et les effets gores en moins vu que c’est un téléfilm, et le boogeyman ne s’en prend pas à un groupe de jeunes, mais bien aux bourreaux du pauvre Bubba. Le plus intéressant, c’est que le téléfilm choisit de se focaliser sur ces quatre hommes, et en particulier sur le facteur, Otis (interprété par un très bon Charles Durning). Otis, c’est lui qui mène la bande, qui a voulu le premier la mort de Bubba, et qui fera tout ce qu’il peut pour essayer de résoudre les problèmes qui leur tombent dessus après le procès. Autre point intéressant, pendant un bon moment l’explication rationnelle est privilégiée. Celui qui leur en veut ne peut être que l’avocat de la mère de Bubba, ou alors c’est carrément une vengeance de celle-ci. Peu à peu, les complices d’Otis vont paniquer, seul lui, gardera la tête froide (souvent pour le pire). Bien sûr, la vengeance est un plat qui se mange froid, et que comme c’est Otis qui avait décidé le premier d’éliminer Bubba, il passera en dernier. Et la scène finale nous permet de comprendre de quoi il s’agit exactement, même si on s’en doutait quand même un peu beaucoup.
Victime et tueur
Au départ prévu pour être une petite série B puis racheté par la chaine CBS, le projet fut inévitablement transformé en téléfilm pour une soirée Halloween. Mais petite lucarne oblige, la suggestion est alors de mise lorsque vient le moment d’éliminer les quatre criminels, mais ça n’empêche pas le réalisateur Frank De Felitta (surtout connu pour avoir écrit les deux roman Audrey Rose et L’Emprise) de ruser en trouvant des façons inventives de procéder malgré les contraintes de la censure télévisuelle. Mais ce téléfilm est beaucoup plus qu’une simple histoire de vengeance, il dénonce le comportement de l’américain moyen, qui voit dans l’anormalité de l’autre une menace, qu’il ne faut pas hésiter à éliminer lorsque l’occasion se présente. Le fait que cette thématique ne vieillisse pas puisqu’aujourd’hui encore les mentalités n’ont pas vraiment évoluées fait que cette trame de départ est toujours très pertinente. Celui qui est perçu comme différent est rapidement pointé du doigt, perçu comme anormal, et donc, il représente un danger potentiel. Le passage du procès en est une autre illustration : les coupables sont acquittés par le juge, qui fait preuve d’une grande complaisance à leur égard, ne souhaitant pas condamner quatre hommes qui participent à la vie de la bourgade, alors que Bubba, ce type bizarre et asocial, de toute façon ça se serait quand même mal fini pour lui. Il n’y aura que sa mère pour le pleurer.
La Nuit de l’épouvantail est une petite perle aujourd’hui tombée dans les oubliettes, sauf pour certaines personnes qui avaient été agréablement surprises, dont l’auteur de ces lignes, lors de sa diffusion à la télévision. Pourvu d’un scénario solide, d’un très bon casting, d’une réalisation impeccable et inventive, on passe un très bon moment.
Image
Incroyable que ce petit téléfilm reposant énormément sur sa gentille réputation et une certaine nostalgie nous parviennent ces jours-ci dans une copie 4K digne des plus grandes classiques. S’il parait évident que le nettoyage numérique n’y est pas toujours allé avec le dos de la cuillère, le résultat demeure assez impressionnant, très propre (même si quelques taches et rayures persistent), pointu et doté d’un piqué costaud. La colorimétrie a clairement été dopée et le film de dote d’atours cinématographiques qu’on ne lui soupçonnait pas. Une très belle surprise.
Son
Le mono d’origine a été remixé en Dolby TrueHD 5.1, donc s’il y a quelques petits effets plutôt sympas, une bonne dynamique au niveau des ambiances, la spatialisation se fait quand même discrète. Le son est toujours clair et cette modernisation n’affecte pas trop le rendu naturel.
Interactivité
L’édition de BQHL propose en ouverture une longue présentation du film par Jean-François Dickeli, chroniqueur chez Culturopoing, question de tous se remettre dans le bain, avant de passer aux deux plats les plus importants : un making of rétrospectif extrêmement complet et développé, entre souvenir de tournage et nostalgie générale, et un segment plus long encore, mais un peu redondant, où la parole est pleinement laissée aux fans à l’occasion des 30 du téléfilm. Un enthousiasme débordant qui pourrait convaincre les plus réticents.
Liste des bonus
« La Nuit de l’épouvantail » : Rencontre avec les fans (48’), « Bubba est innocent » : Les 30 ans de l’épouvantail (31’), Présentation du film par Jean-François Dickeli (18’).





