LA NONNE : LA MALÉDICTION DE SAINTE-LUCIE

The Nun II – Etats-Unis – 2023
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Horreur
Réalisateur : Michael Chaves
Acteurs : Taissa Farmiga, Jonas Bloquet, Stom Reid, Anna Popplewell, Bonnie Aarons, Katelyn Rose Downey…
Musique : Marco Beltrami
Image : 2.39 16/9
Son : Dolby Atmos Anglais, Dolby Digital 5.1 français, anglais, italien, allemand…
Sous-titres : Français, allemand, néerlandais, italien…
Durée : 110 minutes
Editeur : Warner Bros. Entertainment France
Date de sortie : 24 janvier 2024
LE PITCH
Depuis les événements survenus dans l’abbaye roumain de Saint-Carta, la sœur Irène Palmer a repris son activité dans un couvent en Italie. Maurice Thériault a trouvé, lui, un emploi dans un pensionnat pour jeunes filles en France. Il s’y est lié d’amitié avec l’institutrice de l’école, Kate, ainsi qu’avec sa fille Sophie. Or le démon Valak rôde. Un matin, dans la réserve de l’établissement, une jeune livreuse surprend Maurice plongé dans un état second avant que la nonne diabolique ne se manifeste et ne lui brise le cou !
A réclusion
Plus gros succès de toute la franchise The Conjuring, devançant même l’insupportable poupée Annabelle, La Nonne revient tout naturellement pour un second épisode prosélytique à souhait mais entièrement tourné cette fois-ci dans le Sud de la France. On se dit qu’au moins on pourra faire un peu de tourisme en route…
Pourtant même si la production peu se vanter d’avoir tourné la quasi-intégralité du film dans de véritables décors de la ville d’Aix en Provence (pour figurer le village de Tarascon) et d’avoir profité de bâtisses anciennes sur place, il est difficile d’y reconnaitre une quelconque esprit local. On ne parle pas ici du chant des cigale ou d’un quelconque effets carte postale, mais bien d’une photographie, d’une atmosphère véritablement héritée des films français de l’après-guerre. La Nonne 2 est avant tout un nouveau chapitre de la longue saga pseudo-horrifique des The Conjuring et se doit donc de se plier docilement au cahier des charges. Teintes uniformisées vers les marrons, photo sombres, ruelles illuminées par de faibles ampoules, couloirs de pensionnats totalement interchangeables, que l’on soit à Tarascon, en Roumanie ou dans le Connecticut de Sous l’emprise du diable, l’esprit visuel reste désespérément identique. Difficile dès lors d’y faire naitre une aura sensiblement sophistiquée, de rejouer sur les codes d’un film de maison hanté ou d’imposer une certaine forme d’originalité pour le réalisateur Michael Chaves (La Malédiction de la Dame Blanche).
Trois je vous salue marie et au dodo
D’ailleurs, même quand un début d’idée pointe son nez, il se fait inévitablement rattrapé par le carcan de la saga, à l’instar de cette jolie scène du kiosque à journaux où les pages se mettent à bouger frénétiquement toutes seules et dont les différentes images finissent par reproduire la silhouette reconnaissable du démon Valak : une vraie idée visuelle mais qui tire en longueur pour s’achever par un jumscare stupide et prévisible. Ces derniers interviennent d’ailleurs toutes les cinq minutes, comme un aveu d’impuissance à mettre en place de véritable sensation d’inquiétude et de peur. Embarqué cette fois-ci dans une véritable quête de McGuffin à la Indiana Jones (les yeux reliques de Sainte-Lucie), les héros du premier épisode Sœur Irene (Taissa Farmiga) et Maurice (Jonas Bloquet) désormais possédé par vilaine Nonne, sont les malheureusement hôtes d’une aventure qui viendrait plus piocher du coté des Uncharted, voir carrément des derniers films Marvel dans les pouvoirs démesurés désormais conférés par la foi, que vers la suggestion diabolique de La Maison du diable ou de la mélancolie déchirante du superbe La Femme en noire, pour donner un titre plus récent.
Il semble compliqué de se passionner pour cette Malédiction de Sainte-Lucie, faux film d’horreur déroulé comme un simple épisode d’une licence à succès, décalque bien sage des huit autres films que comportent l’univers The Conjuring et qui bien entendu se refuse la moindre once d’ambiguïté ou de complexité sur son traitement christique. La petite religieuse, un poil rebelle et doutant de l’autorité ecclésiastique, interprétée par Storm Reid (Euphoria, The Suicide Squad) se dépêchant de rentrer sagement dans le rang afin de vaincre le mal dans un final feu d’artifice et béni par la grâce divine. Alléluia ?
Image
Constamment plongé dans la pénombre, filmé dans des intérieurs sombres à la pierre épaisse, La Nonne II ne se montre pas particulièrement généreux sur support Bluray. Les matières légèrement lisses, les noirs un peu écrasants et les teintes en bernes rendent certains passages un poil difficile à suivre. En native 4K sur l’UHD, il s’en sort certainement mieux avec une tenue des noirs beaucoup plus ouverte et progressive et un HDR10 qui résout les petits soucis d’affichage en ajoutant des touches de couleurs beaucoup plus fortes et variées. Pas vraiment une démonstration de force, mais au moins le rendu final et convaincant, voir solide.
Son
La piste française ne fera pas trop d’étincelles en Dolby Digital 5.1, surtout que son homologue anglaise est largement au-dessus avec une prestation Dolby Atmos tout à fait tendue et dynamique. Quelques ambiances plus réalistes de-ci de-là avec de légères sensations d’enveloppement et une restitution des échos des bâtisses ou des quelques passants d’une rue, mais comme le film est volontairement étouffé, les performances sonores se font surtout sur les apparitions des forces du mal, boostant les jumpscares et martelant le caisson de basse à chaque vision de la nonne. Pas des plus subtiles, mais percutant.
Interactivité
Pas grand-chose à se mettre sous la dent avec deux petites featurettes bien promo et bien calibrées. La première revient sur le tournage en France, les liens avec le premier film avec un petit regard enthousiaste sur les coulisses, tandis que le second se consacre aux effets spéciaux et aux maquillages avec l’insistance sur la prédominance des effets réels par rapports aux images de synthèse… au moins ceux-là sont réussis.
Liste des bonus
« Un Démon au Paradis » (5’), « Cauchemars artisanaux » (7’).