LA NONNE (2005)

La Monja – Espagne – 2005
Support : Bluray & DVD
Genre : Horreur
Réalisateur : Luis De La Madrid
Acteurs : Belen Bianco, Anita Briem, Oriana Bonet, Manu Fullola…
Musique : Luc Suarez
Durée : 101 minutes
Image : 2.35 16/9
Son : Français et espagnol DTS-HD Master audio 5.1
Sous-titres : Français
Editeur : ESC Editions
Date de sortie : 07 avril 2021
LE PITCH
Élèves dans une école privée, six jeunes femmes subissent les mauvais traitements d’une nonne impitoyable. Quand l’une d’entre elles tombe enceinte, cette dernière décide de la « purifier » par la torture. Ses amies décident de l’aider et d’intervenir. La nonne disparaît et quelques semaines plus tard, l’école ferme ses portes. 17 ans après ces événements, les six amies ont grandi et se sont éloignées, afin d’oublier cette le terrible secret qui les lie.
Sœur sadique
Sortie en 2005, alors que le cinéma fantastique horrifique est en plein boom, notamment celui espagnol qui s’est retrouvé une seconde jeunesse, La Nonne était vendu comme l’équivalent de La Secte Sans Nom ou L’échine du Diable. Le film n’eut pas le même succès que ses contemporains et malheureusement le temps ne lui rend pas justice.
La figure de la nonne est bizarrement assez liée au cinéma de genre et à celui de l’horreur, bien plus que celle du prêtre ou du curé. En tout cas, plus que ses compagnons religieux qui représentent des figures du bien (L’Exorciste ou certains Dracula), elle est principalement illustrée au travers de figures négatives, soumises à la folie comme dans Le Narcisse noir ou Les Diables ou alors comme dans le film qui nous intéresse ici, complètements maléfiques et surnaturelles.
L’histoire nous raconte la vengeance d’outre-tombe d’une nonne auprès de ses anciennes élèves qui après de nombreux mauvais traitements de sa part, l’ont assassiné. Des années plus tard elles sont tuées les unes après les autres par le spectre de la femme qui cherche aussi à s’en prendre à la fille de l’une d’elles. Ce pitch vient d’une idée de Jaume Balaguero, réalisateur de La Secte Sans Nom, Darkness et plus tard de Rec. Il fut l’un des principaux artisans de la renaissance du cinéma de genre espagnol dans les années 2000, aux côtés de Guillermo Del Toro, Nacho Cerda ou Juan Antonio Bayona. Cette idée est tout à fait en adéquation avec les thématiques que l’on a pu retrouver dans chacun des films de ces réalisateurs, qui mettaient souvent en scène des spectres du passé revenant hanter les personnages.
Ennui au couvent
Le pays portant encore les stigmates de la guerre civile qui le coupa en deux, et qui fut suivi de presque 40 ans de dictature du général Franco, ces histoires de fantômes étaient des métaphores parfaites pour une génération ayant grandi dans un pays ayant du mal à se reconstruire.
Et pourtant si La Nonne n’a pas autant marqué les esprits que les autres projets de Balaguero c’est bien parce que le réalisateur s’est contente de déléguer à une équipe beaucoup moins compétente que lui…
Ce qui se sent très vite, dès les premières séquences du film, les trois premières précisément. Elles introduisent chacune un élément du film important et toutes les trois sont ratés. La première est un flashback qui présente la nonne de son vivant et sa relation pour le moins tendu avec ses six élèves, mais souffre de dialogues sur-explicatifs et d’une caractérisation des personnages grossière. La séquence suivante nous ramène de nos jours pour nous présenter les protagonistes principaux avec la même subtilité du film et la troisième met en scène la vengeance du spectre sur une de ses anciennes élèves. Et ce qui est censé être un des cœurs du film, les scènes horrifiques, se trouve être très peu inspirée au niveau des cadres (on voit à des kilomètres d’où la menace va arriver), très mal rythmé (les jump scares ont constamment un temps de retard) et ne met jamais en valeur la Nonne qui est pourtant sensée être l’attraction principale.
Passé cette triple introduction ratée, le film sombre totalement lors de la seconde attaque, où la nonne apparaît en sortant d’un W.C (scène qui au lieu de provoquer l’effroi a au moins le mérite d’être très drôle) et où sa victime prend le temps d’enfiler une robe de chambre avant de fuir devant cette apparition.
Tout le reste du film est de cet acabit, cumulant les clichés, des effets de mise en scène très pauvres qui se contentent de répéter plusieurs fois le même plan (la nonne qui fonce vers l’écran) et un scénario qui pioche à droite à gauche dans les succès d’à côté. On peut donc très aisément passer à côté et se reporter plutôt sur le Abandonnée de Nacho Cerda qui ressort lui aussi en bluray chez ESC Editions, bien plus incarné et inspiré, dans la droite lignée de ce que le cinéma espagnol est capable d’offrir de mieux.
Image
Malgré quelques plans manquant parfois de définition, c’est plutôt un bon transfert qui nous est proposé ici. La photo plutôt sombre du film est ici bien contrastée et met en valeur les quelques jeux de lumières.
Son
Rien à redire sur les deux pistes proposées sur le blu-ray, que ce soit en VO ou VF, le mixage DTS-HD 5.1 fait du très bon travail et propose un bon rendu que ce soit au niveau des ambiances, des dialogues ou des sons, tout est très bien équilibré.
Interactivité
Les deux premiers bonus sont des entretiens tournés récemment, le premier est avec le réalisateur Luis De La Madrid. Il nous raconte son parcours et l’émergence de la nouvelle génération de réalisateurs espagnoles dont il a fait partie, avec Jaume Balaguero.
On retrouve ensuite un entretien avec le toujours excellent Christophe Lemaire qui nous dresse un portrait du cinéma fantastique espagnol, des années 60 à nos jours, des carrières de Luis De La Madrid et Brian Yuzna et l’historique de la « Nunsplotation ». Il s’amuse de voir que le film a inspiré le personnage de la nonne diabolique de la série Conjuring mais se garde bien de donner son avis sur le film malgré le titre du bonus. Une rencontre sympathique (qui se conclu sur une image finale très drôle) mais qui contient plusieurs erreurs de montage, avec des illustrations qui ne correspondent pas aux films cités.
Le troisième bonus est la fin alternative. Si elle peut paraître longue (11 minutes) au premier abord elle est en fait constituée de 5 min du générique de fin et ne propose pas vraiment de grosses différences avec la fin cinéma. Elle est proposée uniquement en SD.
On passe ensuite à un making of d’époque plutôt promotionnel dans son discours mais avec quand même quelques infos intéressantes à piocher, notamment l’urgence dans lequel le film a été produit.
Et pour finir le dernier module est un montage d’une dizaine de minutes d’images brut du tournage.
Liste des bonus
Histoire d’eaux (43’), La Nonne vu par Christophe Lemaire (17’), Fin Alternative (11’)n Making Of (24’), Coulisses du tournage (09’).