LA MÉLODIE DU BONHEUR

The Sound of Music – Etats-Unis – 1965
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Comédie musicale, Drame
Réalisateur : Robert Wise
Acteurs : Julie Andrews, Christopher Plummer, Richard Haydn, Eleanor Parker, Peggy Wood, Charmian Carr…
Musique : Richard Rodgers, Oscar Hammerstein
Image : 2.20 16/9
Son : Dolby Atmos Anglais et DTS 5.1 Français, Allemand, Espagnol…
Sous-titres : Français, Anglais, Allemand, Chinois…
Durée : 176 minutes
Éditeur : 20th Century Studios
Date de sortie : 12 novembre 2025
LE PITCH
Un veuf va voir sa tranquillité terriblement menacée par le charme d’une gouvernante engagée pour veiller sur sa nombreuse progéniture.
My Favorite Things
Véritable institution et adulé comme un incontournable de la comédie musicale outre-Atlantique, La Mélodie du bonheur est toujours évoqué du bout des lèvres en France, où de toute façon les grands sentiments et les chansons enjouées de Broadway n’ont jamais eu bonne presse. La Mélodie du bonheur est certainement un petit cauchemar pour les épidermiques au lyrisme kitch, mais cela reste un très grand film.
Imaginé une nouvelle fois par le duo Oscar Hammerstein (librettiste) / Richard Rodgers (compositeur) déjà à l’origine d’énormes cartons populaires comme La Foire aux illusions, South Pacific, Caroussel, Oklahoma et bien entendu Le Roi et moi, La Mélodie du bonheur, adapté lui-même du récit autobiographique de Maria Augusta Trapp ne pouvait pas échapper, comme les autres, à un passage au cinéma. Mais là où souvent il s’agissait surtout d’articuler quelques scénettes autour de numéros musicaux déjà célèbres, la production de La Mélodie du bonheur se montra nettement plus ambitieuse, la 20th Century Fox étant convaincue de tenir de l’or entre ses doigts. Elle fit d’ailleurs des pieds et des mains pour convaincre Robert Wise, définitivement auréolé du succès de West Side Story trois ans plus tôt, de prendre la charge de sa réalisation. Pertinent certainement, cet immense artisan de l’ère des studios démontrant une nouvelle fois sa capacité à donner corps sans rupture de rythme, sans facilité et sans abus de naphtaline à une grande fresque musicale à l’ancienne, durée de près de trois heures et entracte comprise. Sa gestion de l’espace lors de ses scènes chorégraphiées (Do-Re-Mi qui s’achève par des escaliers transformés en partition, la danse romantique sous la tonnelle alors que la pluie tombe drue…), son utilisation brillante des paysages naturelle explosant dès le gigantesque travelling d’ouverture, l’alternance maitrisée entre les intérieurs de studios et les extérieurs, sont une fois encore des petits trésors de savoir-faire et d’inspiration.
« The Hills are Aliiive… »
Surtout, en bouleversant quelque-peu l’ordre des chansons, en évacuant certaines pour en faire produire deux inédites, et en se recentrant régulièrement sur des personnages capables de plus nombreuses pauses parlées plutôt que chantées, il insiste sur les instances dramatiques du film. Le triangle amoureux mis en place dans la première partie entre « le capitaine » , la baronne et bien entendue l’adorable et fantasque nourrice y gagne une bonne part de maturité et de véracité (aidé il faut bien le dire par d’excellents dialogues en allusions et des acteurs hors-pairs) , tandis que le revirement beaucoup plus sombre du dernier tiers du film se fait avec un glissement nettement plus naturel et logique. D’ailleurs, cette évocation conclusive de la fuite de la famille Trapp pour échapper à l’enrôlement de force du père dans l’armée Nazi, rappelle aussi que Robert Wise est un petit maitre du suspense : la traque silencieuse dans le cimetière du couvent est un petit bijou de mise en scène et de silences. Un grand film célébrant finalement tout ce que la méthode hollywoodienne pouvait apporter de meilleur, au service d’un spectacle musical rayonnant, confrontant une page noire de l’histoire avec un sentiment d’espoir et de vie toujours aussi réjouissant et emballant. Les mélodies n’ont certainement rien perdu de leur efficacité (difficile de ne pas taper des pieds en écoutant My Favorite Things ou I Have Confidence) et l’enthousiasme débordant de la fabuleuse Julie Andrews ne faiblira sans doute jamais. Avec un petit quelque chose de sa Marry Poppins, en plus espiègle et naïve sans doute, l’actrice emporte tout sur son passage et même le grincheux et rigide ancien héros de guerre joué l’air faussement pincé par un très sympathique Christopher Plummer, finira forcément à son tour à reprendre le chemin de la vie pour le plus grand plaisir des cœurs tendres.
Un grand bonheur de cinéma familial et universel qui resta numéro 1 du box-office mondial durant 6 ans, faillit même détrôner Autant en emporte le vent et s’offrit dans la foulée cinq oscars dont meilleur film et meilleure actrice. Un classique, un vrai.
Image
Dopé par une nouvelle restauration produite à partir d’un scan 8K ( !!!) des négatifs originaux 65mm, cette copie 4K emporte La Mélodie du bonheur vers de nouvelles cimes. Les paysages grandioses des montagnes autrichiennes apportent plus de profondeur que jamais, toutes les séquences extérieures sont à tomber à la renverse par la puissance de la définition déployée, et les intérieurs, légèrement plus doux et « Technicolor », se découvrent des finesses inexplorées. Le Dolby Vision n’est peut-être pas aussi frappant qu’on l’attendait (il faut dire que le précédent Bluray était déjà bien vif et contrasté) mais souligne des ombres plus délicates, des dégradés plus riches et des reflets naturels admirables. Autres bonheurs, les argentiques sont d’une rare élégance et le grain, fin et organique, est impeccablement géré tout du long. Splendide et intensément cinématographique.
Son
Pas de changement en vue pour le doublage français (on notera que les chansons aussi avaient été traduites) qui se contente tranquillement de son petit DTS 5.1 pas désagréable mais un peu écrasé aux encornures. Par contre la version originale profite désormais d’un Dolby Atmos inédit qui malgré un mixage initial extrêmement porté sur les voix et les chants (logique) avec un détachement notable des contours sonores réalistes, réussit à développer une spatialisation bien ancrée, faisant rejaillir des ambiances moins discrètes mais jamais envahissantes. Surtout, il souligne mieux que jamais la pureté des voix des performeurs et laisse profiter pleinement des richesses de l’orchestration.
Interactivité
Version hexagonale de la récente édition 60ème anniversaire américaine, cette sortie française en reprend le visuel du packaging mais seulement une toute petite partie des bonus. Les deux commentaires audios d’archives (les acteurs d’un coté et surtout Robert Wise de l’autre) et les options de visionnage (avec karaoké et l’accès direct aux chansons) sont bien présents sur les disques UHD et Bluray mais cela s’arrête là. Adieux donc le second Bluray contenant des tonnes d’interviews et documentaires (dont un imposant sur les compositeurs de la comédie musicale), de documents d’archives et de petits trésors pour les fans et les cinéphiles. Les Français eux devront se consoler avec les trois cartes postales glissées dans le boitier. Euh…
Liste des bonus
3 cartes postales collector, Commentaire audio de Julie Andrews, Christopher Plummer, Charmian Carr, Dee dee Wood et Johannes Von Trapp, Commentaire audio de Robert Wise, Le film en version karaoké, Le jukebox de « La Mélodie du Bonheur ».






