LA LÉGENDE DES 8 SAMOURAïS

里見八犬伝 – Japon – 1983
Support : Bluray
Genre : Fantastique
Réalisateur : Kinji Fukasaku
Acteurs : Sonny Chiba, Hiroyuki Sanada, Hiroko Yakushimaru, Etsuko Shihomi, Yuki Meguro, Mari Natsuki, Kenji Ôba…
Musique : Yukio Aizawa, Joey Carbone, Toshio Kihara, Hiroyuki Namba, Masahide Sakuma, Richie Zito…
Image : 1.85 16/9
Son : Japonais DTS HD Master Audio 5.1 et 2.0, Français DTS Master Audio 2.0
Sous-titres : Français
Durée : 136 minutes
Éditeur : Le Chat qui fume
Date de sortie : 31 octobre 2026
LE PITCH
La famille Satomi a été décimée par la maléfique Tamazusa et son fils Matofuji, chefs du clan Hikita. Seule la princesse Shizu réchappe au massacre. En fuite, pourchassée par ses ennemis, elle croise le chemin du vaillant Dosetsu, un mystérieux guerrier. Celui-ci lui révèle l’ancienne rivalité entre les deux clans, ainsi qu’une légende : la lignée des Satomi pourrait être sauvée grâce à huit samouraïs, ressuscités par le pouvoir de huit boules de cristal.
Les héros de la lumière
Carton plein au box-office japonais aux cotés d’un certain Le Retour du Jedi, La Légende des 8 samouraïs était une nouvelle réponse du studio Kurokawa à l’invasion de blockbuster américains. Un film d’aventure aux moyens démesurés mélangeant combats de sabres, légendes anciennes, fantasy et esthétique so 80’s, mis en image par le prolifique, mais toujours inspiré, Kinji Fukusaku (Battle Royale).
Réalisateur culte pour les nombreux amateurs de cinéma d’exploitation asiatique et les thrillers secs et brutaux, Kinji Fukasaku a véritablement fait exploser son style dans ses nombreux et toujours réussis films de gangsters des années 60-70 comme Le Cimetière de la morale ou l’incontournable série des Combat sans code d’honneur. Mais le tournant des années 80 l’amène vers de nouveaux territoires avec des budgets de plus en plus importants, des commandes de studios en quête de grand public et une mise en scène qui sans oublier ses exigences se prête à une grammaire plus apaisée. Avec Les Évadés de l’espace, Virus ou Samouraï Réincarnation, Fukasaku est désormais un solide metteur en scène de studio et La Légende des 8 samouraïs apparait comme le point culminant de cette démarche. Déjà au centre du space opera concurrent de Star Wars, Les Evadés de l’espace, le très célèbre Nanso Satomi Hakkenden de Takizawa Bakin et sa troupe de grands héros prêts à se sacrifier pour sauver une gentille princesse et combattre le mal, est à nouveau remanié et modernisé. Mais le film se tourne cette fois-ci moins du coté de la science-fiction que d’un mélange de péripéties à la Indiana Jones (inspiration voulue), de Sword & Sorcery à la mode (Conan, Krull, Dark Crystal…) et un soupçon des 7 Samouraïs de Kurosawa (on pense aussi à La Forteresse cachée qui a inspiré… Star Wars) pour rester proche de l’univers codifié des Jidai-Geki.
Dream Team
Un sacré cocktail qui ne peut échapper à quelques grands élans de kitch, avec en particulier une musique electro-pop et des faux tubes de l’été pour le romantisme, mais qui profite pleinement de moyens importants pour construire son univers bigarré. Les costumes sont rutilants, entre pures armures de chanbara pompées sur celles de Kagemusha, élans disco et epic fantasy débridée, les décors en studio retrouvent la grandiloquence des péplums d’autrefois (dont un bain de sang particulièrement mémorable) et les effets spéciaux sont aussi généreux qu’ambitieux. En dehors de deux-trois plans conçu en vidéo (performants pour l’époque, terribles aujourd’hui), le reste a particulièrement bien vieilli entre des peintures sur verre pleines de finesse, des effets de lumières dignes d’un space opera et deux créatures mécaniques, une scolopendre géante et un python vorace copiée sur celui de Thulsa Doom. Fukusaku fait essentiellement ici office de grand chef d’orchestre, d’ordonnateur s’efforçant de préserver la cohésion globale, mais il sait aussi délivrer quelques vraies grandes séquences particulièrement spectaculaires dont un superbe combat au sabre dans un jardin où les pétales de fleurs de cerisier tombent comme de la neige, ou un grand final bondissant et explosif à l’audace tout à fait galvanisante. Comment d’ailleurs ne pas se laisser entrainer par l’énergie et le savoir-faire impeccable de l’équipe de cascadeurs et d’acteurs athlétiques de la Japan Action Team ? Elle est toujours dirigée par l’inénarrable Sonny Chiba, épaulé pour la circonstance par l’excellente Etsuko Shihomi (Sister Streetfighter), l’inoubliable Kenji Oba (X-Or c’est lui !) et le tout jeune et fringuant Hiroyuki Sanada (Shogun, John Wick 4, The Wolverine…) parfait en chien fou et love interrest de la belle princesse.
Du très beau monde où on n’oubliera pas la performance jubilatoire de la grande Mari Natsuki en méchante sadique et incestueuse (tant qu’à faire), pour un grand spectacle fun et distrayant, certes un peu confus parfois dans sa profusion de personnages, pas tous très bien exploités malheureusement, mais toujours généreux dans sa démesure et son rythme.
Image
Le Chat qui fume nous propose ici une restauration 4K en provenance directe du japon et de la Kadokawa. Pas beaucoup plus d’information sur le procédé, mais l’essentiel de la copie est manifestement composée d’un retour à la source 35mm et d’un nettoyage extrêmement poussé des cadres. Ces derniers sont particulièrement propres, vif et lumineux avec une maitrise très appréciable du grain et des textures. La profondeur est à nouveau présente et la haute teneur de la définition permet enfin de profiter largement de la richesse des décors, des détails des costumes et des fioritures esthétiques. La colorimétrie a elle aussi été revue à la hausse avec des contrastes tranchants et une palette clinquante qui assume tous ses aspects kitchs. Reste les trucages vidéo d’époque (comme on pouvait en voir alors à la télévision japonaise) qui n’ont pas pu être véritablement restaurés et qui tranchent cruellement avec le reste. L’explosion d’un décor, la transformation d’un méchant en cadavre momifié… ces courts instants nous parviennent avec un mélange de flou, de bruit vidéo et de couleurs fanées qui en gâchent aujourd’hui forcément l’impact.
Son
La piste japonaise est proposée dans une stéréo idéale, disposée en DTS HD Master Audio, profitant d’une belle fermeté, centrale, mais avec quelques petits élans dynamique bienvenus. Elle profite aussi désormais d’un nouveau mixage DTS HD Master Audio 5.1 qui s’en en faire trop réussit à donner un peu plus de souffle aux scènes d’action et aux instants plus spectaculaires en profitant de l’échappée d’une créature géante ou d’un combat bondissant.
Le Chat propose aussi un doublage français, un peu éteint et pas toujours des plus énergiques, mais qui permet au plus jeune de profiter du spectacle.
Interactivité
Fourreau cartonné et boitier scanavo full frame accueillent comme il se doit cette édition de La Légende des 8 samouraïs qui se paye le petit luxe d’un livret inédit. Rédigé par Paul Gaussem ce dernier fait un peu office de making of écrit, revenant la politique trans-média de la Kadokawa, la place de Fukasaku dans l’adaptation du roman d’origine, les différents grands noms liés aux questions techniques (photo, décors, effets spéciaux…) ainsi que tout naturellement un rappel des grands moments de la carrière des divers interprètes.
Forcément dans sa présentation proposée sur le disque Bluray, l’habitué Fabien Mauro partage plus ou moins les mêmes informations mais avec peut-être un peu plus de temps passé sur cette étonnante musique et l’importance de la Japan Action Club. Dans les deux cas, les intervenants connaissent leurs sujets.
Liste des bonus
Un livret signé Paul Gaussem, « La Légende de Fukasaku » par Fabien Mauro (38’), Bandes-annonces.








