LA LÉGENDE DE BAAHUBALI

बाहुबली: एक शुरुआत , बाहुबली 2: द कनक्लूज़न – Inde – 2015, 2017
Support : Bluray
Genre : Fantastique, Action
Réalisateur : S.S. Rajamouli
Acteurs : Prabhas, Rana Daggubati, Anushka Shetty, Tamannaah Bhatia, Sathyaraj, Ramya Krishnan, Nassar, Rohini…
Musique : M.M. Keeravani
Image : 2.46 et 2.39 16/9
Son : Telugu DTS Master Audio 5.1 et 2.0
Sous-titres : Français
Durée : 159 et 167 minutes
Éditeur : Carlotta Films
Date de sortie : 2 décembre 2025
LE PITCH
Sauvé des eaux à la naissance, Shiva développe en grandissant une force prodigieuse et un courage exceptionnel. Parvenu à l’âge adulte, il décide d’escalader la vertigineuse cascade qui domine son village. Il découvre au sommet un monde inconnu et fait la rencontre d’Avanthika, une guerrière rebelle qui lutte pour libérer la reine Devasena, prisonnière de l’empire de Mahishmati. Fasciné par la détermination de la jeune femme, Shiva décide de lui venir en aide, ignorant encore ses propres liens avec ce royaume – dont il est en réalité le prince héritier : Baahubali…
L’étoffe des héros
Après avoir sorti dans les salles la version intégrale et remaniée de Baahubali titrées « L’épopée », Carlotta Films en propose le montage initial en deux longs métrages sous la forme d’un coffret Bluray collector tout à sa gloire. L’un des plus gros succès du box-office indien de ces derniers et dont le spectacle totalement décomplexé, entre kitch et épique surdimensionné, semble peu à peu conquérir le monde.
Il est de coutume ces derniers temps de dire que le nouveau souffle du cinéma d’action et du divertissement ne serait plus Hollywood ou les contrées asiatiques, mais bien l’Inde où toute une nouvelle génération de cinéastes, artistes et acteurs s’empare du potentiel des nouvelles technologies, réinvente la grammaire des blockbusters américains tout en préservant une identité culturelle des plus marquée. Surtout, le fameux Bollywood se fait désormais de plus en plus damer le pion par les industries plus régionales, celle du sud en particulier, vivier de créateurs à l’envie d’en découdre particulièrement marquant. Véritable cinéaste star dans son pays, S.S. Rajamouli ferait ainsi office de figure de proue d’un cinéma Telugu en pleine résurrection, dont chacune des apparitions du fameux tampon signant ses œuvres est systématiquement accompagné de vivas de spectateurs conquis. Si le délirant RRR a déjà installé sa réputation par chez nous, c’est véritablement avec le diptyque Baahubali qu’il pu véritablement renverser la table. L’un des plus gros budgets de l’histoire du cinéma indien, mais pourtant un pari risqué, conçu comme capable de concurrencer les plus gros poids lourds du cinéma mondial quitte parfois à devoir fermer les yeux sur des trucages et des images de synthèses pour le moins vieillottes, maladroites et peu esthétiques. Des envols de héros qui se déforment, des collages aux textures qui tranchent, du kitch en veux-tu en voilà… Le constat s’arrange nettement deux ans plus tard pour la seconde partie, au budget plus confortable et l’habillage plus maitrisé.
Les dieux sont tombés sur la tête
Preuve qu’alors tout est encore à construire et S.S. Rajamouli fait fi du moindre obstacle pour donner corps à sa vision coloré et bodybuildée de textes ancestraux comme le fameux Mahabharata et autres légendes du folklore local, ré-imaginant à sa manière l’inlassable affrontement entre le frère noble et proche du peuple, et celui, pourtant légitime, ne quettant le pouvoir que pour sa gloire, capable d’avilir ses proches et son royaume pour le moindre caprice. Un manichéisme totalement assumé pour un double divertissement qui plonge avec délectation dans tous les archétypes du conte héroïque, transformant héros, viriles, et vilains, viriles, en véritable dieux aux supers-pouvoirs démentiels, citées royales en mégapoles babyloniennes et le bon peuple en foule martyrisée ou galvanisée mais suivant toujours avec adoration les sauveurs proclamés. La simplicité du dispositif, tout juste bousculé par quelques traquenards théâtraux et un long flashback générationnel qui habite les deux tiers du double programme, est pour le coup typique du cinéma indien et il est toujours aussi fascinant de voir des personnages avancer systématiquement au ralenti (avec du vent dans les cheveux) au moindre instant de tension, voir leur nom scandé par une bande originale en adoration à chaque moment de vague héroïsme. Le film déborde d’une telle ferveur que parfois le moindre pas, le moindre regard au loin, le moindre tressaillement de la moustache se veut porteur d’un souffle épique et grandiose.
Sidérant, fascinant, souvent tout à fait exaltant lorsque S.S. Rajamouli se laisse entrainer par une grande séquence musicale au romantisme exacerbé ou lorsque les grandes batailles qui concluent chaque segment d’une bonne demi-heure de prouesses ininterrompues ne cachent plus leur fascination évidente pour la trilogie du Seigneur des années de Peter Jackson… Mais toujours en poussant le bouchon un poil plus loin, libérant des troupeaux de buffles aux cornes enflammées, balançant à l’aide de cocotier des soldats transformés en boulets de l’autre coté des murs d’une citadelle, pulvérisant les arrières plans à chaque impact aux déflagrations décoiffantes : le réalisateur ne manque jamais d’idées parfaitement délirantes et raviverait même par moments un sentiment d’émerveillement chorégraphique que l’on avait pas ressenti depuis l’âge d’or du film de sabre HK. Grandiose jusqu’à l’extrême, doté d’affrontements massifs et sanglants qui font surtout penser à une adaptation ciné des jeux Dynasty Warriors, le film cultive des sentiments tragiques et romanesques qui animent ces êtres au-delà de l’humain… et donc aux contours psychologiques monolithiques et immuables.
Une nouvelle dimension dans le cinéma à grand spectacle, sans limite, sans retenue possible, qui forcément à force de jouer sur le fil entre le too-much et le ridicule trébuche assez fréquemment dans le nanar attachant. A l’écran tout le monde a tellement l’air d’y croire que c’est tout de même difficile de ne pas se laisser un peu emporter.
Image
Si la version dite « L’épopée » a été remasterisée en 4K, à l’origine les deux films avaient bien été tournés et produits en 2K, soit un format idéal pour une diffusion Bluray. Les métrages profitant chacun de leur propre disque Bluray n’ont donc aucune raison au passage de souffrir du moindre problème de compression et imposent sans problème une image particulièrement propre et nette. Les couleurs flashent, les contrastes sont fermes et la définition va aux limites de la source numérique. Beau, vif et coloré mais avec tout de même quelques segments plus fragiles dès que les images de synthèses (et elles sont nombreuses) pointent leur nez.
Son
La version originale Telugu est disponible autant dans un DTS HD Master Audio 2.0 frontal et concentré, que dans un DTS HD Master Audio 5.1 qui joue volontiers beaucoup plus la carte du grand spectacle avec une dynamique parfois aussi délirante que les images. Dans les scènes de batailles les échos parviennent de tous les côtés, et les morceaux dansés envahissent le salon. Entrainant, même si bien évidement tout cela n’est pas un sommet de subtilité, mais cela fonctionne à merveille.
Interactivité
Coffret collector pour La Légende de Baahebali avec un nouveau boitier fort réussi, comprenant à l’intérieur quelques goodies comme un livret de photos de tournage, trois reproductions d’affiches et un jeu de 10 photos d’exploitation. Les deux disques Bluray sont sertis dans un fin digipack tout en élégance et proposent chacun quelques menus suppléments produits par nos amis indiens. Quelques images avant / après des effets spéciaux, quelques images de tournages prises sur le vif et surtout des rencontres très promotionnelles avec des journalistes et / ou producteurs de là-bas, constamment dithyrambiques, ou avec un public japonais conquis. On y évoque brièvement l’inspiration du film, l’importance d’un cinéma spectaculaire d’origine communautaire et bien entendu le style flamboyant de S.S. Rajamouli. Il manque certainement ici une interview plus approfondie ou une présentation éclairée du film pour encadrer au mieux cette proposition particulièrement exotique pour la plupart des spectateurs hexagonaux.
Liste des bonus
Un Portfolio de 24 pages, Jeu de 10 photos, 3 affiches, Conversation entre Karan Johar et S.S. Rajamouli (16’), Entretien avec S.S. Rajamouli, Prabhas et Rana Daggubati (8’), Entretien avec Karan Johar et S.S. Rajamouli (8’), Rencontre avec S.S. Rajamouli dans un cinéma de Tokyo (22’), Featurettes, Making of des effets spéciaux (1’), Bandes annonces.







