LA GALAXIE DE LA TERREUR

Galaxy of Terror – Etats-Unis – 1981
Support : Bluray
Genre : SF, Horreur
Réalisateur : Bruce D. Clark
Acteurs : Edward Albert, Erin Moran, Ray Walston, Robert Englund, Sid Haig, Grace Zabriskie…
Musique : Barry Schrader
Durée : 81 minutes
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et Français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titres : Français
Éditeur : BQHL Editions
Date de sortie : 30 septembre 2025
LE PITCH
Les membres de l’unité spatiale Quest se posent sur la planète Morghantus dans l’espoir de retrouver l’équipage de la navette Remus, qui ne donne plus signe de vie. Ils vont alors se retrouver face à leurs peurs les plus profondes…
Wormhole
Si dans l’espace personne ne vous entendra crier, en revanche beaucoup auront envie de vous copier. Et des dérivés, Alien n’en manque pas, tous ou presque tournés avec budget et génie réduits de 78%. Une pléthore de succédanés au milieu desquels La Galaxie de la Terreur trône aisément grâce à une économie qui n’empêche en rien l’éclosion de nombreux talents.
Pas si évident cependant de se faire remarquer dans un paysage déjà bien occupé par le classique de Ridley Scott, mais aussi au milieu de péloches comme Contamination ou Insiminoid, même quand on s’appelle Roger Corman. Car oui forcément, une telle production ne pouvait que sortir de son giron, déjà très productif puisque le grand patron du B movie indépendant a rapidement mis en chantier Forbidden World et Android dans la foulée. Dans un sens, La Galaxie de la terreur est un peu un précurseur… Un peu. En tout cas, là où d’autre se sont contentés de reprendre tels quels les ingrédients du film original, mais paumés dans des décors pauvrets, le film de Bruce D. Clark (peu connu avant, oublié depuis), lui, balance une équipe de sauvetage dans l’espace, découvrant une planète flippante où siège une étrange et millénaire pyramide. Si quelques créatures curieuses traversent régulièrement l’écran, il ne s’agit pas ici d’une chasse au monstre dans l’espace, mais plutôt de ce que l’on pourrait apparenter rapidement à un trip métaphysique délirant dans une maison fantôme extra-terrestre. L’équipage, pourtant des vétérans qui en ont vu d’autres, se retrouvant face à leurs pires cauchemars allant d’un clone d’eux-mêmes à un insecte noir géant, un ver gluant pervers, des tentacules ventouses mortelles et d’autres émanations moins spectaculaires. Un cauchemar mis en scène avec sobriété, mais qui grâce à l’école Corman, assure largement le spectacle. Fauchés oui, mais les décors confectionnés à partir de rebus de Macdonald selon la légende, se révèlent évocateurs, solides et parfois même digne d’une production AA, tandis que la planète est illustrée par une multitude de trouvailles visuelles et de mate-painting artisanaux, mais là encore assez impressionnants.
La piste aux étoiles
Idem du coté des effets spéciaux, disséminés avec intelligence pour ne pas éventer l’opération, où les créations en latex dégueu, les quelques effets gores et les rayons lasers de circonstances, opèrent un mélange étonnant entre Galactica (la vieille série) et le ciné d’horreur de l’époque. Un résultat pas forcément étonnant quand on sait qu’œuvrait dans l’ombre quelques petites mains de la New World Pictures comme Tony Randel (réalisateur de l’excellent Hellraiser 2), Jacques Haitkin (directeur photo des Griffes de la nuit), David Decoteau (Puppet Master III et spécialiste de l’épouvante gay), les frères Skotak devenus depuis des spécialistes des effets spéciaux (Terminator 2) et même un jeunot Bill Paxton et son pote James Cameron, ici réalisateur de seconde équipe et plus ou moins directeur artistique ! Des premiers pas sans doute marquants pour le futur réalisateur d’Aliens. Et si dans les coulisses ça buche pour donner une belle trogne à ce spectacle généreux, devant la caméra c’est tout aussi aguicheur avec la Grace Zabriskie de Twin Peaks, la Erin Moran d’Happy Days, le vétéran Ray Walston (L’Arnaque), la trogne incomparable de Sid Haig (les films de Rob Zombie) et un certain Robert Englund, plus connu sous le nom de Freddy Krueger ! Là pour le coup, Roger Corman fait très fort ! Mais La Galaxie de la Terreur ne se contente pas d’avoir eu un bon coup de bol, puisqu’en tant que film d’exploitation, il met le paquet, se déroulant en quatrième vitesse, sans jamais se prendre la tête, balance des idées à la pelle, jusqu’à pousser le vice avec la désormais célèbre scène du viol par un verre géant à tentacules qui a eu la bonne idée d’utiliser un suc qui désagrège les vêtements juste avant.
Cela confine très souvent au grand n’importe-quoi, d’autant que le script s’embarque dans un twist plus qu’acrobatique, annonçant par son esbroufe un certain Prometheus, mais cela reste accrocheur et fun jusqu’au bout. De là effectivement on peut se dire que de simple copie, La Galaxie de la terreur serait presque passée à un film précurseur… dans le très B en tous cas.
Image
Il y a quelques années Bach Films nous avait fait les honneurs d’une première sortie DVD, avec un charmant digipack slim cartonné au passage, mais une copie qui montrait forcément assez vite ses limites. Aujourd’hui BQHL rattrape le coup en délivrant sur support Bluray la dernière copie HD en date. Une restauration 4K produite par Shout Factory qui permet de profiter d’un niveau de détails et de précision jamais espérés pour ce métrage. Plutôt propre, plutôt stable, très coloré et enfin doté de noirs qui ne bavent pas systématiquement dans les gris flous, La Galaxie de la terreur se prend un sacré coup de jeune. Forcément les faiblesses de la production, la qualité de la pellicule et les plans composites au piqué moins musclé et toujours parsemé de petits défauts de l’âge ne peuvent pas totalement cacher les origines de l’objet, mais l’effort n’en reste pas moins impressionnant.
Son
Doté désormais d’un DTS HD Master Audio 2.0 un peu plus fluide et dynamique, les pistes française et anglaise ne sont pas de première jeunesse mais s’en sortent assez bien avec des mixages sobres et massifs, concentrés, mais qui ne dénotent que de rares faiblesses. D’époque, le doublage n’est pas honteux surtout qu’il garde cette tonalité rentre-dedans des années 80… ça reste mieux joué que beaucoup de doublages actuels.
Interactivité
Petit film peu connu en France mais culte aux USA où il profite d’une édition bien chargée (commentaire audio, making of…), La Galaxie de la terreur est ici accompagnée d’une présentation par le journaliste Gilles Penso. Auteur d’un excellent ouvrage sur la Stop-Motion ou des livres Steven avant Spielberg et Ridley Scott : Le Dernier empereur d’Hollywood, il resitue le film dans la politique de copies bis du grand Roger Corman et souligne les nombreuses petites qualités de l’objet. Il évoque aussi les grands noms à l’œuvre devant et derrière la caméra. Classique mais efficace.
Liste des bonus
Entretien avec l’auteur et réalisateur Gilles Penso.






