LA COURSE À L’ÉCHALOTE

France – 1975
Support : Bluray & DVD
Genre : Comédie
Réalisateur : Claude Zidi
Acteurs : Pierre Richard, Jane Birkin, Michel Aumont, Marc Doelnitz, Amadeus August…
Musique : Vladimir Cosma
Image : 2.35 16/9
Son : Français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titres : Aucun
Durée : 99 minutes
Editeur : Pathé
Date de sortie : 25 juin 2025
LE PITCH
Pierre est un employé de banque modèle. À la suite d’un vol dans « sa » banque, il se lance à la poursuite des voleurs pour éviter le scandale. Commence alors une course folle avec sa fiancée pour récupérer le magot…
Oignon des familles
Quelques mois seulement après le plébiscite populaire de La Moutarde me monte au nez, La Course à l’échalote permettait de retrouver le duo tendre et gaffeur Pierre Richard / Jane Birkin, toujours sous l’œil chaleureux du réalisateur Claude Zidi. Un nouveau boulevard baigné de slapstick pour un grand bazar sympathique mais loin d’être imparable.
Définitivement libéré de l’attraction de la troupe des Charlots qui, rappelons-le, furent d’authentiques monstres du box-office local et de la vente de disque, Claude Zidi avait réussi un joli acte de libération en signant La Moutarde me monte au nez !, révélant les charmes comiques de la charmante Jane Birkin, tout en profitant de l’aura croissante du vieux copain Pierre Richard, incontournable tête d’affiche de la comédie depuis l’énorme succès de Le Grand Blond avec une chaussure noire. Impossible de résister donc lorsque le grand producteur Christian Fechner se dit prêt à rempiler avec la même petite troupe. Ce dernier en profite d’ailleurs pour y glisser généreusement celle de L’Alcazar de Paris, théâtre qu’il vient justement de racheter, afin d’en faire l’un des McGuffin du film, entre contrat mirobolant avec bénéficiaire au porteur et petite bande d’artistes homosexuels maitres-chanteurs. Certes notre brave Pierre Richard, toujours aussi maladroit, tendre amoureux et clown un peu triste, se fait ici jeune gérant d’une grande banque française, mais très vite l’aventure s’emballe sur les traces du musicall entre la France et la scène de Brighton : Visite dans les coulisses pleines de pièges et de carton-pâte, voyage dans un train de nuit transformé entre boite de nuit délirante et tourisme sur la côte britannique qui s’achève dans un authentique grand moment de théâtre façon guignol entre notre trublion et le public…
Ça manque d’un peu de moutarde
La Course à l’échalote ne manque certainement pas d’idées, ni d’énergie et s’efforce d’enquiller les quiproquos, les gags et les disputes amoureuses avec l’école américaine en ligne de mire. Grande adepte du slasptick des maitres du muet ou de la frénésie des screwball comedy un poil plus récentes, Claude Zidi s’efforce d’en retrouver la liberté et la magie presque enfantine, culminant effectivement dans cette superbe image d’une baignoire, seule rescapée de l’incendie d’une grande demeure, restant debout, en hauteur, retenue par sa tuyauterie avec deux détectives amateurs dedans. L’idée est bonne, non dénuées de poésie, visuelle et même assez sophistiquée, mais comme nombre d’autres situations saugrenues imaginées dans le film, elle tire rapidement en longueur et opte pour la facilité du gros gag. Mal emballé par un scénario général qui, il faut bien l’avouer, part dans tous les sens et ressemble plus à un film à sketch compilé qu’à une véritable dynamique narrative, La Course à l’échalote amuse par certaines scénettes, par l’enthousiasme des ses interprètes par ce thème musical bien joyeux signé Vladimir Cosma (réchauffant un peu celui de Rabbie Jacob) et une esthétique général pop acidulée typique des 70’s, mais ne convainc jamais totalement par son rythme instable et un humour qui semble aujourd’hui trop vieillot.
On le sait, la comédie reste le genre qui est souvent le plus malmené par les années, en grande partie conditionné par son époque, sa culture et son contexte, et certains grands classiques d’autrefois, comme une bonne part du cinéma de Zidi, perdent de leurs atouts. La Course a l’échalote fait partie de ceux-là. Reste pour beaucoup une petite Madeleine de Proust où on retrouve par instants ce petite goût pétillant qu’on aimait tant.
Image
La course à l’échalote rejoint le long catalogue des très belles restaurations HD de Pathé. Encore une fois le sérieux éprouvé de l’opération permet d’offrir une image parfaitement nettoyée, fermement stabilisée qui redonne un sacré pep’s à un film multi-rediffusé mais pas toujours dans des conditions optimales. Doté d’un piqué bien creusé et d’un respect du grain appréciable, le master séduit surtout par le retour d’une colorimétrie bien pétante.
Son
Dans un même élan de sérieux, l’éditeur dispose du mono d’origine dans un DTS HD Master Audio considérablement rafraichi, ferme, clair et bien équilibré. Les dialogues fusent et la fanfare de Cosma emballe le tout.
Interactivité
Inédit en DVD jusque-là (incroyable !), La Course à l’échalote est enfin disponible en Home Cinema. A bord, un petit documentaire croisant les interventions de Baptiste Vignol (auteur d’un ouvrage sur Jane Birkin) et Vincent Chapeau (auteur du livre Claude Zidi en toutes discrétion) qui retracent en premier lieu les débuts de Jane Birkin et les évolutions de sa carrière d’actrice avant d’arrivée au diptyque La Moutarde me monte au nez et La Course à l’échalote qui marquent ses premiers grands succès populaires. On y revient aussi sur Claude Zidi qui voyait dans ces deux films la marque de son émancipation avec Les Charlots et l’affirmation de sa place comme authentique auteur de la comédie à la française. Pierre Richard semble un peu mis de coté dans ce document.
Liste des bonus
Entretiens autour du film avec Baptiste Vignol et Vincent Chapeau (32’), Bande-annonce restaurée (3’).





