L’ANGOISSE DU GARDIEN DE BUT AU MOMENT DU PENALTY

Die angst des tormanns beim elfmeter – Allemagne, Autriche – 1972
Support : Bluray
Genre : Drame
Réalisateur : Wim Wenders
Acteurs : Arthur Brauss, Kai Fischer, Erika Pluhar, Ligbart Schwarz, Marie Bardischewski…
Musique : Jürgen Knieper
Durée : 101 minutes
Image : 1.37 16/9
Son : Allemand DTS HD Master Audio 1.0
Sous-titres : Français
Éditeur : Carlotta Films
Date de sortie : 7 octobre 2025
LE PITCH
Un gardien de but se voit suspendu au cours d’un match. S’ouvre alors pour lui une parenthèse existentielle : une dérive hasardeuse dans les rues et les chambres miteuses de Vienne, où il étrangle au passage une ouvreuse de cinéma…
L’angoisse du spectateur…
Pour son premier véritable long-métrage Wim Wenders posait les bases de son style qui perdure encore aujourd’hui. Rempli des qualités, et des « défauts », qu’on prête à son œuvre, L’angoisse du gardien de but au moment du penalty est un jalon important de la carrière de Wenders qui ravira ses admirateurs.
En 1972, l’un des symboles du Nouveau cinéma allemand Wim Wenders entamait sa carrière cinématographique (Summer in the city réalisé en 1970 est un film de fin d’études) avec L’angoisse du gardien de but au moment du penalty. Financé en partie par des studios autrichiens, le film se déroule principalement à Vienne et dans la campagne autrichienne. Malgré son titre, le film n’est en rien une œuvre dédiée au sport ! Adaptation du roman de l’ami Peter Handke (il signera notamment le scénario de Les ailes du désir en 1987), futur Prix Nobel de littérature en 2019, le film est au contraire avare en action et suit la longue errance autrichienne d’un joueur de football au bout du rouleau qui tue le temps comme il le peut… quitte à tuer vraiment, et ce pour des raisons particulièrement opaques. Ponctué de longs moments de silence et aussi de dialogues incessants et surréalistes, cette première œuvre n’est clairement pas la plus adaptée pour découvrir le réalisateur de Paris, Texas et risque de laisser de nombreux spectateurs au bord du terrain….
Les bases du style Wenders
…même si le style « Wenders » est déjà bel et bien présent. Ainsi, ces longs dialogues symbolisant l’incommunicabilité et la vacuité de la vie seront la marque de fabrique de Wenders par la suite, mais ici ils semblent bien trop éthérés et complexes pour adhérer l’adhésion du néophyte. D’un point de vue visuel et technique, il s’agit toutefois d’une incontestable réussite avec ses longs plans séquences, ses vues en plongée et nombreux travellings. On remarquera d’ailleurs que les collaborateurs fidèles de Wenders étaient d’ores et déjà présents. Ainsi le hollandais Robby Müller officie en directeur de la photographie, le hongrois Peter Przygodda s’occupe du montage et Jürgen Knieper nous délivre une BO hypnotique. La fascination pour les États-Unis, son cinéma et son mode de vie est également omniprésents, ainsi que la complexité des rapports humains, notamment avec les femmes. Thriller « existentiel », film où il ne se passe rien, lorgnant autant vers la Nouvelle Vague que vers le cinéma d’Hitchcock, le film récoltera peu de succès mais de bonnes critiques.
Toutefois, L’angoisse du gardien… est devenu invisible et introuvable au fil du temps, et il est resté longtemps inconnu en dehors de l’Allemagne. En effet de nombreuses chansons originales de Van Morrison , Elvis Presley ou encore Creedence Clearwater Revival sont intégrées au film et payer les droits aurait coûté une fortune…erreur de débutant ! Grâce à une restauration sonore, le film peut enfin ressortir, et mérite le détour de par son originalité et sa naïveté inhérente aux premières œuvres.
Image
Grâce à une restauration 4K supervisée par la Fondation Wim Wenders, le film adopte des teintes et des contrastes élégantes. Comme l’avoue lui-même le cinéaste, le film n’a jamais été aussi beau ! La photo de Müller, réaliste et terne est parfaitement rendue.
Son
Le Master proposé, également restauré et en partie réorchestré pour pallier le manque de certaines chansons originales, est une réussite. Les voix sont claires et le mixage dynamique.
Interactivité
Présenté dans une édition avec fourreau (comme les autres titres de Wenders sortis en octobre, L’état des choses et The End of the Violence), Carlotta a agrémenté cette édition d’une seul bonus… toutefois très instructif. Le réalisateur se livre sur son début de carrières et sa surprise de pouvoir réaliser un film tout juste sorti de l’école de cinéma. Il nous confie aussi des anecdotes importantes comme l’accord de Van Morrison pour l’utilisation de la chanson Gloria qui traverse l’une des scènes les plus marquantes du film.
Liste des bonus
Entretien avec Wim Wenders (14’).






