KOMODO

Etats-Unis – 1999
Support : Bluray & DVD
Genre : Horreur
Réalisateur : Michael Lantieri
Acteurs : Jill Hennessy, Billy Burke, Kevin Zegers, Paul Gleeson, Nina Landis, Michael Edward-Stevens…
Musique : John Debney
Image : 1.78 16/9
Son : Anglais et Français DTS Master Audio 5.1
Sous-titres : Français
Durée : 89 minutes
Editeur : ESC Films
Date de sortie : 3 septembre 2025
LE PITCH
Enfant, Patrick a perdu ses parents, alors qu’ils passaient les vacances sur l’Île de l’Emeraude. Unique témoin de leur disparition, le jeune Patrick occulte de sa mémoire ce souvenir traumatisant et se réfugie dans un profond mutisme. Le docteur Victoria Juno, une jeune psychologue, décide de ramener Patrick sur l’île pour y raviver les souvenirs enfouis au plus profond de sa mémoire. Arrivés sur l’île inhabitée, Victoria et Patrick se sentent épiés.
Varan Park
Produit dans la queue de lézard du succès des deux Jurassic Park de Steven Spielberg, le bien plus modeste, en taille comme en moyens, Komodo marquait en 1999 le début d’une nouvelle vague de DTV de films d’attaques animales. Une série B bien sympa confiée d’ailleurs à l’un des créateurs des SFX de… Jurassic Park. Logique.
Déjà auteur de l’amusant Anaconda, Hans Bauer cultivait à nouveau son amour immodéré pour les vilains reptiles en imaginant cette fois-ci une attaque mortelle de vilains varans sur une île isolée. Une fois encore le concept sent bon les bonnes vieilles séries B à l’ancienne et ses créatures agressives plus ou moins mutantes, mais comme un certain Steven Spielberg avait redonné un nouveau souffle aux films de dinosaures, pourquoi se priver de mettre en avant leurs derniers descendants ? L’idée n’est pas plus bête qu’une autre et atterrit sur la table des producteurs Alan Riche et Tony Ludwig qui justement préparent déjà en cette fin des années 90 un certain Peur Bleue. Des connaisseurs en sommes. Ne manque plus alors qu’à trouver un réalisateur, non pas forcément dans les rangs des artisans de service ou dans une quelconque liste d’auteurs aventureux, mais bien du côté des spécialistes des effets spéciaux. Rencontré sur le tournage de La Souris de Gore Verbinski et surtout grands noms des SFX Michael Lantieri a travaillé sur Indiana Jones et la dernière croisade, Star Trek IV, Retour vers le futur II ou… Jurassic Park et Le Monde perdu. Soit l’homme de la situation qui en plus, camarade de classe de Ron Howard, avait toujours montré quelques espoirs de pouvoir un jour passer à la réalisation. Avec ses connaissances en poches, son habitude de jongler entre les techniques à l’ancienne et les nouvelles images de synthèses et une petite armée de collègues doués prêt à l’épauler, Lantieri s’embarque donc pour cette série B aux budget six fois moindre que l’incontournable de Spielberg, mais qui pourtant assure un spectacle technique des plus convaincants.
Faut pas lézarder
Alliant justement de nombreuses techniques différentes avec quelques images de synthèses étonnement réalistes, quelques marionnettes et surtout des animatronics bluffant, Komodo sait ménager ses efforts, s’ouvrant par exemple sur une introduction plutôt habile dans sa manière de jouer la suggestion, et patiente ensuite tranquillement avant de lâcher ses lézards géants aux trousses des pauvres humains qui se croyaient au sommet de la chaine alimentaire. Si par la suite les dragons sont bien visibles dans leur entièreté et parfois en bon petit nombres, ils ne se pavanent pas bêtement à l’écran question d’éventer leur sensation de menace, préférant rejouer le petit jeu du prédateur sadique comme leurs lointains cousins raptors de Jurassic Park (encore et toujours). D’ailleurs de la même façon que ce dernier, en dehors d’une ou deux plaies plus graphiques et d’une ou deux séquences plus inquiétantes, Komodo reprend plutôt la même veine « aventureuse », remplaçant une ile parc d’attraction par une île polluée par une vilaine entreprise pétrolière et quelques vieux militaires, et y insuffle quelques doses d’horreur relativement grand public. Forcément à force de prend son illustre modèle comme référence constante, Komodo fait forcément un peu pale figure à coté et un varan, même de bonne taille, n’aura jamais le même impact qu’un T-Rex. Il faut pourtant reconnaitre au film la volonté de proposer un ton plus sérieux qu’à l’accoutumé avec un humour très discret et un léger accent porté sur les traumas psychologiques du jeune Patrick, et un rythme plutôt bien maintenu jusqu’à sa dernière bobine où les survivants se la jouent vendetta sauvage un peu à la manière de Predator. Les acteurs ne font pas de grandes prouesses, la mise en scène est uniquement concentrée sur la mise en valeur des créatures, John Debney nous recycle une nouvelle fois ses thèmes à pétoche et le spectacle ne dépassera jamais sa nature de direct-to-video, mais Komodo est un petit divertissement pas cassant mais bien sympathique, juste rétro comme il faut et crédibilisé par des effets spéciaux rarement mis en défaut.
Le film aura son petit succès mais étonnement ne connaitra pas de suite plus fauchée. D’ailleurs la carrière de réalisateur de Lantieri ne connaitra pas non plus de suite, le monsieur retournant à son ancien poste technique sur des productions comme Mars Attacks !, Pirates des caraïbes, Minority Report et… les Jurassic World naturellement.
Image
ESC Films s’offre une petite exclusivité avec Komodo en proposant les premiers le film en HD. La source cependant n’a pas vraiment changer et il s’agit toujours de la copie vidéo sans doute déjà exploité en DVD. Quelques scories sont encore visibles, la définition reste sur la réserve et l’ensemble a été boosté par quelques outils numériques permettant de réduire le bruit vidéo (toujours visible dans certains plans) et rehausser un peu les contours. Une copie HD à l’ancienne, relativement propre, relativement creusée, mais qui a le mérite de rester assez homogène et d’assurer une bonne intégration des quelques images de synthèses.
Son
Plutôt efficaces dans les diverses scènes d’attaque ou de poursuites, les mixages DTS HD Master Audio 5.1 redonnent un peu d’énergie au film, déployant quelques sensations immersives, musclant un peu la dynamique de l’ensemble pour se donner des airs de production plus costaude. Le doublage français, très DTV est un peu crétin mais pas beaucoup plus que celui des autres B Movies de l’époque.
Interactivité
Présenté presque comme un grand classique du film d’attaques animales, Komodo se paye un packaging bien stylé, mais sur les disques proprement dit on retrouve surtout les petits bonus de l’époque du DVD : un commentaire peu palpitant et finalement très peu technique enregistré par le réalisateur et une petit featurette promo où on n’apprend pas grand-chose.
Petite nouveauté cependant, il est désormais possible de visionner le film en écoutant les commentaires de l’équipe du podcast de Jump Scare qui a enregistré une émission inédite pour l’occasion. Très content d’être là manifestement, mais le propos se perd souvent dans les petites remarques inutiles, les blagues et les considérations persos. Une soirée entre potes… sans doute pour ceux qui n’en ont pas.
Liste des bonus
Commentaire audio de Michael Lantieri, Commentaire audio par l’équipe de
« Jump Scare, le podcast qui aime les films d’horreur », Making of (11’), Bande-annonce.






