KINGDOM OF HEAVEN

Royaume-Unis, Etats-Unis – 2005
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Aventure, Historique
Réalisateur : Ridley Scott
Acteurs : Orlando Bloom, Eva Green, Jeremy Irons, David Thewlis, Kevin McKidd, Marton Csokas, Liam Neeson, Alexander Siddig, Edward Norton…
Musique : Harry Gregson-Williams
Image : 2.39 16/9
Son : Dolby Atmos Anglais et DTS HD Master Audio 5.1 Français
Sous-titres : Français
Durée : 187 minutes
Éditeur : Pathé
Date de sortie : 26 novembre 2025
LE PITCH
L’aventure extraordinaire d’un homme ordinaire, précipité dans un conflit qui va durer des décennies : les croisades. Etranger sur une terre qui lui est étrangère, il va servir un roi condamné, s’éprendre d’une troublante et inaccessible reine avant d’être fait chevalier. Il lui faudra protéger les habitants de Jérusalem, dont une immense armée a entrepris le siège, sans jamais cesser de lutter pour maintenir une paix fragile…
Fouler le sol sacré
Quelque-peu boudé lors de sa sortie en salle, Kingdom of Heaven fut cependant redécouvert par beaucoup dans sa version complète (quarante minutes avaient été coupées initialement) désormais considérée à raison comme la seule et unique. De l’aventure épique certes, un message humaniste toujours nécessaire, mais aussi un regard plus sombre sur une région du monde où l’histoire, tragique, semble vouée à se répéter inlassablement.
Ridley Scott a un véritable sens de la fresque historique, et a montré en particulier une acuité toute particulièrement pour la période dite du Moyen Age. Son dernier chef d’œuvre en date, Le Dernier duel y revisitait un évènement historique relativement obscure, à l’aune d’un regard purement contemporain et dans une problématique politique tout à fait actuelle. Presque vingt ans plus tôt c’était déjà plus ou moins le cas avec Kingdom of Heaven, projet pharaonique produit par la 20th Century Fox qui venait concrétiser le vieux désir pour le cinéaste de plonger au cœur des grandes croisades. Il s’agit d’ailleurs ici de la troisième. Celle où justement une paix durable faillit s’installer malgré les tentions impérialistes et les guerres de religions puisque Baudoin IV, roi chrétien de Jérusalem, et Saladin, grand conquérant des mondes musulmans, s’efforcaient de maintenir un équilibre fragile, constamment perturbé par les va-t’en guerre et les extrémistes de chaque culture… En particulier ici quelques seigneurs croisés et une église obsédée par sa propre parole. C’est dans ce contexte que débarque le héros, Balien (Orlando Bloom) ancien forgeron qui se croyait fils de personne et s’est découvert fils de seigneur, ici plus en quête d’une rédemption et d’une renaissance que d’un passé. Un homme du peuple, un croyant mais peu religieux, un chevalier n’aillant pas grandi dans les arcanes du pouvoir et les draps de satins, il devient rapidement le « chevalier parfait » homme droit, noble d’aspiration, privilégiant le dialogue et la cohabitation et surtout la notion d’honneur.
La Dernière bataille
Bien avant que Ridley Scott ne s’enfonce dans sa misanthropie cafardeuse, le personnage véhicule la bonne parole, la voie du possible dans un monde au bord du chaos qui ne fait bien entendu que faire échos à la fois à la guerre idéologique que l’on voudrait nous vendre entre l’occident et l’orient, mais aussi l’interminable conflit en Palestine. Scott revisite les grands spectacle d’autrefois, joue sur une reconstitution magnifique, délivre des scènes de batailles à l’épée impressionnantes et nerveuses, s’emballe dans un haletant siège final de pas moins de quarante minutes. Il se fend même dans sa version la plus complète d’une grande ouverture musicale et d’un entracte de circonstance pour un film dépassant légèrement les trois heures. Mais si Kingdom of Heaven est un vrai grand spectacle à l’ancienne dans sa nature, conforté par un casting assez hallucinant (Jeremy Irons, Liam Neeson, Edward Norton…), il y apporte aussi un lyrisme et une profondeur assez inédite désormais appréciable dans son entièreté grâce au fameux Director’s Cut redonnant un vrai sens de la respiration au film, mais aussi et surtout réinjectant dans le récit toute la trame secondaire lié à la déchéance de Baudoin IV (Edward Norton caché derrière le masque) frappé par la lèpre, à la position de prisonnière des enjeux politiques de sa sœur Sybille (Eva Green) et de son fils qui doit hériter du trône de son oncle… mais héritera de sa maladie. C’est là en définitive que se joue réellement le destin de Jérusalem, loin des considérations religieuses mais dans les tripes d’un roi qui sait qu’il ne restera sans doute plus rien après loin et dans celles d’une mère qui péchera par désespoir.
Une grande tragédie médiévale, somptueuse et complexe, violente et romantique, qui célèbre la beauté et l’âme de ce carrefour du monde que les hommes ne cessent de vouloir abimer.
Image
Un nouveau master de toute beauté qui développement amplement les qualités qu’on avait pu observer sur la seconde édition HD du film. Peu d’informations sur le travail effectué, mais les cadres sont parfaitement propres et parfaitement stables et se dotent d’un léger grain de pellicule organique et naturel qui dessine à merveille les contours et les textures. Le relief de l’image n’a jamais été aussi creusé et le piqué affirme une définition indéboulonnable. Quelques plans retouchés en numériques adoucissent parfois un peu la peinture mais rien de vraiment gênant. Plutôt économes en apparences, le duo Dolby Vision / HDR 10, ne joue pas la carte de l’excès, mais plutôt d’une lumière légèrement plus vive, plus naturelle, raffermissant les ombres.
Son
Là aussi les réussites de l’ancien mixage DTS HD Master Audio 5.1 sont finement développées avec un Dolby Atmos qui offre une plus grande ouverture encore, une dynamique plus poussée et une restitution des effets plus généreuse. Les ambiances historiques sont subtilement incarnées, les grandes séquences épiques profitent d’une dynamique tendue et les musiques de Harry Gregson-Williams d’une limpidité presque cristalline. Les dialogues sont fermes, clairs et bien placés. A coté le DTS HD Master Audio 5.1 est forcément un peu moins emballant, mais reste de très bonne qualité et ce même si le doublage a parfois tendance à assourdir certains passages.
Interactivité
Désormais distribué aux USA par Disney, Kingdom of Heaven est chez nous toujours dans le giron de la maison française Pathé. D’où sans doute quelques différences aux niveaux des suppléments proposés puisqu’il nous manque ici les deux commentaires audios de l’édition US mais aussi la version dites « Roadshow » incorporant dans la version longue une ouverture, un entracte et une musique de sortie comme à l’époque des grandes séances de films hollywoodiens. Les deux partagent cependant les même petites featurettes promo d’époque et bien entendu le fastueux programme « Le chemin de la rédemption », gigantesques making of compilant tous les éléments de la préproduction (de l’annulation de Tripoli au scénario du film) en passant par le tournage (les décors, les costumes, les scènes d’actions, les personnages, les thèmes…), la post production (30 minutes de scènes coupées, le mixage…) et la sortie du film avec quelques considérations supplémentaires, des tonnes de bandes promos et un retour sur le Director’s Cut. Le tout est toujours présenté en SD mais sur son Bluray distinct. Sur le premier on retrouve aussi les deux documentaires à angle historique déjà croisés sur le collector de 2011 qui permettent de croiser les sujets du film, les évènements décrits et les décors utilisés avec les éléments connus ou quelques réflexions théologiques. Intéressant là encore. Mais rien de neuf cependant.
Liste des bonus
« Le Chemin de la Rédemption » : making of en deux parties (416’), « L’Histoire face à Hollywood » (40’), « Le Tournage d’une fresque » (40’), « Ridley Scott : Créer des univers » (3’), « Orlando Bloom : L’aventure d’une vie » (3’), « Les décors : Résurrection d’une cité antique » (2’), « Les costumes : Créer des personnages » (2’).






