KES

Royaume-Uni – 1969
Support : Bluray
Genre : Comédie dramatique
Réalisateur : Ken Loach
Acteurs : David Bradley, Freddie Fletcher, Lynne Perrie, Colin Weland, Brian Glover…
Musique : John Cameron
Durée : 111 minutes
Image : 1.66 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titres : Français
Editeur : Potemkine Films
Date de sortie : 15 juillet 2025
LE PITCH
Billy, douze ans, vit dans une petite ville minière du nord-est de l’Angleterre. Il ne supporte plus son univers : sa mère l’ignore, son frère le traite en souffre-douleur et à l’école, distrait et indiscipliné, ses camarades et professeurs lui sont hostiles. Un jour, il trouve un jeune rapace et décide de dresser l’oiseau. Son professeur lui demande d’exposer à la classe l’art de dresser un faucon. Billy réussit enfin à intéresser ses camarades…
L’envol
Avec Kes, son second long-métrage pour le cinéma, Ken Loach prenait son envol avec un film qui marqua durablement le cinéma britannique. Présenté pour la première fois en HD en France, ce conte social qui porte en lui les prémices de la carrière de son réalisateur est une incontestable réussite.
Auréolé de différentes récompenses à sa sortie, dont un British Academy Film Award pour le néophyte et excellent acteur David Dai Bradley, Kes fait également partie de la Liste du BFI (British Film Institute) des 50 films à voir avant 14 ans. Le film avait également eu droit à une présentation au Festival de Cannes 1970 dans le cadre de La semaine de la critique, une première présence sur La Croisette qui en appellera d’autres puisque Loach y a présenté pas moins de 20 films, le dernier en date étant The old oak en 2023.
Une consécration totalement méritée qui lança la carrière d’un Ken Loach (encore nommé Kenneth au générique) pas vraiment débutant puisqu’il s’agit de son second long-métrage pour le cinéma après Poor cow en 1967 qui était déjà un drame social suivant une mère dont le mari est en prison. Le cinéaste britannique avait également travaillé dans le monde de la télévision dès 1962 et avait notamment réalisé des « docu-dramas » dont Cathy come home en 1967. Avec Kes, Loach adapte ici un roman de Barry Hines, écrivain spécialisé dans les luttes ouvrières qui s’inspire ici de sa propre expérience et de celle de son frère. Tourné dans la région de Barnsley (Nord de l’Angleterre), dont est originaire Hines, et dans le dialecte local, le film suit le parcours d’un adolescent qui semble condamné, par sa famille et par le système éducatif, à travailler dans la mine locale où travaille également son frère…
The Wall
Délaissé par une mère célibataire et peu présente, souffre-douleur de son frère, raillé par ses camarades pour son physique de « demi-portion », le jeune Billy Casper refuse la voie qui lui est tracée : travailler à la mine. Comme le démontre un sublime plan où Billy se plonge dans son imagination, et une bande-dessinée, face à l’usine fumante en pleine campagne verdoyante. Incarné jusqu’au bout des ongles par un incroyable David Dai Bradley (qui reste une figure reconnue au Royaume-Uni malgré une carrière postérieure assez anonyme), Billy se heurte au mur institutionnel et scolaire. En effet, à l’image de The Wall 10 ans plus tard, le système éducatif anglais est vertement critiqué. Entre des professeurs autoritaires qui discourent de morale sans l’appliquer, une logique d’orientation qui semble viser une reproduction sociale (fils de mineur deviendra mineur), seul un professeur d’Histoire prendra la peine de s’intéresser à Billy et lui laisser l’occasion de s’exprimer sur sa passion pour un faucon qu’il a dressé seul. Un dressage d’un oiseau qui prouve toute l’ambiguïté du film : un jeune homme qu’on entrave se libère en « apprivoisant » un animal sauvage qui malgré tout demeure sans doute plus libre que lui. Grâce à la photographie terne et quasi-documentaire de Chris Menges (La déchirure, Mission, L’empire contre-attaque…), le film possède une saveur unique, entre la fable sociale nous rappelant aussi bien Charles Dickens que les luttes ouvrières d’alors et le film initiatique où l’enfant se confronte au monde adulte.
Malgré un casting constitué d’amateurs, Ken Loach impressionne déjà par sa direction d’acteurs parfaitement justes à l’image de la révélation Bradley. Malgré un contexte austère et dramatique, Kes parvient aussi à être drôle (notamment un incroyable match de football) et porteur d’espoir avec ce Billy insoumis qui malgré un avenir semble-t-il tout tracé croit en ses rêves. Du grand Ken Loach qui annonçait ses réussites futures avec ses « héros » ordinaires et résilients face à une société ne souhaitant pas leur faire de place.
Image
Première en HD en France avec un Master restauré qui rend hommage au travail de Chris Menges. Cadres stables, image propre et bonne profondeur de champ : une très belle copie.
Son
Le Master 2.0 Mono est équilibré avec un bon mixage et des voix claires. Seule la version originale sous-titrée est présente, le film n’ayant pas été doublé.
Interactivité
Les éditions Potemkine nous proposent deux bonus intéressants et complémentaires. Le cinéaste Robert Guédigian qui revendique une filiation avec le cinéma de Loach, revient sur son admiration envers Ken Loach et son souci de « véracité ».
Enfin, la critique Louise Dumas nous présente une analyse de la séquence d’ouverture passionnante et riche en informations. Ainsi, dès les douze premières minutes du film la plupart des thèmes que développera Loach au cours de sa carrière sont abordés.
Liste des bonus
Entretien avec Robert Guédiguian (17’) ; Analyse de la séquence d’ouverture par Louise Dumas, critique chez Positif (27’).







