JULIE POT DE COLLE

France – 1977
Support : Bluray
Genre : Comédie
Réalisateur : Philippe de Broca
Acteurs : Jean-Claude Brialy, Marlène Jobert, Alexandra Stewart, Christian Alers, Philippe Rouleau, Francis Lemaire…
Musique : Georges Delerue
Image : 1.66 16/9
Son : Français DTS Master Audio 2.0 mono
Sous-titres : Français pour sourds et malentendants
Durée : 89 minutes
Éditeur : Coin de mire Cinéma
Date de sortie : 1er juillet 2025
LE PITCH
Vous êtes fondé de pouvoir dans une importante banque européenne. En ce moment, vous êtes au Maroc en négociation avec le ministre marocain de l’Équipement et son architecte. Bref, tout va très bien pour vous. Votre fiancée vous appelle de Paris. Vous répondez… et, à ce moment, une porte s’ouvre, la femme de l’architecte apparaît et vous dit : « J’ai tué mon mari ! »…
La petite escapade
Plus que rare depuis sa sortie en salles en dehors d’une petite vidéo du coté de Fil à Film (oui ça remonte), la petite comédie romantique de Philippe de Broca s’extirpe de l’oubli grâce à Coin de mire et son très beau Bluray.
Grand prince de la comédie française, profitant alors pleinement des énormes succès populaires que furent Le Magnifique et L’Incorrigible, deux véhicules entièrement pensés à la gloire des talents de notre Bebel national, Philippe de Broca s’imagine rendre hommage aux screwball comedy qu’il dévorait durant sa jeunesse. Ces fameuses comédies américaines, relevées et fantaisistes, multipliant les dialogues vifs et les situations improbables, pour mieux discuter des dysfonctionnements du couple et des rapports hommes-femmes, dans lesquels excellaient des stars comme Cary Grant et Katherine Hepburn (L’Impossible monsieur Bébé reste l’un des films les plus drôles du monde), mais qui n’ont finalement pas toujours fait bon ménage avec l’école plus roublarde et rabelaisienne. Ce n’est pourtant pas par faute de lourdeurs ou de vulgarités que pèche ce Julie pot de colle, mais essentiellement par un problème d’énergie. Quelques petits quiproquos, quelques petits élans de Vaudeville avec la demoiselle qui sort par la porte pour mieux revenir par la fenêtre, quelques élans d’aventure à la Tintin, mais autant les situations, que leur mise en scène, manquent constamment de mordant et de rythme.
Forfait valises
Notre brave cadre banquier se retrouve effectivement à se trainer une petite rousse délurée et azimutée du Maroc à Paris, devant tout d’abord maquiller se qui ressemble à un meurtre passionnel, puis simplement à gommer son existence auprès de sa propre fiancée, et il va forcément tomber peu à peu amoureux de cette personne qui célèbre une liberté qu’il n’a pas, mais jamais même cet argument romantique ne convainc totalement. Aussi attachiante que soit éternellement la craquante Marlène Jobert, elle ne parvient pas vraiment à dérider le pauvre Jean-Claude Brialy, jamais totalement à l’aise dans le rôle du brave type dépassé et manifestement peu attiré (il y a des raisons) par la rouquine. Si la collusion amicale est crédible, la folle histoire d’amour tombe à l’eau. Quelques petites joutes verbales entre les deux acteurs valent le détour et assurent un divertissement tranquille mais tout à fait regardable, mais le spectateur a la sensation que le film reste constamment sur sa réserve, bien trop sage, jusqu’à son petit happy end bien pratique mais effectivement surtout très facile. Même effectivement les élans presque BD ou les fantasmes carte-postale façon L’Homme de Rio ne semblent pas passionner de Broca qui filme bien timidement les paysages pourtant éloquents de la côte marocaine et en particulier le fameux hôtel la Mamounia vu dans L’Homme qui en savait trop.
On le reconnait cependant pleinement dans la description un peu plus acide du petit monde ubuesque et déshumanisé de la finance et de ses administrations, donnant lieu à quelques séquences réjouissantes où les personnages déversent une diatribe faite uniquement de chiffres, de pourcentages et de prévisions boursière dans tous lieux (bureau, restaurant, salle de sport…) et en toutes positions, véritables automates tournés en ridicule avec une petite touche de Tati bienvenue. Quelques petits moments bien sentis et impertinent qui colorent cette légère comédie un poil terne.
Image
Encore une très belle restauration pour le catalogue Coin de mire, ici en collaboration avec TF1 Vidéo et le CNC, avec une nouvelle fois un travail opéré directement à partir des négatifs 35mm scannés en 4K, qui permet de redécouvrir le film dans des conditions inédites. Tout est intensément propre, ferme et stable. Plus l’ombre d’une petite scorie à l’horizon mais le léger grain d’origine et le léger relief de l’image ont été maintenus avec beaucoup de soin. Les argentiques sont ravissants tandis que la palette de couleurs, finalement assez chaude et solaire même en dehors des paysages marocains, retrouve de sa superbe. Une belle réussite.
Son
Le mono d’origine se présente avec un DTS HD Master Audio 2.0 qui assure une diffusion des plus claires et des plus équilibrées. Tout est bien posé, frontal forcément, mais pas dénué de naturel où ce sont forcément les voix qui font quasiment tout le travail.
Interactivité
Sortie Bluray simple pour Julie Pot de colle, présenté dans un boitier scanavo bleuté avec fourreau cartonné reprenant l’habillage de la collection « La Séance ». Forcément le supplément central reste cette option de visionner le film accompagné en pré-programme des fameuses actualités de l’époque (ici celles de la 16ième semaine de l’année 1977), une bande annonce (celle de Les Égouts du Paradis) et enfin d’une sélection de réclames de l’époque. Idéal pour se mettre dans l’ambiance donc, car on y évoque autant le remaniement du gouvernement de Valéry Giscard-d‘Estaing et son premier ministre, le jeune et dynamique Raymond Barre, que les joies si modernes du trampoline avant de passer allègrement à ce Bounty au goût de paradis, Romy Schneider qui fait la pub pour Lux le savon des stars ou au fameux « ce n’est pas comme ça que vous réussirez dans la vie Mr Guy Dregrenne ». Toute une époque !
Dans la partie bonus, les curieux pourront aussi découvrir deux courtes interviews d’archives avec d’un côté Philippe de Broca et Marlène Jobert qui présentent sobrement le film tandis que l’actrice avoue son grand plaisir de revenir à la comédie, et de l’autre Jean-Claude Brialy qui évoque rapidement son personnage tout en se moquant, comme souvent, du pauvre journaliste. Coin de mire a aussi proposé une nouvelle fois à Julien Comelli d’enregistrer une présentation du film. Il n’a manifestement pas grand-chose à raconter sur ce dernier, en dehors de revenir sur sa rareté, et préfère donc évoquer les liens avec la screwball comedy, la place du film dans la carrière de Philippe de Broca et revenir sur la figure de « l’emmerdeuse », assez populaire dans le cinéma de l’époque selon lui.
Liste des bonus
La séance complète avec actualités Pathé, réclames publicitaires et bandes-annonces d’époque (22’), « La Femme de Marrakech » : document de Julien Comelli (25’), Interviews de Philippe de Broca et de Marlène Jobert (3’), Interview de Jean-Claude Brialy (2’), Bandes-annonces de la collection.







