JEU D’ENFANT : CHUCKY

Child’s Play – Etats-Unis – 1988
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Horreur
Réalisateur : Tom Holland
Acteurs : Catherine Hicks, Chris Sarandon, Alex Vincent, Brad Dourif…
Musique : Joe Renzetti
Durée : 89 minutes
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais DTS HD HD Master Audio 5.1 et français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titres : Français
Editeur : Arcadès éditions
Date de sortie : 18 novembre 2025
LE PITCH
Abattu par la police et sur le point de rendre son dernier souffle, le serial killer Charles Lee Ray transfère, grâce au vaudou, son esprit dans une poupée Brave Gars, le dernier jouet à la mode. Si, baptisée Chucky, elle fait le bonheur du petit Andy, six ans, la poupée révèle bientôt sa nature maléfique, multipliant les victimes. Prisonnier de son enveloppe de plastique, Charles Lee Ray n’attend plus qu’une chose : changer au plus vite de corps. Et Andy lui semble tout indiqué comme donneur involontaire…
Un bon petit gars
Sept films, une série tv, un remake loin d’être totalement honteux, des tonnes de produits dérivés et autres apparitions digne d’une star, Chucky est depuis longtemps une légende du genre, au même titre que Freddy ou Jason. Pas mal du tout pour une poupée en salopette et à la voix fluette dont la carrière avait débuté avec un premier opus modeste, mais à la classe jamais égalée.
Bien avant les délires postmodernes et les effusions grotesques, la première aventure de Chucky, connu chez nous sous le sobre titre Jeu d’enfant (non, pas de Marion Cottillard à l’horizon) peut surprendre aujourd’hui les spectateurs retardataires par son économie horrifique. Le film n’est cependant pas un film étriqué, une série B timide ou un essai qui fait pale figure face aux comédies Grand guignol de Ronny Yu ou Don Mancini, mais tout simplement un authentique film d’horreur volontairement classique dans la plupart de ses atours. Déjà auteur d’un cultissime Vampires vous avez dit vampire ?, Tom Holland est un authentique amoureux des grandes figures du genre, mais aussi un fan invétéré d’Alfred Hitchcock et des grands classiques du suspens américains. Il s’empare alors de la première mouture de Don Mancini (devenu depuis seul maitre à bord) et en arrondi les angles tout en simplifiant sa structure. Un peu de vaudou pour expliciter les origines improbables de ce jouet possédé par l’esprit maléfique du serial killer Charles Lee Ray, un soupçon de polar essentiellement pour déplacer la figure héroïque du flic à l’ouest (Chris Sarandon ex Jerry Dandrige dans Fright Night ou vilain dans Princess Bride) vers le rôle moteur de la maman du pauvre Andy.
Une poupée qui dit « meurs, meurs, meurs ! »
Entre légère critique de la société de consommation et description d’une cellule familiale déséquilibrée (paternel décédé mal remplacé par le flic protecteur), Jeu d’enfant étonne par un script plus complexe qu’à l’accoutumé, insufflant même une certaine dose de réalisme dans l’incrédulité générale que provoquent les déclarations du gamin puis de sa mère. De quoi habiter un film d’horreur diablement efficace qui privilège toujours la tension et le suspens plutôt que les jump scare, l’atmosphère aux effusions de sang. Les meurtres y sont donc finalement rares, tout comme les apparitions frontales de Chucky (si ce n’est dans la dernière bobine), mais ces dernières en deviennent d’autant plus marquantes que l’interprétation vocale de Brad Dourif (Alien Résurrection, Les Deux tours) offre à la poupée une âme aussi rugueuse, effrayante que sadique, mais toujours avec une ironie vorace, une vulgarité fulgurante. Un grand monstre du cinéma nait sous les yeux du spectateur, drôle et flippant, adorable et meurtrier, magnifié par les trouvailles impressionnantes de Kevin Yagher (Freddy 3, Hidden…) et son équipe des SFX. Des créatures en animatronics, des marionnettes à l’ancienne, un acteur nain déguisé et bien entendu de savants mélanges effectués au montage, les visions de la poupée Brave-Gars au visage de moins en moins adorable, au comportement de moins en moins câlin, écrasent sans aucun soucis la concurrence par sa crédibilité et son charisme.
Pas étonnant que trente ans après sa première, et mémorable, apparition, Chucky soit encore capable de terroriser les adolescents… C’est sûr que ça doit changer de la tête-à-claque Annabelle.
Image
Après le simple Bluray en 2018 (c’était chez ESC Films), Jeu d’enfant arrive enfin en France sur format 4K ! Arcadès a dégotté ici la dernière restauration en date, effectuée à partir d’un nouveau scan 4K des négatifs 35mm originaux. Tourné dans les années 80 avec les attributs d’une série B, le film doit tout de même composer avec une copie aux qualités variables, alternant les plans d’une perfection impressionnante à d’autres passages au grain plus présent, voir de très courts segments légèrement floutés. Sans retouches disgracieuses mais avec un soin évident, le master dépasse largement les moutures HD précédentes avec une colorimétrie plus chaudes et contrastée (merci le Dolby Vision qui dépote), mais aussi un piqué redoutable et un rendu qui suit la pellicule avec une fidélité appréciable.
Son
Désormais paré d’un DTS HD Master Audio plus précis et clair que jamais, le doublage français revient avec une stéréo fidèle aux sensations d’origine. La VF peine un peu parfois sur quelques sons écrasés, mais réjouie par un doublage réussi, voir percutant dès que Chucky ouvre la bouche. La version originale, elle, se dote d’un DTS HD Master Audio 5.1 (contre un Dolby Atmos aux USA), question d’ajouter quelques ambiances nettement plus larges et dynamiques, et naturellement des petits effets horrifiques plus percutants.
Interactivité
Nouveau changement d’éditeur pour le film qui du coup retrouve les suppléments historiques produits par MGM pour une ancienne édition collector. Si on est encore très loin du déluge de bonus produits pour l’édition américaine, ces quatre featurettes relativement succinctes permettent de retrouver réalisateur, scénaristes, acteurs et spécialistes des effets spéciaux et d’explorer toutes les étapes de la création du film (du scénario au montage final en passant par les nombreuses trouvailles techniques) en très bonne compagnie. Quelques images d’archives des essais des SFX sont aussi de la fête.
Liste des bonus
« La Genèse de Chucky » (7’), « Chucky : La création d’un cauchemar » (10’), « La Création de l’horreur » (12’), « Déchaîné » (5’), Bande-annonce.






