IRON MAN

Etats-Unis – 1951
Support : Bluray
Genre : Drame
Réalisateur : Joseph Pevney
Acteurs : Jeff Chandler, Rock Hudson, Evelyn Keyes, Stehen McNally, Joyce Holden…
Musique : Milton Rosen
Durée : 81 minutes
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titres : Français
Éditeur : Eléphant Films
Date de sortie : 25 mars 2025
LE PITCH
Quand Coke Masson monte sur le ring pour défendre son titre de champion du monde poids lourds, il se fait huer par la foule entière alors que le challenger est acclamé. Parmi les spectateurs, une femme se souvient des événements qui ont conduit 2000 personnes à le haïr, et de la terrible histoire derrière la rivalité entre les deux hommes qui s’affrontent.
Sous les huées
Cet Iron Man, vous le comprendrez vite n’est qu’un homonyme du super-héros. Il fut un temps où les « hommes d’acier » n’avaient pas besoin d’armure pour montrer du poing, une époque où Marvel n’existait pas mais le romancier W. R.Burnet si. Une période où l’ironie d’un Robert Downey Junior avait les traits de Jeff Chandler.
Comme le proclamait haut et fort Bertrand Tavernier dans son incontournable « 50 ans du cinéma américain », William Riley Burnet n’est pas qu’un auteur de romans policiers comme on veut nous le faire croire. Si beaucoup de ses adaptations tournent autour de ce milieu, l’auteur savait varier les plaisirs comme avec cet Iron Man. S’il en présente beaucoup d’aspects, ce long-métrage est en réalité ce que l’on pourrait définir comme un faux film noir, avec sa voix off, ses flashbacks et son ambiance poisseuse. Tout y est, ou presque. Il ne manque plus que l’imper d’Humphrey Bogart pour faire le grand chelem. Mais comme l’histoire se concentre sur le parcours d’un boxeur, celui-ci semble superflu sur le ring. D’autant plus qu’il cacherait la carrure et les 1m90 de sa star Jeff Chandler (star décédée prématurément suite à une septicémie, le chirurgien ayant oublié son bistouri lors de l’opération de son hernie). L’acteur auréolé de son Oscar de second rôle pour son rôle d’indien Cochise dans La flèche brisée tient ici le rôle-titre de ce boxeur improvisé, mal-aimé et conspué par la foule car boxant d’une manière pas assez noble pour cet art. Une thématique assez rare pour être signalée.
Besoin de reconnaissance
Déjà adapté vingt ans plus tôt par le cinéaste Tod Browning, le roman de Burnet passe cette fois par la caméra de Joseph Pevney pour s’illustrer. L’homme, après avoir tenté une carrière en acteur inconnu, préfère tenter sa chance en passant par la case réalisateur. Il ne sera pas reconnu pour autant (si ce n’est pour avoir réalisé les meilleurs épisodes de la première saison de Star Trek).
Pourtant, Iron Man mérite le détour. Cette haine ressentie sur le ring envers son protagoniste devient le moteur du film. Cette approche permet au cinéaste d’explorer l’une des origines de la colère faisant de cette animosité la dramaturgie principale de son film. Le personnage central ne peut gagner ses combats qu’animé par la haine du public qui le transforme en machine à tuer, le rendant fou de rage. Ce parti pris original, accentué par une mise en scène dynamique, amène la réflexion sur notre besoin de reconnaissance et le désir d’être aimé. Pour son ultime combat, Chandler changera son approche pour jouer « proprement » face à son ancien sparring partner Rock Hudson (encore tout jeunot, bien avant son passage chez Douglas Sirk) changeant d’un coup son image publique. Le contenant devient rapidement plus intéressant que son contenu. Les acteurs peuvent être interchangeables, mais l’histoire est suffisamment bien ficelée pour nous embarquer.
Iron man peut sembler manichéen par divers aspects, mais il ne s’agit pas ici de rédemption mais bien de reconnaissance. Il n’y a pas de désir d’égocentrisme mais juste un besoin fondamental d’exister. Qu’importe la victoire, seul le parcours compte.
Image
Difficile de sortir une copie parfaite pour un film de cette époque. Pourtant force est de constater que la copie assure pour sortir le meilleur du noir et blanc. Même si les scènes dans la mine au début manquent parfois de contrastes (elles tirent vers un noir pas assez défini), la suite tient bien la route avec un grain maîtrisé. Les stigmates du temps montrent régulièrement des points blancs et autres griffures, mais rien de plus normal pour une série B de cette époque. On ressent bien ici le travail effectué sur la copie.
Son
En version originale uniquement. Hormis les scènes de foules lors des combats, le son est assez frontal mettant en avant les dialogues au détriment des bruits d’ambiance.
Interactivité
Toujours un plaisir de retrouver Jean-Pierre Dionnet et sa façon si personnelle de présenter le film. Rodé à l’exercice, il s’attarde sur les trois points clés d’Iron Man à savoir son écriture, sa mise en scène et son casting.
Liste des bonus
Le film par Jean-Pierre Dionnet (14’).