INTOLÉRABLE CRUAUTÉ

Intolerable Cruelty – Etats-Unis – 2003
Support : Bluray
Genre : Comédie
Réalisateur : Ethan et Joel Coen
Acteurs : George Clooney, Catherine Zeta-Jones, Geoffrey Rush, Cedric the Enterainer, Billy Bob Thornton, Edward Herrmann, Richard Jenkins…
Musique : Carter Burwell
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et français Dolby Audio TrueHD 5.1 et Dolby Digital 2.0
Sous-titres : Français
Durée : 100 minutes
Editeur : BQHL Editions
Date de sortie : 29 mai 2025
LE PITCH
Aussi brillant que cynique, Miles Massey s’impose comme le plus recherché de tous les avocats de Californie spécialisés dans le divorce. Un nouveau cas mobilise toute son attention : un riche promoteur immobilier pris en flagrant délit d’adultère par son épouse, la séduisante Marylin Rexroth. L’occasion rêvée pour celle-ci de recouvrer sa liberté et d’encaisser une juteuse pension ? Théoriquement, oui. Elle n’avait cependant pas prévu que le retors Miles Massey allait déjouer ses plans et la mettre pratiquement sur la paille.
Talents acérés
Depuis leur tout premier film, Sang pour Sang, les frères Cohen (Joël et Ethan) s’étaient inscris dans une relecture presque globale des standards du cinéma américain, avec une énergie frondeuse permettant une revitalisation du cadre hollywoodien. Du polar à la comédie homérique, du thriller au road-movies, ils ne leur manquait plus, en ce début des années 2000, qu’une comédie romantique…
Lorsque les frères Coen s’attaquent au genre ultra-commercial de la comédie romantique (grandes stars, grands sentiments, happy end obligatoire…) ils ne le font pas sans remords. Ils étaient même tentés d’en confier la réalisation à une tierce personne. Mais sous l’impulsion de leur producteur, ils prennent le projet à bras le corps et le transforme en un métrage tout à fait personnel : « C’est le film le plus glamour que nous ayons fait ! Pour nous, il s’agissait d’essayer quelque chose de différent, mais sans rien perdre de notre identité. » Ils reprennent dès lors les codes du genre à son Age d’or (les années 50) mais sans les détourner, s’engouffrant généreusement dans les victuailles de la fameuse comédie du remariage où le romantisme ne peut que se fondre avec les incompréhensions et les mesquineries d’une société cynique. Mr est un avocat spécialisé dans le divorce sauvage et sans pitié, Mme ne quette les maris que pour leur extorquer leurs fortunes, et tous deux reflètent les dérives absurdes du système judiciaire américain tout autant que la vacuité de la frange fortunée de la coté californienne, figures tout autant charismatique et élégantes, que nocives et pathétiques. Le romantisme dans tout cela peut cependant naitre grâce à cette distance, bien acide, que maitrisent les Coen, se moquant ouvertement de et avec les personnages.
Overruled !
D’où forcément cette proximité constante avec l’énergie du cartoon, l’univers de la farce et un mélange réjouissant entre l’absurde des Marx Brothers et la finesse élégante d’un Preston Sturges. Un décorum purement Hollywood tout en tape-à-l’œil et en fortunes exposées, en riches demeures et en costumes friqués, où forcément George Clooney et Catherine Zeta-Jones resplendissent, apportant tout le glamour attendu sans jamais se départir d’une conscience de soi bien plus contemporaine, une ironique tout en connivence. Ce second degré omniprésent est, avec la cruauté jubilatoire des personnages et de leurs échanges semi-suaves semi-assassins, l’une des grandes qualités d’Intolérable cruauté. Les dialogues sont souvent imparables et hilarants et transforment les joutes orales, aux airs de joutes légales, en opéra baroque et hystérique, poussant le film vers des rives finalement jamais bien loin de la fantaisie d’Arizona Junior ou du Grand Saut. Certes la trame en elle-même manque de fermeté, inutilement tarabiscotée par instant et habitée de seconds rôles trop légèrement présentés (les pourtant excellents Geoffrey Rush et Billy Bob Thornton ne font que passer). Elle manque aussi souvent de se faire bouffer par les pitreries d’un Clooney survolté. Plus que jamais ici digne héritier de la décontraction drolatique de l’immense Carry Grant, l’acteur multiplie les effets de manches, les grimaces, les chutes et les sourcils levés, mais ne se départie jamais de ses atouts de charmeur ahuri. On ne l’avait pas connu aussi drôle depuis… le O’Brother des frères Coen.
Un bel hommage à la plus belle ère de la comédie américaine portée par deux frangins inspirés et deux têtes d’affiches qui s’amusent comme des fous (l’amitié sera d’ailleurs reconduite avec Ocean’s Eleven) : Intolérable cruauté mêle divertissement sentimental et satire burlesque avec un plaisir des plus communicatif.
Image
On retrouve ici le même transfert croisé il y a une dizaine d’année chez Universal, et seul disponible à l’heure actuel, et qui n’était alors déjà pas totalement convaincant. Certes les couleurs sont bien marquées, les reflets dorés et les contrastes de la photographie sont très richement accompagnés, mais Intolérable cruauté est encore un master produit « à l’ancienne » soit à partir d’une source vidéo plus ancienne et nettoyée numériquement quitte à se laisser aller à du dégrainage intempestif et à trop adoucir les matières. Ça manque dès lors de fermeté avec même l’apparition de bruitage vidéo sur certains plans. BQHL fait donc ici du mieux qu’il peut avec ce qu’il a à disposition.
Son
Le film est disponible avec ses pistes 5.1 d’origine, toujours aussi énergiques et cartoon, même si le mixage ne se laisse jamais aller aux grandes effusions et à une spatialisation trop poussée. Les quelques tubes musicaux utilisés pour habiller les scènes et les dialogues sont surtout mis en avant. Pour ceux doté d’installation sonores plus sommaires il y a aussi en option du Dolby Digital 2.0 en anglais et français.
Interactivité
Pas de nouveauté non plus coté bonus avec la reprise des suppléments déjà vus sur le premier DVD et le premier Bluray. On y retrouve donc une featurette courte et condescendante sur le talent de chacun dans le film (même si c’est vrai, ça manque d’humilité), un petit reportage sur le travail de la costumière que l’on aurait souhaité un peu plus approfondi et un bêtisier plutôt long (7 minutes tout de même) mais relativement mal monté et donc pas toujours efficace. Rien de vraiment palpitant donc.
Liste des bonus
Making of (11’), Les costumes du film (5’), Bêtisier.







