IN A VIOLENT NATURE

Canada – 2024
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Horreur
Réalisateur : Chris Nash
Acteurs : Ry Barrett, Andrea Pavlovic, Cameron Love, Reece Presley, Liam Leone…
Musique : Aucun.
Image : 1.33 16/9
Son : Anglais et Français DTS Master Audio 5.1
Sous-titres : Français
Durée : 94 minutes
Editeur : ESC Films
Date de sortie : 22 octobre 2025
LE PITCH
Après s’être fait dérober un précieux artefact, cadeau de sa mère, un tueur en série s’extirpe de sa tombe pour entamer une quête vengeresse. Il va traquer un groupe de jeunes qui se racontent son histoire.
La Marche sanglante
Couronné d’un Grand Prix au dernier Festival de Gérardmer, In A violent Nature y aura certainement divisé critique et public, provoquant quelques débats houleux aux avis particulièrement tranchés. Peut-être était-ce en partie le plan secret du jeune réalisateur canadien Chris Nash qui avec ce slasher ambitieux va certainement laisser quelques victimes dans le fossé.
In a Violent Nature est donc un film qui repose sur deux dispositifs à priori antinomiques. D’un coté les sempiternelles tropes du slasher, genre codifié et répétitif par excellence, avec un nouveau tueur sorti de la tombe par un élan vengeur et quelques crétins adolescents / jeunes adultes, venus profiter d’un weekend dans la forêt pour se tripoter et picoler. Rien de nouveau sous le soleil éclatant du légendaire Vendredi 13 II dont le scénario n’est ouvertement qu’un simple remake. L’ombre de Jason est omniprésente dans le look du tueur et dans la genèse de la création de son propre look à l’image, et naturellement les quelques meurtres qui émaillent le métrage, sont mis en place comme de sacrés morceaux de bravoures : la pauvre adepte du yoga retournée sur elle-même, une tête méchamment scindée au milieu de la mâchoire, un gars du coin tranché à la machine à coupé le bois… Les effets gores sont généreux et viandards à souhait. Mais In A Violent Nature ne cherche pas l’habituelle efficacité popcorn, l’esprit fun et le défouloir teen, prenant une distance nouvelle avec un récit rabâché depuis quatre décennies en s’attachant au point de vue presque unique du tueur et une réflexion esthétique qui glisserait vers le film d' »auteur ».
Tuerie bucolique
Les dialogues crétins et les histoires stupides des futures victimes ne sont donc le plus souvent perçues que comme un écho lointain ou éphémère, tandis que la caméra s’accroche à une créature impitoyable, presque constamment vue de dos, avançant mutique au travers d’une nature sublime et terriblement indifférente. Ponctué par ses marches lentes et inlassables, la proposition audacieuse de Chris Nash (réalisateur d’un segment de The ABCs of Death 2) rejoint alors par certains aspects le réaliste Schizophrenia de Gerard Kargl, comme un contre-point massif avec la tradition des Vendredi 13, Meurtres à la St Valentin, The Burning ou autres Sleepaway Camp, cultivant un dispositif quasi-expérimental consacrée à ce qui est d’habitude hors-champs, invisibilisé par le montage. Une idée particulièrement intéressante, souvent habilement mise en scène, mais qui par sa dilatation temporelle (le tueur marche quand même beaucoup) se heurte à la patience du spectateur et à des notions de rythme totalement balayées ici par le dispositif initial. Surtout, In A Violent Nature, sans doute conscient en partie de son concept de court ou moyen métrage, abandonne ses efforts dans une dernière partie retournant l’objectif vers la fameuse Final Girl, délaissant son tueur pour une ultime traque interminable et s’achevant sur un monologue inutile d’un nouveau personnage rappelant la brutalité de l’ordre naturel. Un message largement perceptible tout au long de l’heure passée et qui ne nécessitait vraiment pas une démonstration aussi maladroite.
Malgré des défauts assez évidents, l’expérience In a Violent Nature reste assez méritante, intrigante pour le moins, et revisite de manière particulièrement originale un genre que les amateurs connaissent par cœur. Une bonne manière d’ouvrir le slasher à une nouvelle voie, une résurrection peut-être plus contemporaine et consciente… Reste à savoir maintenant si son auteur va concrétiser l’expérience ou se laisser enfermer dans un label « elevated horror » bien vite plombant.
Image
Filmé au format 1.33 et entièrement dans un numérique volontairement granuleux et légèrement crasseux, In A Violent Nature ne peut pas toujours dissimuler les limitations de sa production. En Bluray particulièrement, les zones d’ombres et les scènes nocturnes peuvent se montrer assez envahissantes. Mais les cadres restent limpides et très détaillés, avec surtout une copie UHD qui creuse profondément les matières et les profondeurs et profite des traitements HDR10 et Dolby Vision pour étendre considérablement la finesse de sa restitution. Le costume et les maquillages du tueur y semble plus convaincants, les explosions gores en rajoutent une couche et l’aspect « documentaire » laisse place à des teintes plus cinématographiques, en particulier le vert omniprésent de cette satanée nature.
Son
Les pistes DTS HD Master Audio 5.1 se montrent des plus convaincantes jouant volontier sur les effets de profondeurs, autant lorsque les futures victimes se rapprochent de l’objectif que lorsque le tueur avance lentement dans les paysages. Le travail repose essentiellement sur les atmosphères naturelles environnantes et enveloppantes, et les petits bruitages de crissements et autres frôlement provoqués par la marche inéluctable.
Interactivité
ESC sait faire des belles éditions, avec ici un digipack avec fourreau du meilleur effet accompagné par une reproduction de l’affiche et de cinq photos d’exploitation.
Pas de supplément autre que la bande annonce sur le disque UHD, les bonus sont concentrés sur le disque Bluray où on retrouve la préparation du fameux meurtre de la jeune femme en pleine séance de yoga et un petit détour dans les coulisses, façon B-Roll, pour observer quelques images de tournage. Beaucoup plus original et intéressant, on peut visionner le véritable making of non pas du film que l’on connait mais de celui qui aurait dû advenir. Naufrage donc est un documentaire de la première tentative de Chris Nash de tourner son long métrage. La pluie, de nombreux soucis techniques, de nombreux retards de production et des tentions avec une partie des collaborateurs obligeront finalement le réalisateur à tout reprendre à zéro (un seul plan persiste dans le film achevé) avec le budget prévu pour la post-production et une toute nouvelle équipe. Un journal de production qui montre comment une telle entreprise peut rapidement se casser les dents. Dommage cependant que l’éditeur français n’ait pas repris aussi le montage recomposé de cette version d’une durée de 45 minutes glissée sur l’édition US.
Liste des bonus
L’affiche du film, 5 photos d’exploitation, Naufrage (71’), Coulisses (13’), « Le Meurtre Yoga » (4’), Bande-annonce.







