HURRY UP TOMORROW

Etats-Unis – 2025
Support : Bluray & DVD
Genre : Drame
Réalisateur : Trey Edward Shults
Acteurs : Abel Tesfaye, Jenna Ortega, Barry Keoghan, Riley Keough, Ash T, Paul L. Davis…
Musique : The Weeknd, Daniel Lopatin
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et français Dolby Atmos
Sous-titres : Français
Durée : 105 minutes
Editeur : Metropolitan Film & Video
Date de sortie : 18 septembre 2025
LE PITCH
Abel, une star de la musique, est entraîné par une de ses fans dans une odyssée qui l’amènera à remettre en question les fondements mêmes de son existence…
Biopic or not Biopic ?
Biopic, autopromotion ou simple méga clip de la vedette The Weeknd ? Hurry up tomorrow est sans doute un peu tout ça à la fois. Réalisé par Trey Edward Shults (Krisha, Waves…) et porté par le duo The Weeknd-Jenna Ortega, ce film conceptuel ne laissera pas indifférent.
Alors que les biopics de stars de la musique pullulent depuis quelques années, Hurry up tomorrow, film consacré à l’artiste The Weeknd, semble toutefois prendre une autre voie. En effet, l’artiste canadien aux origines éthiopiennes Abel Tesfaye, plus connu sous son nom de scène, décide ici de se dévoiler dans un film lorgnant autant vers le mélo que vers le thriller psychologique.
Évidemment, difficile de ne pas faire de procès d’intention à l’artiste, et de voir dans ce film un instrument de promotion de son œuvre et de son univers … surtout qu’il fut couplé à la sortie d’un album portant le même nom. Toutefois, même si ce n’est guère original, la façon dont l’artiste semble dévoiler ses failles ici ainsi que le concours d’un cinéaste indépendant, Trey Shuts, nous incitent à y voir une certaine sincérité.
Pour son quatrième long-métrage, Shuts, qui fut assistant de Terence Mallick à ses débuts, renoue ici avec ses thèmes de prédilection déjà exploités dans Krisha, It comes at night ou Waves. Un cinéma intimiste, le film ne se concentre que sur deux voire trois personnages, voguant presque vers l’horreur psychologique et l’onirisme.
Des failles…
Consacré comme l’artiste le plus écouté de ces dernières années, The Weeknd et son R’n’B moderne qui nous fait songer à Prince ou Michael Jackson de par sa démesure et sa sensibilité, ajoute ici une corde à son arc en faisant l’acteur. Une expérience déjà entreprise notamment avec la série The idol (2022) de Sam Levinson, qui traite déjà de la dépression d’artistes en quête de sens… Si l’artiste dévoile ici ses failles, nous pourrons regretter d’y voir aussi ses limites en tant qu’interprète, sa figure hébétée traversant le film de part en part. Heureusement, le concours de Barry Keoghan en ami-producteur ambigu et surtout celui de la star Jenna Ortega apportent du poids à la réalisation de Shuts. Ortega prouve une fois de plus ici son talent en incarnant à merveille une femme perdue, une fan aussi toxique que sincère, capable de tout brûler afin de renaître de ses cendres.
Difficile de ne pas souligner le travail artistique autour du film, d’ailleurs tourné en 35mm, avec notamment la photographie réalisée par Chayse Irvin (Blonde) qui pourra autant nous happer que nous agacer, (un peu prétentieux tout ça peut-être), par sa multiplication de plans originaux, travellings etc.
Film ô combien conceptuel, Hurry up tomorrow ne pourra pas plaire à tout le monde, comme en atteste ses résultats mitigés malgré la base importante de fans de l’artiste. A la fois intimiste et cliché, clinquant et méditatif, il n’en reste pas moins une proposition originale qui mérite le coup d’œil.
Image
Sans aucun doute le point du fort du film, la qualité HD de ce film tourné en 35mm (c’est devenu tellement rare de nos jours) rend hommage au travail du réalisateur et du directeur de la photographie. Un étalonnage irréprochable, des contrastes marqués et une belle définition.
Son
Évidemment, même s’il ne s’agit pas seulement d’un film musical, la qualité audio de la galette Blu ray est importante pour apprécier à sa juste valeur la BO (avec la participation de Daniel Lopatin) pop et immersive. Le mixage en Dolby Atmos est quasi-parfait, mais nous vous conseillons toutefois la Version Originale, bien plus cohérente et authentique.
Interactivité
Metropolitan nous propose ici une très belle édition avec un digipack contenant un livret analytique brillamment rédigé par Nicolas Rioult. Les suppléments proposés s’avèrent assez intéressants entre ces prises, ces extraits de tournage et un Making-Of nous permettant d’en savoir plus sur la genèse de cette œuvre mélancolique et singulière.
Liste des bonus
Un livret (24 pages), Making-Of (26’), Test caméra (6’).







