HUNGER GAMES : LA BALLADE DU SERPENT ET DE L’OISEAU CHANTEUR

The Hunger Games – Etats-Unis – 2023
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Science-Fiction
Réalisateur : Francis Lawrence
Acteurs : Tom Blyth, Rachel Zegler, Peter Dinklage, Jason Schwartzman, Hunter Schafer, Josh Andrès Rivera, Viola Davis…
Musique : James Newton Howard
Image : 2.39 16/9
Son : Anglais et français Dolby Atmos, Audiodescription
Sous-titres : Français, Pour sourds et malentendants
Durée : 157 minutes
Editeur : Metropolitan Video
Date de sortie : 22 mars 2024
LE PITCH
Le jeune Coriolanus est le dernier espoir de sa lignée, la famille Snow autrefois riche et fière est aujourd’hui tombée en disgrâce dans un Capitole d’après-guerre. À l’approche des 10ème Hunger Games, il est assigné à contrecœur à être le mentor de Lucy Gray Baird, une tribu originaire du District 12, le plus pauvre et le plus méprisé de Panem. Le charme de Lucy Gray ayant captivé le public, Snow y voit l’opportunité de changer son destin, et va s’allier à elle pour faire pencher le sort en leur faveur.
« tombeuh la neigeuh… »
On ne l’attendait pas forcément, pourtant 10 ans après la conclusion d’une tétralogie teen pas si stupide que ça ayant révélée l’actrice Jennifer Lawrence, la saga Hunger Game se permet un ultime (?) volet en forme de prequelle. Quand la figure du mal absolu, aka le Président Snow, devient le personnage central, la ballade a forcément quelque chose d’intriguant…
Parmi la longue liste d’adaptation de sagas SF young adult, dont la plupart ne furent jamais achevées à l’écran, Hunger Games fait office d’exception. Par son impact et sa longévité donc, mais aussi par sa volonté de rester fidèle aux optiques subversives de l’auteur Suzanne Collins, ayant livrée avec une certaine accessibilité une réflexion divertissante autour de notions politiques, idéologiques et civilisationnelles. D’autant plus couillu qu’à l’instar de son cousin japonais, le beaucoup plus terminal Battle Royale, la grande destinée de la fameuse Katniss ne cache jamais ses appels à la rébellion et au rejet d’un vieux monde vérolé par une caste pourrissante. Écrit en 2019 et retranscrit avec beaucoup de fidélité par le long métrage, La Ballade du serpent et de l’oiseau chanteur, enfonce peut-être encore plus solidement le clou en s’attardant cette fois-ci non pas sur la figure positive et dissidente (Lucy Gray jouée par la mignonne Rachel Zegler révélée par West Side Story) mais sur le beaucoup plus trouble et complexe Coriolanus Snow, futur dictateur de Panem et antagoniste de Katniss soixante ans plus tard. Le jeune Tom Blyth reprend assez brillamment le flambeau et approfondit des traits, une part d’ombre et des contours que n’avaient pu qu’esquisser autrefois le génial Donal Sutherland.
Petite mélodie de la révolte
Récit donc d’une ascension qui n’a rien d’un long fleuve tranquille mais plutôt de la lourde conquête en terrain miné, pour un jeune étudiant politicard, fils d’une famille aristocratique déchue, qui va être amené à participer à la nouvelle version des fameux Hunger Games, symbole de la répression sur les districts, à en découvrir la souffrance et l’humanité pour les beaux yeux de la chanteuse Lucy… Constamment tiraillé entre ses sentiments, sa découverte de la dure réalité des opprimés, et sa loyauté au régime, hésitant entre ses rêves d’une vie libre et un mélange de devoir familial et d’ambitions toute personnelles, Snow est plus que jamais un personnage particulièrement intéressant, anti-manichéiste, tour à tour attachant ou repoussant, positif ou négatif. Une trajectoire brisée où se dessine pertinemment les mécaniques d’un système fasciste (ici entre le 3eme Reich, l’URSS et l’empire libéral américain), son contrôle sur les populations (par la force ou idéologique), tout autant que la corruption du pouvoir. Une pierre plus qu’honorable apportée à l’édifice des Hunger Games, creusant généreusement l’arrière-plan de la tétralogie initiale, multipliant les personnages secondaires charismatiques (en même temps, sacré casting !), apportant sa propre esthétique rétro-SF d’après-guerre, avec toujours cette réalisation très efficace, à défaut d’être renversante, d’un Francis Lawrence (Red Sparrow, Constantine, Je suis une légende…) qui réussit à maintenir un rythme soutenu tout en laissant presque de coté les fameux Hunger Games en parenthèse centrale.
Finalement ce qui fait le plus plaisir ici, c’est que comme dans les Hunger Games originaux, ce prologue inédit en retrouve la première qualité : ne jamais prendre son public ado pour des abrutis. Merci pour eux.
Image
Un traitement 4K tout à fait redoutable qui bien entendu repose très naturellement sur un transfert direct de la source numérique capturée sur caméra Arri Alexa, mais avec beaucoup de finesse, de précision, de relief et un traitement des couleurs qui se veut relativement naturel. Certes la photographie joue parfois sur certaines teintes sépias ou des sensations plus bleutées dans les séquences se déroulant à Panem, mais les apports HDR et Dolby Vision ne les noient sous aucun excès. Le master plonge même plus volontiers dans les noirs avec des séquences très sombres sans chercher à les rendre trop facilement lisibles. Intense.
Son
On remercie Metropolitan de proposer ici du Dolby Atmos pour la version originale mais aussi pour la version doublée. Dans les deux cas la prestation fait preuve d’un même mélange de précision et de discrétion que pour l’image. Si effectivement les séquences dans l’arène révèlent une dynamique plus musclée et plus vive, tout le film est accompagné par une dynamique fluide et minutieuse, des ambiances bien placées et une multitude de petits effets (le bruit des envols d’oiseau, la retransmission sur les écrans de la salle de contrôle, le mini-concert…) qui assurent des sensations particulièrement enveloppantes.
Interactivité
Les disques UHD et Bluray présents dans l’édition proposent les mêmes suppléments. Plutôt étonnant surtout quand il s’avère que le making of du film se révèle être plus long que celui-ci. Un bonus de 2h30, découpé en chapitres thématiques et qui explore avec profondeur tous les contours du film, de sa nature de prequelle à son nouveau casting, du retour de Francis Lawrence derrière la caméra aux effets spéciaux et aux séquences les plus imposantes, sans oublier un détour par les décors (naturels ou non), la musique ou le montage. C’est extrêmement complet, forcément jamais totalement exempt de petits élans promos et pas un mot ne révèlera d’informations croustillantes, mais particulièrement généreux en interviews (tout le monde ou presque y passe) et en images de tournages ou des coulisses de post-production. Des bonus comme ça, cela devient malheureusement trop rare.
A cela l’édition ajoute aussi un commentaire audio plutôt instructif, même si un peu redondant avec le documentaire, réunissant Francis Lawrence et sa productrice, et un petit clip de la chanson principale du film.
Liste des bonus
Commentaire audio de Francis Lawrence et Nina Jacobson
« Proie ou prédateur » : Making of en huit parties (150’), La chanson « The Hanging Tree », Lettre aux fans.