HOUSE OF THE LONG SHADOWS

Royaume-Uni – 1983
Support : Bluray & DVD
Genre : Horreur
Réalisateur : Pete Walker
Acteurs : Vincent Price, Christopher Lee, Peter Cushing, Desi Arnaz Jr, John Carradine, Sheila Keith…
Musique : Richard Harvey
Durée : 102 minutes
Image : 1.85 16/9
Son : Français & Anglais DTS-HD Master Audio 2.0 Mono
Sous-titres : Français
Editeur : ESC Editions
Date de sortie : 03 février 2021
LE PITCH
Un jeune écrivain fait un pari avec son éditeur et il doit écrire un nouveau roman en 24 heures dans un manoir maudit au pays de Galles. Cependant, une fois sur les lieux, il se rend compte que la vieille bâtisse est déjà occupée …
Dernier tour de piste
Projet opportuniste et un brin cynique concoctée par la Cannon de Menahem Golan et Yoram Globus, House of the Long Shadows ouvre le bal de la nouvelle vague des British Terrors d’ESC avec un casting de rêve et … et … et puis, c’est tout.
1976, la Hammer baisse le rideau. L’épouvante gothique n’est plus à la mode et la jeune génération de spectateurs se tourne vers de nouveaux cauchemars peuplés de gamins sataniques, de boogeymen masqués et d’extra-terrestres protéiformes. Plus lointain encore est le souvenir des fabuleuses adaptations d’Edgar Allan Poe par Roger Corman où Vincent Price jouait avec délice de son phrasé aristocratique et menaçant. Le genre ne survit plus que dans le souvenir des cinéphiles et pour ses artisans débutent alors une longue traversée du désert (quand certains n’optent pas directement pour la retraite, comme Terence Fisher qui décédera en 1980).
Artisan tout-terrain ayant frayé avec la Hammer et la Amicus, Roy Ward Baker sera le premier à tenter un discret revival avec le film omnibus The Monster Club. Un échec, bien entendu. Mais le potentiel d’une telle opération ne laisse pas indifférent les pontes de la Cannon. Bien exploitée, la nostalgie peut faire sonner le tiroir-caisse. Ayant pris pour habitude d’investir en Europe, Golan et Globus entrent en contact, via leur branche londonienne, avec Christopher Lee, Peter Cushing et Vincent Price et s’assurent de la participation des trois légendes à un projet commun. Une affiche longtemps fantasmée par les fans, encore frustrés de l’arnaque Scream and Scream Again (signé Gordon Hessler) où les acteurs ne partageaient pas la moindre scène ensemble. Ne manque plus qu’un script. Celui-ci est confié à Michael Armstrong, surtout connu pour être le réalisateur du gentiment putassier La Marque du Diable et de sa suite ratée. Le zigoto opte pour la facilité et livre une adaptation remise au goût du jour de Seven Keys To Baldpate, best-seller de 1913, six fois transposé au cinéma entre 1916 et 1947 puis un peu tombé dans l’oubli. Très théâtrale, l’intrigue présente l’intérêt (économique) de se limiter à un seul lieu, le fameux manoir de Balpate.
Lee vs Price vs Cushing
Entre paresse et ironie facile jusqu’à un double twist final ronflant, le scénario d’Armstrong se concentre avant tout sur le personnage de l’écrivain joué par Desi Arnaz Jr., héros plutôt antipathique sur le papier (personne n’aime les Américains à brushing qui se la pète) que son interprète parvient à rendre attachant grâce à son sens de l’humour et une bonne bouille qui évoque Steve Guttenberg et John Cusack. Il faut donc attendre une grosse demi-heure avant l’entrée en scène de Peter Cushing, Vincent Price et Christopher Lee, chacun à son tour et dans cet ordre. Entre temps, ce sont deux autres visages connus du fantastique qui auront joué le rôle d’amuse-gueule, John Carradine et Sheila Keith. À 77 ans et avec plus d’une centaine de rôles à son actif, Carradine occupe logiquement les fonctions de patriarche. Moins prolifique, Sheila Keith s’est taillé une petite réputation en jouant dans les séries B réalisées à toute vitesse par Pete Walker. Et ça tombe bien puisque Pete Walker est justement le réalisateur de House of the Long Shadows. Cinéaste médiocre dont le seul honorable fait d’arme reste le joliment sadique House of Whipcord (alias Flagellations), Walker emballe House of the Long Shadows avec le minimum d’efforts, soignant le rythme et une poignée de mises à mort saignantes mais ne livrant aucune scène réellement marquante. Pas vraiment suffisant pour regretter le départ en retraite de Pete Walker sitôt le dernier plan mis en boîte.
Ne reste plus que nos trois mousquetaires pour amuser la galerie et, Dieu merci, ces derniers sont en forme olympique. Peter Cushing abandonne le jeu sévère et glaçant qui a fait son succès pour endosser la défroque d’un vieillard alcoolique et peureux, Vincent Price n’a pas perdu une once de son charisme et s’installe avec une aisance folle dans la peau du maître de cérémonie qui lève le sourcil au bon moment et Christopher Lee enfonce la concurrence après une introduction digne du Comte Dracula en personne et avant de tomber le masque et de poursuivre les survivants de cette folle nuit une hache à la main. L’honneur est sauf.
Image
Quelques séquences un peu trop sombres et à la définition en retrait n’entachent en rien l’excellente impression laissée par un master vierge du moindre défaut. La robustesse des scènes éclairées à la bougie est même surprenante pour un film n’ayant subi qu’une restauration de façade. Les fans pourront se régaler de l’élégance de chaque ride de Cushing et consorts. Comme le dit l’adage, c’est dans les vieux pots …
Son
Le formidable score de Richard Harvey, hommage vibrant aux compositions de James Bernard pour les fleurons de la Hammer, est véritablement le point fort de mixages propres mais un peu étouffés et aux effets limités.
Interactivité
Figure désormais familière des bonus de la collection British Terrors, Laurent Aknin commente House of the Long Shadows en deux temps. D’abord au travers d’une présentation riche en name dropping et en anecdotes de presque vingt minutes. Puis avec une analyse de séquence consacrée à l’arrivée nocturne de Christopher Lee dans le manoir en titre. Un livret de 16 pages clôture sobrement cette édition soignée.
Liste des bonus
Présentation du film par Laurent Aknin, Analyse de séquence, Livret.