HOT MILK

Australie, Royaume-Unis – 2025
Support : Bluray & DVD
Genre : Drame
Réalisateur : Rebecca Lenkiewicz
Acteurs : Emma Mackey, Fiona Shaw, Vicky Krieps, Vincent Perez, Yann Gael, Patsy Ferran…
Musique : Matthew Herbert
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et Français DTS Master Audio 5.1
Sous-titres : Français
Durée : 93 minutes
Editeur : Metropolitan Film & Video
Date de sortie : 16 octobre 2025
LE PITCH
Par un été étouffant, Rose et sa fille Sofia se rendent à Almeria, une station balnéaire du sud de l’Espagne. Elles viennent consulter l’énigmatique docteur Gómez, qui pourrait soigner la maladie de Rose, clouée à un fauteuil roulant. Sofia, jusque-là entravée par une mère possessive, s’abandonne au charme magnétique d’Ingrid, baroudeuse qui vit selon ses propres règles. Tandis que Sofia s’émancipe, Rose ne supporte pas de voir sa fille lui échapper – et les vieilles rancœurs qui pèsent sur leur relation vont éclater au grand jour…
Ma mère, la plage et moi
Après avoir longtemps mis sa plume au service des autres, Rebecca Lenkiewicz passe pour la première fois à la réalisation avec Hot Milk. Un nouveau portrait de femme(s) sensible et complexe, un nouveau récit d’émancipation sur fond de fin d’été et de lourds secrets de familles.
Adapté du roman éponyme de Deborah Levy, Hot Milk n’est certainement pas un film facile. En particulier parce qu’il ne dira jamais les choses simplement, franchement et clairement. Étrange pour un film de « scénariste » où finalement les dialogues restent volontairement à la surface et où l’adaptation choisit d’écarter la narration intériorisée du roman. Ici Sofia, jeune femme qui a passé sa vie au chevet d’une mère aigre et pleine de reproche (Fiona Shaw), laisse donc ses pensées a distance du spectateur qui doit moins les chercher dans le peu qu’elle dit que dans ses expressions contrites, blessées, fatiguées ou (plus rare) apaisées de l’excellente Emma Mackey (Sex Education, Emily…). Un personnage prisonnier de la maladie de sa mère, clouée dans une chaise roulante, et qui se rattache plus encore qu’elle sans doute à l’ultime espoir de trouver un traitement auprès de ce docteur Gomez (Vincent Perez) aux méthodes particulières. L’histoire d’une guérison, mais celle de Sofia qui par cette ultime fin d’été dans les paysages presque désertiques d’un faux Almeria (le film a été tourné en Grèce), va réussir enfin à prendre ses distances avec sa despote au grès, entre autres, d’une histoire d’amour « de vacances » avec une jeune femme aussi torturée et finalement oppressante que sa génitrice.
L’été des méduses
Il y a un bien un mystère ici, profondément mélodramatique, qui par des révélations sur un passé longtemps tue va permettre d’éclairer un cercle de souffrance auquel il faut échapper, mais le métrage en préserve la teneur pour les dernières minutes d’un film qui préfère choisir le rythme de l’errance. Pas aisé à maintenir d’ailleurs tant parfois la réalité de certains personnages (l’amante plus agaçante qu’autre chose…), la pertinence des situations ou l’enchainement de quelques redondances peuvent faire décrocher de cette petite chronique libre et amère. Le film est très fragile, ne manque pas de défaut ni de faiblesses, mais est habité par une personnalité intrigante, une forme de sensualité distanciée, de simplicité étrange, décalée, parfois aux lisières d’un fantastique lynchien (le chien qui ne cesse d’aboyer, les regards perdus, la maladie psychosomatique de Rose, les rêves symboliques…) culminant dans ce paysage sans attache ni frontière, bord de mer à touristes sans touriste, zone sauvage constamment abimée par une industrialisation dégradée. Ce n’est certainement pas un drame comme les autres et le constant travail sur la photographie (charnelle et pleine d’aspérités) et l’étrange tango presque indus qui sert de bande sonore, sont là aussi pour le rappeler.
Pour son premier film, Rebecca Lenkiewicz n’offre sans doute pas la réussite éclatante qu’on aurait pu espérer, mais fais preuve d’une personnalité certaine, autant dans son approche souvent délicate de la psychologie des ses personnages, que dans la mise en image, contemplative mais méticuleuse dans le montage, de leur articulations et interaction. Une première proposition intéressante et prometteuse à défaut d’être vraiment marquante.
Image
Tourné intégralement en numérique mais avec des objectifs et un traitement assez particulier, Hot Milk surprend constamment par ses textures, ses aspects vibrants et charnels qui sont parfaitement retranscrits ici au format HD. L’image est superbement fine et détaillée, toujours stable et ferme, affirmée par des contrastes forts et des couleurs chaudes, profondes.
Son
Les deux pistes DTS HD Master Audio 5.1 présentent des mixages très équivalents, mettant en avant les voix bien entendu mais aussi les atmosphères sonores de cette Espagne estivale un peu hors du temps, faites de houles de vagues, de légers vents et de quelques échos de vies humaines souvent dans le lointain. La version originale a bien entendu plus de naturel, mais la version doublée, un peu plus plate, retranscrit assez bien aussi cet environnement enveloppant.
Interactivité
Le disque Bluray ne propose tristement qu’une très courte featurette promotionnelle de deux minutes. On y met brièvement en avant le cadre, le sujet et la forte présence féminine, mais forcément pas vraiment le temps de développer quoi que ce soit. L’éditeur propose tout de même dans son boitier un livret assez conséquent comportant une interview inédite franche et intéressante de la réalisatrice et un texte analytique très joliment écrit venant effleurer l’ambiance particulière du métrage, son espace-temps et sa sensualité sous-jacente.
Liste des bonus
Un livret de photos contenant un entretien inédit avec Rebecca Lenkiewicz (28 pages), Featurette (2’).







